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mardi 15 mars 2011

Showtime.




Présentation mercredi 16 mars à 20h30 au TGP* de l'étape de travail du projet de Delphine Bardot / La Soupe Cie*, "Les Corps Morcelés". 

Une "étape de travail" ne se joue pas à 50% mais toujours à 100%. En revanche c'est une photographie de l'état des recherches à l'instant I après le temps  des envies et des idées. Parfois esthétiques, d'autres fois intellectuelles, souvent pragmatiques, les solutions présentées à ce moment dépendent des problèmes posés pendant les quelques jours de laboratoire. 
Ce ne sont pourtant que des pistes, des orientations, des tentatives de mécano musical et de liens improvisés ou écrits, oui, mais aussi une manière de chercher les impasses ou les grands horizons. Et une méthode de travail et d'invention entre des personnes aux processus de création différents (il y à ici par exemple une danseuse chorégraphe contemporaine, un metteur en scène marionnettiste et comédien, une marionnettiste comédienne, un musicien, un couturier et sa stagiaire). 

Tout ce monde bigre bigarré, se retrouve à travailler autour d'une vision et d'une envie (de Delphine Bardot donc) d'expérimenter le regard sur les frontières et l'image du corps abimé, transfiguré, modifié, prolongé, poétique, idéalisé, dansant, dérangeant ou séduisant, en écoute, abstrait, animal, décalé, fantomatique, comprimé ou simplement singulier.
Une approche multi-facettes et simultanée mêlant l'art de l'objet marionnettique, du geste dansé et du micro mouvement, de la musique improvisée et de la matière sonore, du théâtre d'image, du corps réifié et de tout ce qui peut pousser le bouchon à aller voir de l'autre côté d'une émotion banalisée.

 


Et pendant ce temps...



Les corps morcelés (blog de La Soupe Cie) continuent leur bonhomme de chemin au TGP*...

vendredi 21 janvier 2011

L'exploit des petits pas (ou pois, chaipu).



Les corps morcelés en quête d'un squelette, d'une matière à faire danser. La Soupe Cie* poursuit donc au CCAM* l'exploration des fragmentations, des distorsions, des faux semblants, des mirages, des corps éclatés, des projections illusionnistes mais aussi d'une paradoxale recomposition.
Et cette tentative de trouver le moyen de faire circuler les esprits du flamenco dans un environnement parcellaire, divisé et aux rythmes démantibulés, éparpillés. Le prolongement finalement d'un regard cognitif, composé complexe d'une sédimentation des petites inventions quotidiennes.

Il n'y à pas de flamenco ici mais il est partout. Il n'y à pas de marionnette ici mais tout est marionnette (prothèses, images, son, mannequins, objets). Il n'y a pas de musique mais l'art des bruits et un jeu de plans fabriqués à partir de restes de mémoires et de souvenirs. Du "post-fabriqué" alors. Pourquoi pas. 
Toujours difficile de décrire un projet en cours, embryonnaire, en train de se faire. Des axes, des pistes, tout un ensemble d'essais et de tâtonnements pour attraper au vol le juste point, l'endroit d'équilibre, de Lagrange*, le truc, là où ca tient, là où ça marche, tout seul.
Les mots ne peuvent pas toujours suffire pour croquer ce processus, cet événement qu'est le dessin d'une idée, et pourtant, cela mérite de temps en temps le coup d'œil. Simplement pour la curiosité que cela anime. Et parfois l'inouï.

C'est une expédition, pas à pas, aux conséquences parfois de minuscules mais précieuses tectoniques. La découverte des choses qui ouvrent l'esprit à la poésie, à l'étonnement, impose le fil rouge d'un petit monde vivant, spectaculaire et posé sur une scène. Et ce souhait accroché au revers des envies, qu'il est agréable de le partager.

Suite au prochain épisode. Suite en 2012 !


vendredi 3 décembre 2010

Haute mer des idées pour Corps Morcelés.



