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dimanche 31 octobre 2010

Hors-d'œuvre.

 


Musique des sphères* ou bien musique pour la sphère, du coin. L'espace acoustique comme lieu de visite comme endroit à faire jaillir. C'est tout le pari du son dans "Entrailles"* de la Cie Azimuts et en particulier lors des présentations des "Plateaux Lorrains"* qui auront lieux les 6 et 7 novembre au Saulcy* à Metz. 
L'habillage sonore de la salle à disposition n'est pas en soi le cœur sonore du spectacle mais l'occasion de faire ressentir les perspectives ouvertes. Multidiffusion, jeu sur les effets de proximité, sur les alliages de plans, sur les effets de lentilles (faire apparaitre les drones lointains en jouant sur les accoutumances proches), les déplacements d'objets acoustiques ou autre illusions d'immersion. 
Les Plateaux Lorrains ne sont pas un moment de représentation en avant-première ni même une démonstration de savoir-faire. Il s'agit bien plus de faire gouter aux possibles qui sont recherchés. Une maquette d'idées, de premiers choix esthétiques et techniques. Rien n'est certain à ce moment, mais on doit pouvoir déjà sentir les prémisses et les couleurs de la création à venir. 
Pour Entrailles il s'agit de montrer les singularités propres à ce spectacle de rue. Une scénographie qui est aussi une architecture du sonore et de la lumière, un son qui est autant un élément vivant qu'un ensemble d'angles et de recoins d'inouïs, un théâtre qui se parle et se danse simultanément, une vidéo qui se veut une impression.... tout un ensemble de directions pour tenter un spectacle de rue hors des champs connus.
Le paradoxe est de montrer ses envies et ses décisions dans une salle de 30 m2. L'art de rue confiné entre quatre murs, blancs. Mais, finalement, cette contrainte autorise justement d'emprunter des pistes alternatives pour donner à voir. La multitude de haut-parleurs dans une si petite pièce profitera du silence (tellement peu présent en pleine nature) pour fonctionner au moindre son, le texte dit ou en voix off ne se pose pas encore le soucis d'une possible sonorisation, la vidéo n'a pas d'autre support que le mur pour se dévoiler, l'imbrication des uns et des autres est simplement à imaginer. 
Les Plateaux ne sont pas un moment spectaculaire. Il n'y à rien à prouver ou à faire vivre comme étant fini. Le danger des étapes de travail, des work in progress ou autre visite en plein travail est de vouloir faire au mieux pour faire croire à ce que cela peut être une fois terminé. Or ça ne peut pas. Il est impossible d'accéder à une quelconque fluidité (qui fait le rythme de tout un spectacle) à une densité (nourri de la connaissance du global) ou à l'émotion (fait d'un long travail de justesses).  Et on ne peut pas compter sur la prospective individuelle de chaque spectateur (lambda ou professionnel) car comment peut-on imaginer ce que quelque chose peut donner sans avoir l'idée de l'inventer ? Les projets artistiques ne sont que l'aboutissement - au point le plus extrême des résistances de la réalité - d'une idée rêvée. Avec ses compromis, ses contraintes, ses échecs, son temps nécessaire de réalisation et ses changements de point de vue de dernière minute.

Voilà pourquoi ces temps de présentation ne sont que des "hors-d'œuvres". Des mises en appétit, des échanges de questionnements, de problèmes posés et d'ambitions non encore altérées.




mercredi 13 octobre 2010

33 vs 5. Et tout le monde en l'air.



Alors que les 33 remontent, les 5 plongent dans "Entrailles" sans soucis, sans Fenix 2*, sans regrets pour la surface des choses. Et au fond de l'affaire, ce n'est que sons électroacoustiques, multidiffusion, baignades bleues électriques, sensations acoustiques, environnement sonore et tressaillement d'ondes. 
Tout le pari cependant tient dans les paris. Et par exemple cette question typique de résidence de recherche avant même celle de création : comment recomposer un espace sonore improvisé pour l'exporter dans une bande-son qui ne soit ni figée, ni morte, ni détachée de l'instant où tout se joue. Un casse tête. 