Les "Corps Morcelés" est un projet (Cie La Soupe*) en cours et comme tout projet en cours il navigue en haute mer des idées. Selon les vents, selon les courants, au gré des imaginations sans contraintes de finalité. Tout est ouvert à cette heure, ce qui ce décide et ce qui se tente. La vie aux envies. 

Un projet en cours et au long cours, puisque prévu pour fin 2012, et un projet au mode de construction lié à la recherche sous forme de laboratoires, de zones tests, d'échanges interdisciplinaires (avec la danse, le théâtre, les espaces acoustiques). Une manière d'avancer à petit pas en prenant garde de laisser ouvert les chemins possibles. 

Laisser ouvert. Voilà bien une vigilance qui fait partie des projets où l'on à le temps de réfléchir et d'essayer. C'est un luxe c'est une nécessité (donné ici par la Scène Nationale de Vandœuvre*, forcément, forcément). 
Se dégager des codes aux facilités confortables (ce peut être valable mais c'est sacrément moins excitant) demande de penser à autre chose, de prendre la haute mer des idées et de vagabonder dans des territoires peu explorés. Entre le dire et le faire existe alors un effort, une remise en question des savoirs et des habitudes mais aussi une fébrilité des nouveautés. Sensations à part, déséquilibres provoqués, flous et déstabilisations, un décalage des grilles de lectures et des connaissances pour essayer d'inventer, de faire un pas un petit pas mais un pas, de l'autre côté. La recherche d'une rareté, d'une singularité, d'une personnalité.
C'est tout le pari et la joie de ce type de projet ouvert au temps et aux lendemains inattendus.

Corps morcelés, corps fragmentés, éparpillés ou simplement regardés, autrement, Delphine Bardot - marionnettiste - initie ici une expérience du regard marionnettique et musical. Une manière de donner vie aux objets issus d'un tout disloqué. 




Cette histoire de regard prend des allures de point cardinal. Regard du marionnettiste sur le déplacement de son objet, regard donné à l'objet, regard du corps en mouvement et de cet espace à dessiner, regarder cette chose qui donne vie aux choses. Qu'est-ce ? Qui sait ? 
La frontière des regards est une limite imperceptible, la franchir est ce moment où tout bascule, où l'on abandonne le monde des réalités pour changer de dimension. Un regard donné à un objet est un regard porté, transféré, pensé. Une particularité unique dont la main est l'objet. 
Quel étonnement que cet ensemble de mystères qui font de cette limite une séparation entre la vie et l'inanimé. Il est étrange et fascinant de voir se jouer là, en un point un instant, le dédoublement de personnalité, une mise en théâtre de l'objet éveillé issu d'une marionnettiste, d'une personne, de cette personne, qui manipule, qui donne et qui dit, de ce prolongement inexplicable entre un esprit et une idée donné.




Mais les laboratoires des "Corps Morcelés" tentent de porter la question un peu plus en amont. Et notamment à l'orée de cette situation ou l'objet sans regard devient extension du corps. Un objet abstrait, sans vie, autonome mais emmêlé. 
Tout change, rien ne change. Il n'est plus question alors de regard porté ou donné mais de mise en jeu d'un volume, d'un ensemble, d'une prise en main, une distanciation des éléments de narration. Ce n'est plus un transfert mais un alliage. Le jeu d'un objet devient le jeu montré. Il n'est plus en projetant une idée mais est en étant une idée.
Explorer les limites entre ces deux états impliquant le corps du marionnettiste se révèle une source de problèmes comme de solutions, mais surtout une réflexion sur le type d'émotion spectaculaire que l'on veut donner. 
Raconter une histoire de l'œil de la marionnette, de l'objet, ou mettre en résonance le rapport étrange entre le manipulateur et le manipulé ne se conçoit pas sur le même plan. Jouer de ces frontières met en exergue ce qui se passe, ce qui se trame. Un mystérieux événement. Une chose difficile à saisir à cerner. Ce lien, ce moment, ce truc qui se faufile et qui stupéfie.

L'art de la marionnette mérite une exploration des abstractions et des relations corps-objets. C'est une des pistes ouvertes, laissé au vent des idées.