On pense à l'aléatoire dans la diffusion, on imagine des déplacements du son donnant l'impression de mouvement et de vie (les rayons de son chers à Varése), on suppute sur les jeux acoustiques des proximités et des lointains "drones" (où l'auditeur compose de lui-même ses champs sonores), on repense  à l'aspect physique visible du son (les éléments visuels induits par les vibrations de la membrane, où l'intégration  scénographique des haut-parleurs par exemple), on ose croire aux immersions psycho-acoustiques (des amphithéâtres d'acousmoniums !*), aux leurres, aux trompes-l'oreille, aux effets de sub-basses ou de voutes sonores.... avec un premier obstacle qui est la simple mise en place d'une diffusion liée à son mode de création. Ce n'est pas le tout d'inventer, dans une salle, un espace aux sons mobiles, équipé d'un ordinateur, d'une carte 16 sorties et de logiciels (détournés de leur finalité tout de même), encore faut-il, déjà, penser à l'exportation en extérieur et sans musiciens de tout ceci. L'enjeu du son de cette création est là. 



Et la recherche passe aussi par définir les modalités de composition (de l'improvisation à la fixation sur bandes, de la composition à la recomposition in situ, de l'empirisme directement sur le terrain ou de l'adaptation pas à pas selon les contraintes), comme celle du mode de travail (l'outil "Live" plus facile pour le direct mais compliqué pour la transposition en bande-son ou l'outil "Logic Pro" et "Cubase" plus facile en composition architectural du son mais complexe pour les improvisations). 
Les résidence ne sont finalement que cela. Tester, tenter, inventer des passerelles, des bidouilles, dénicher les trouvailles, poser les problèmes pour s'occuper des solutions, projeter en laissant tout les esprits ouverts, choisir et jeter, jeter, jeter. 
Tout est là. Trouver et jeter. Oser ne pas garder et être sur le fil en permanence, les pensées rivés sur l'idée, et en tête, vissée, la poursuite de ce qui n'est pas encore fait. Inventer des parcours, des moyens, des cheminements, transposer une singularité, une expérience, une volonté, une envie, une idée, combiner, sauter le pas. La création est là. Puisque soit disant tout à déjà été fait, alors il ne reste que ce que l'on est, là, de suite, pour tout réinventer. L'unique de chacun restera toujours une création neuve et merveilleuse.





Le Jura compte.


"Entrailles", le nouveau spectacle de la Cie Azimuts* se met en branle (à "La vache qui rue"* - Moirans, dans le Jura) en bouleversant un peu toutes les habitudes. Et voilà que les résidences de recherches ne sont pas uniquement un réceptacle de compétence certaines mais un moment de tentatives, de ré-apprentissages, de déboulonnages des manières de faire. Multidiffusion, logiciels détournés, bricolages au fer à souder, mélanges des ohms ou des impédances - comment savoir, torsions sonores de haut-parleurs de voiture, casses tête des sorties, des bus, des imput, des aux, des formats, des synchros, des buzz, souffles, fréquences, répartitions, canaux, bounce.... bref, une résidence de recherche pour voir ce qui fonctionne et ce qui implose avec les outils du jour. Ah ben voilà.
Entrailles ce sera trois "espaces" en pleine nature (c'est tout de même un spectacle labellisé "art de la rue"), une déambulation prévue pour 200 personnes, ballotés dans l'histoire d'une vie de femme, bousculés par des comédiennes, des danseuses, des projections vidéos, des immersions sonores et on ne sait, et on ne sait encore. Car le son  (une bande-son nouveau type prévue pour 300 hp) comptera beaucoup. La scénographie (de Thierry Devaux*) sera d'ailleurs proche d'une architecture sonore. Élévations, enterrements, mise en forme, moulage, noyautage de haut-parleurs sonores, visuels, aquatiques, vitrifiés, vibrionnant, acteurs entièrement de l'endroit. Il s'agit d'un parcours psycho-acoustique, d'une féerie des illusions et des perspectives déformées.
En attendant l'heureux événement (2012), ce ne sont que tests, émerveillements devant le  ridicule grésillement d'un woofer et pleurs devant la petite fumée d'une enceinte brulée. La résidence de recherche fondamentale passe forcément par le kaput !



dimanche 10 octobre 2010

Entrailles en résidence. Première.