Que voilà un billet confus touffu. L'abscons des idées en cours de. Un maelström de pensées folles sans liens sans freins. Les créations en cours, ouvertes, laissent entrer les courants d'airs. Faudrait pas s'enrhumer !

A suivre...

vendredi 24 septembre 2010

What ? Image et son c'est bien ça ? Watt !

mais oui, cliquable.

Dernières traces de la résidence à la Scène Nationale de Vandoeuvre (Cie La Soupe*) "Les corps morcelés" avec/de Delphine Bardot et Marie Cambois. Image minimale et son exacerbé. Baryton de chez les Fruits du hasard*. Hop. Un travail en cours de. Un projet sur deux ans parti sur le "Pourquoi pas ?" d'un Charcot intéressé par l'objet et le lien.

 bien sur cliquable

jeudi 23 septembre 2010

Fin de partie.


Une semaine résidence à la Scène Nationale André Malraux de Vandoeuvre* et une semaine à la découverte des Amériques. "Les corps morcelés", projet objet, geste et son se jette passionnément et sans retenue sur les questions de frontières. Une semaine proposée par une Scène Nationale qui ose, qui pari et qui provoque aux lendemains. Ce n'est pas rien, c'est même tout l'enjeu d'une création vivace et en route. Un défi que cet appel à la prise de risque, à l'audace, à la hardiesse. Et oui. Et voilà.

Fin de partie tout de même pour ce début de travail. Temporaire et extraits d'avenir.



Le petit train des événements intimes.


Démarrer un projet de recherche artistique libéré de la finalité d'un spectacle pousse très souvent les émotions à vif. Le point de bascule. Ce ne sont pas forcément des bouleversements visibles dont il est ici question et pourtant. Voilà l'intime minuscule emporté au vent des directions inconnus, nouvelles, fébriles, vives. Cela se joue à peu de choses. Un déplacement de perspectives, un angle d'attaque étranger, une conscience éveillée différemment et c'est tout un panier de savoirs-faire qui se trouve mis de coté. Reste alors ce territoire vague, cette immensité immense, ce profond inexploré.
"Les corps morcelés", projet de Delphine Bardot (La Soupe Cie) se retrouve au centre des tectoniques du sensible. Un travail mise en œuvre par Marie Cambois* et qui pousse à de nouvelles approches, à une perception autre des corps et des justesses, à un regard délicatement mais surement déplacé/dépecé. Une tentative osant établir une nouvelle donne de l'écoute entre le geste et le son, entre la manipulatrice et l'objet (pas encore/déjà marionnettique), entre l'intime frémissant et le tremblement de sensations inattendues.



Le lien. La frontière. Le flou de regards voilés d'idées dissimulés. Point de projection d'image ou d'histoire ici, mais bien l'attention à la densité, aux liaisons établies. Où est-elle ? Ou est-elle cette dynamique, l'événement attrapé au vol des hasards, l'étonnant inouï ? Toucher le corps de cette émotion, ce rapport de chair à l'autre, à l'espace, à l'instant fort et présent, au volume, à l'épaisseur, à la construction commune, à la danse poreuse, remplie de tout, de l'entour et de l'autre....

lundi 20 septembre 2010

Boum. Et les corps morcelés.


"Les Corps Morcelés". Une équipée Soupe Cie débridée et sans limites pour cinq jours d'expédition à la Scène Nationale de Vandoeuvre* (avec Delphine Bardot, pilote, celui-dont-on-ne-dit-pas-le-nom-ici, et Marie Cambois danseuse).

Les Corps Morcelés est un projet de recherche fondamental (sans objectif immédiat de spectacle), et d'imaginations libres sur les interactions entre objet marionnettique et les corps (manipulatrice et musicien).
Qui dit recherche dit tentative d'inventer de nouvelles manières de faire, de nouvelles pratiques, d'élargir la connaissance de l'objet et de ses contraintes, du son et de sa physique, du geste et de ses dynamiques abstraites, certes... mais surtout oser déplacer le point de questionnement.