"Entrailles", le nouveau (imposant) projet de la Cie Azimuts sur les rails dans le Jura.  En résidence* à "La vache qui rue", lieu de fabrique. "Entrailles" on en reapralera, mais il y à de l'électroacoustique (aa et Gabriel Fabing), des textes (d'Isabelle Raulet), une mise en scène (de Mickael Monnin), de la danse (Andréa Vizitiu) et une scénographie, architecture sonore (de Thierry Devaux* aidé de David Galaire et Laurent Diwo).
Un projet "de rue", en extérieur donc, comportant trois espaces pour 200 personnes. Trois espaces d'immersion, de visite, de sensibilités. Les musiciens ne seront pas sur le "plateau" mais disperseront les couches de sons, éclats et autres drones* (exemple* d'Eliane Radigue*) dans un diffusion à facette. Haut-parleurs ouverts, plantés, déglingués, ré-habillés, reconstruits, détournés par l'eau, la lumière, les matières vibrantes et sonores. Une bande-son éclaté, dispersée, réactive aux mouvements, proche ou en profondeur.

ps : la bas, loin, le WIFI n'est point, peut être...on verra bien. Relax. Self control. Keep cool.




samedi 9 octobre 2010

Fin de partie. Et remise.


Et voilà. Pince de Crabe* a vécu sa première public. 200 marmots devant les images de Kinorev (Francis Ramm, Véronika Petit et Thierry Mathieu), la mise en scène de Benoit Fourchard et les élucubrations de Coco Bernardis et Véronique Mangenot. Le tout emballé par les chants lascifs et dansants de notre sirène (Delphine Bardot) héroïne E.T. de cette histoire pour public jeune et leurs accompagnements. Première véritable le 15 décembre au TGP de Frouard* après 2 mois de remise et de fermentation.










Une première public c'est bien plus qu'un crash-test. Pour les comédiens c'est l'occasion de découvrir ce qui tient, les personnages, les rythmes et les prises de libertés. Pour le musicien c'est enfin le moment de jouer transformé par l'écoute - et tout change alors. Pour les vidéastes, c'est définitivement le besoin du sans faute, car cette "image", ici, est omniprésente.
Quoiqu'il en soit, un premier filage public reste dans les souvenirs. Fragile, pas fini, tout en technique, parfois hésitant, mais convaincu, déterminé, luttant et cherchant où se cache l'émotion qui fait décoller le tout. Elle est là, dans les mécaniques, les fluidités, les articulations, le détail.
Il semble que tout soit dans le détail d'ailleurs... les belles mélodies et les mots doux ne prennent leurs envols que dans la finesse, l'élégance sans raison et la saveur  inexprimable de l'envie, pour faire ressentir, faire palpiter, faire tressaillir,  onduler, valser, déhancher, transpirer, se noyer, ivre et rempli de plaisir ; vrombir. Cette émotion - la diablesse ! - cette âme de spectacle vivant à embrasser/embraser, celle qui fait vivre le hors temps, le hors champs, le dérèglement des sens est une fée feu bien volatile, énigmatique et jamais certaine à se donner. Pourtant ! Elle traine sur scène, rendant possible l'illusion et la délectation. Beaucoup l'on senti passer, si peu l'ont vraiment emballé car... jamais certaine à se donner, jamais certaine à se donner.
On l'explore/chérie/fourrage tant pourtant, tirant à hue à dia sur les transitions, la tenue des sons, la justesse des paroles, le corps entier jeté dans les frissons du désir de la réveiller.

Quête au fond des fournitures, à vivre chaque son chaque geste chaque silence comme l'esprit dansant des lieux. Une Odyssée à partager et à communier. Jouer est une célébration des unions.

ps : et écouter Danyel Waro*. Rien à voir. Mais pendant ce billet...

vendredi 8 octobre 2010

Le temps des avant-premières.



Pince de Crabe*. Pseudo avant première le 8 octobre au TGP de Frouard*. 14h30. Pseudo ? Vite dit, vite emballé, mais. En invités 200 dents de la mer de 6 ans prêts à en découdre de ce spectacle jeune public. Mais pseudo car la "Première" ayant lieu le 15 décembre cela laisse de la marge pour les avants d'après la pseudo. Yeah*. onetwothreefour !*

Mais enfin.... cette pseudo sera comme la première ou la dernière. Question de public. Rien n'est pareil avec une salle vibrionnante (bel effet juste avant de commencer, le trac cet inconnu). L'attention, la sensation, la concentration, tout un état qui subitement se met à jouer l'instant comme le dernier. C'est inévitable. Et c'est même ce sentiment intense qui fait tant désirer y retourner. Le désir et le frisson. Quelle réunion au sommet ! Il faudrait ne boire que cela, et l'ivresse de trop hautes altitudes. L'aventure. L'Ulysse et les sirènes* sur un coin de scène, comme ça, à brûle-pourpoint. Le désir et le frisson. Même pas garantie, ca vaut le coup d'essayer. Lieu idéal, météo agréable, bonnes turbulences, la tête qui tourne, le corps légèrement frissonnant, l'appétit des chimères.... allons, allons, comment résister à cet appel ? Gimme Gimme Shock Treatement (live) !*

C'est un bien petit monde carré, et plat, la scène d'un spectacle, mais il s'y concentre tellement d'émotion, d'aventures extraordinaires et imprévisibles que l'on se prend à ne vouloir vivre que dans ce petit coin de paradis, shootés. Tentant. Comme une naine blanche*...ou l'odyssée en soute d'un spectacle vivant.
Évidemment, après un four, ce n'est plus pareil. Rock away beach !*  On en reparlera...

mercredi 6 octobre 2010

Test test one two soundcheck one two.

Résidence Pince de Crabe encore encore encore lalala. Jour J - 2 avant la collision des 200 Exocets de 6 ans, à peine. Première pseudo première pour voir si cela fonctionne. Le 8 octobre donc. Au tgp de Frouard. Puis après....

mardi 5 octobre 2010

Débotter le cristal.




Les mondes fantastiques en construction. Pince de crabe* se finalise, trouve sa dentelle et son rythme de sublimation. Il faut un peu de temps, un peu de confiance dans un spectacle pour attendre qu'il se cristallise.
C'est à cet instant qu'il commence à grandir réellement. Une opération presque magique  et toujours aussi surprenante.




L'aisance des comédiens des vidéastes ou du musicien peut être, les anticipations, les finesses de jeu, la densité, la fluidité, tout ceci participe au dévoilement du cœur de cette affaire. Mais aussi le mystère d'un alliage de pensées, d'une focal d'existences.

Et d'un coup le résultat dépasse la simple somme des éléments en présence. Une sorte de résonance, un type de supraconduction, une chimie de l'émotion.




On découvre alors les sens clandestins, les sous-dits et les sous-entendus,  l'ellipse prend son envol, l'esprit du lieu bat des ailes et la mémoire d'un futur gorgé vient au fur et à mesure se substituer à la simple histoire.




Changement de monde ; et repasse de l'autre côté,. La bascule vers le pays des merveilles. Et le sentiment partagé entre plateau et salle comme une communion d'histoires individuelles. Une précipitation des cristaux.




Et parfois non. Parfois pas. Pas encore. C'est un moment qui peut toujours nous échapper. Rien n'est joué jamais. Comme dans la vraie vie. Un spectacle qui s'élève ressemble à une rencontre. Une histoire d'amoureux finalement.
Et cela peut s'enfuir ; un léger dysfonctionnement, une minuscule désynchronisation, une vie ailleurs et le château de carte s'effondre. En silence.




En cela la magie de ces instants où l'on perçoit le bateau ivre. C'est ici, c'est cela, à ce moment, ce gracieux et tranchant tournant, que l'on peut aussi se sentir vivre d'altitudes précieuses et inestimables.

Mais bon... Il reste trois jours avant la pseudo "première" (200 juges de 6 balais 1/2). Alors, s'agirait qu'il décolle tout de même avant le bout de piste ce jeune public !

vendredi 1 octobre 2010

Hours aprés jours.



Pince de Crabe* suit son bonhomme de chemin, dodelinant dans sa résidence au TGP* de Frouard. La création d'un spectacle ressemble à une marche forcée. Rien de douloureux mais une volonté indispensable d'avancer coute que coute. Timing, planning, organisation, anticipation, préparation tout se joue là. Aussi. Il faut être dans les temps, et même après sept semaines c'est toujours ric-rac (l'antienne du spectacle vivant).