Il s'agit ici d'une étude des liaisons et des frontières. Liaisons entre le manipulateur et l'objet (à quel distance s'autonomise t-il ?), entre l'image projeté et le geste qui la provoque, entre les corps en mouvement et l'espace acoustique, entre le volume et la présence.
Frontières entre l'image voulue et l'abstraction ouverte à tout vent, entre l'intention et la neutralité, entre l'improvisation et l'objectif, entre le corps et l'objet, entre l'équilibre et le déséquilibre (ainsi pour le son fait de larsens sensibles aux moindres déplacements mais aussi pour le corps manipulant et contraint).

Pour chacun c'est une ouverture et une fracture. Ouverture vers d'incroyables nouveaux territoires (le geste manipulant comme sujet, le corps objet, l'improvisation) et une fracture (les habitudes, les sédimentations confortables, les savoirs-faire, les sensations, les repères codifiés). Il s'agit tout bonnement de déboulonner les pourquoi précédents.

La manipulation d'objet entre dans le champs des libertés. Manipuler comme l'on danse, comme l'on met en mouvement, abandonner la projection d'image et laisser venir l'intérieur des choses au bord du visible.




Alors, questions.
Et début de réponse en son.

Projet corps en morceaux.


et le corps se morcela.
Fractionnements recompositions éparpillement espaces ouverts circulation occupation désassemblage adaptation remodelage objet en vie objets de vies tensions geste et danse et son et physique et abstraction charnelle.

Un projet made in Delphine Bardot et une résidence qui démarre au CCAM* (scène nationale forcément soutien capital de ses pratiques essentielles) avec Marie Cambois.

Comment explorer les articulations des objets désarticulés (désaxés ?) marionnettiques, les espaces acoustiques et les relations spécifiques à chacun et au volume de tous ; sentir les points de rupture, l'endroit où cela fonctionne et où cela se détache pour ne plus rien donner.

L'objet.
Une part des objets manipulés - mis en vie par la manipulatrice et son drôle de soucis du "regard" - comportent en eux ce qu'ils vont révéler. D'où cette nécessité de commencer par une cartographie des expressions, des possibles, des limites et des contraintes de chaque élément. Des ready-made (prothèses, mains, le confort moderne) en mouvement. Une pratique et une "danse" libérant les gestes et les émotions propre à chaque chose.

L'espace acoustique.
L'objet sonore et le mouvement du volume. Une vibration du tout contenu par exploration du contenant. Le son physique (voilà une tautologie pas si connue finalement - on l'oublie vite cette histoire de molécules d'air en frémissement*) comme infiltration, comme révélation des espaces te des architectures. C'est une manière de faire circuler, de mettre en place des répercutions, d'imaginer des immersions, des dynamiques.... et finalement, de solidifier l'environnement ou de lui donner une caractéristique visible/audible qui lui est singulière.
Faire sentir. Mettre en résonance pour combiner les corps et les choses et le tout aux émotions physiques du son.

Et le geste.
Et le geste. Ce geste lié à la manipulation et à la production sonore, oui, mais aussi ce geste lié à quelques choix préalables, aux directions données par goût ou par hasard heureux. Le geste né d'une mémoire de flamenco (son esprit, sa rudesse, son âpreté, son incisive présence), le geste né de chaussures féminines (son image, son son, son utilité, sa symbolique), le geste de l'improvisation (sa liberté, son universalité, sa justesse, son instantanéité, ses surprises inouïs), le geste aussi des corps et de leur histoires (entre eux, sans eux ou en eux).

Un projet en construction. Un projet de devenir. Sans finalité autre à cet instant que la recherche, l'exploration ou que l'étude de l'équilibre et du déséquilibre provoqué. Et puis aussi une rencontre entre êtres, entre autres. Tout simplement ; le désir mis en branle pour tester les alliages d'idées, de compréhension, de synergies, d'écoute, de mise en éveil et de grand fébrilité.
En somme, une histoire de corps ensembles. Encore.

Observer, écouter, apprécier le souffle....