PDC, ou jeune public de haute technologie, est donc sujet à de nombreuses question techniques (la fabrication des images ne se fait pas en un claquement de doigt ; surprise) dont chacune transporte sa réponse bardée d'heures de réalisation. Patrouille à trois de théâtre, musique et effet visuels qui s'agrippent à rester cohérents, soudés, en écoute et en symbiose, chacun ayant des respirations différentes, des temps d'existence à soi, des contraintes techniques propre. 
Un ballet d'aveugles pour ceux qui sont sur le plateau jouant avec ce qui n'est qu'ombre, fond noir, top sonore, lumière perçue en transparence, aveuglement de projecteur et autre mouvement calé au chronomètre biologique. Un drôle de défi. "Première" le 15 décembre au TGP. Vraoooom.


lundi 27 septembre 2010

Haute technologie.






Pince de crabe*. Spectacle pour marmots mais. Mais de grande technologie. Mac 8 cœurs, portables et tours dédiées, layers en pagaille, HF sophistiqués, video-projecteurs 6500 lumens, contrôles de mouvement infrarouges, modélisations et une myriades de machines et de traitements électroniques. Un jeune public, simple et poétique au noyau de silice.





Entre électricité et électronique l'émotion se faufile, se fraye, fait oublier ce que l'on croit omniprésent.





Et pourquoi pas.
Les bouts de ficelles ou les câbles optiques ne sont qu'au service. Les logiciels de l'IRCAM (MAX-MSP*) ont libérés une autre musique, malléable, architecturale, étrangère aux instruments acoustiques ou en prolongements troublants. Comme une excroissance, une démultiplication ou une métamorphose. Le son est au centre de ses propositions techniques. Il en est l'objet, transporté, fractionné, multi-diffusé.

Les éléments informatiques de l'image aussi ouvrent les espaces. Pas tant ceux des effets spéciaux (laissons à Pixar ce qui est à Pixar) mais ceux appartenant aux inventions d'un imaginaire purement irréel. Un réenchantement graphique, une image complètement modelé. Un monde de pur esprit.





Mais finalement pas de changement. C'est de tous les temps. Avant ou après. Le goût des nouveautés issues des inventions techniques. L'électricité a tout changé et demain et demain ? Il restera toujours une main, un œil, un "point de vue" dirait Kertesz*.






dimanche 26 septembre 2010

One again, one again

 


Et ça repart et ca redémarre. Les résidences restent des pratiques au long court. Quinze jours de haute mer pour finaliser "Pince de Crabe"*, jeune public des Fruits du hasard. Un brouhaha à ordonner, un dictionnaire à mélanger et recréer. Cette invention pour petits mobilise en grand des inventions de grands.
Chercher la soudure entre une image omnipotente, un son qui oscille entre matières et thématiques de tableaux et une comédie qui ouvre une brêche dans ces deux enveloppes. Ramener le corps, ramener le corps ! Du volume, de la dimension et du mouvement. Oh Yeah !* dirait CAN. Bah oui. Entre autres choses.



Les paris sont ouverts. Rien n'est encore certain, rien n'est sûr. La cristallisation des derniers instants de création jouent le va-tout. C'est ainsi. Les quinze derniers jours seront le temps de l'accélération. Tout ce qui a été imaginé, trouvé, essayé va se trouver assemblé, articulé, mise en histoire. Ce moment peut se révéler anxiogène  mais il est aussi rempli d'impatience. On va enfin savoir. Les choix ont-ils étés tenus ? Les concepts sont-ils rendus ? Et surtout, surtout, sous la couche, sous la croute, sous l'apparence, sous la technique, la réflexion, le gros bazar, sous tout cela... cette émotion, ce petit truc de grands espaces, ce tremblement existe t-il ? Voleurs de réponses*, il faut la trouver. Cette chose, cette infiltration, l'intuition d'une vision en creux et en douce du pourquoi, de la pensée, de la raison d'un geste artistique. Espoir vif. Espoir ténu.




Car malgré tout, l'essentiel est invisible aux yeux, bien sur, ok, ok, mais état prudent et audacieux. Audacieux de nouveauté, de fraicheur et d'innovation (haro sur les habitudes et les terrains connus) tout en gardant en tête l'idée que de la fragilité Unfinished* nait souvent la transparence qui permet le tremblement tant désiré. Ce n'est pas si facile tout ceci. Rien n'est donné dans tout cela. Là , est un endroit de conjonction. Une clef.

Pas gagné et. A tenir.




Quinze jours donc encore encore et au TGP de Frouard avec Coco Bernardis et Véronique Mangenot avec l'équipe Kinorev (Francis Ramm, Véronika Petit et Thierry Mathieu) et bien sur bien sur (Ah !) Benoit Fourchard, Delphine Bardot, Daniel Trento et un passage des concepteurs graphiques Steph&Do du studio Lilibellule*.

sirène sirène des bleus ne vois tu rien poindre sinon l'eau qui poudroie ?
beuh non, j'ai mal aux dents*



vendredi 24 septembre 2010

What ? Image et son c'est bien ça ? Watt !

mais oui, cliquable.

Dernières traces de la résidence à la Scène Nationale de Vandoeuvre (Cie La Soupe*) "Les corps morcelés" avec/de Delphine Bardot et Marie Cambois. Image minimale et son exacerbé. Baryton de chez les Fruits du hasard*. Hop. Un travail en cours de. Un projet sur deux ans parti sur le "Pourquoi pas ?" d'un Charcot intéressé par l'objet et le lien.

 bien sur cliquable

jeudi 23 septembre 2010

Fin de partie.


Une semaine résidence à la Scène Nationale André Malraux de Vandoeuvre* et une semaine à la découverte des Amériques. "Les corps morcelés", projet objet, geste et son se jette passionnément et sans retenue sur les questions de frontières. Une semaine proposée par une Scène Nationale qui ose, qui pari et qui provoque aux lendemains. Ce n'est pas rien, c'est même tout l'enjeu d'une création vivace et en route. Un défi que cet appel à la prise de risque, à l'audace, à la hardiesse. Et oui. Et voilà.

Fin de partie tout de même pour ce début de travail. Temporaire et extraits d'avenir.



Le petit train des événements intimes.


Démarrer un projet de recherche artistique libéré de la finalité d'un spectacle pousse très souvent les émotions à vif. Le point de bascule. Ce ne sont pas forcément des bouleversements visibles dont il est ici question et pourtant. Voilà l'intime minuscule emporté au vent des directions inconnus, nouvelles, fébriles, vives. Cela se joue à peu de choses. Un déplacement de perspectives, un angle d'attaque étranger, une conscience éveillée différemment et c'est tout un panier de savoirs-faire qui se trouve mis de coté. Reste alors ce territoire vague, cette immensité immense, ce profond inexploré.
"Les corps morcelés", projet de Delphine Bardot (La Soupe Cie) se retrouve au centre des tectoniques du sensible. Un travail mise en œuvre par Marie Cambois* et qui pousse à de nouvelles approches, à une perception autre des corps et des justesses, à un regard délicatement mais surement déplacé/dépecé. Une tentative osant établir une nouvelle donne de l'écoute entre le geste et le son, entre la manipulatrice et l'objet (pas encore/déjà marionnettique), entre l'intime frémissant et le tremblement de sensations inattendues.



Le lien. La frontière. Le flou de regards voilés d'idées dissimulés. Point de projection d'image ou d'histoire ici, mais bien l'attention à la densité, aux liaisons établies. Où est-elle ? Ou est-elle cette dynamique, l'événement attrapé au vol des hasards, l'étonnant inouï ? Toucher le corps de cette émotion, ce rapport de chair à l'autre, à l'espace, à l'instant fort et présent, au volume, à l'épaisseur, à la construction commune, à la danse poreuse, remplie de tout, de l'entour et de l'autre....

lundi 20 septembre 2010

Boum. Et les corps morcelés.


"Les Corps Morcelés". Une équipée Soupe Cie débridée et sans limites pour cinq jours d'expédition à la Scène Nationale de Vandoeuvre* (avec Delphine Bardot, pilote, celui-dont-on-ne-dit-pas-le-nom-ici, et Marie Cambois danseuse).

Les Corps Morcelés est un projet de recherche fondamental (sans objectif immédiat de spectacle), et d'imaginations libres sur les interactions entre objet marionnettique et les corps (manipulatrice et musicien).
Qui dit recherche dit tentative d'inventer de nouvelles manières de faire, de nouvelles pratiques, d'élargir la connaissance de l'objet et de ses contraintes, du son et de sa physique, du geste et de ses dynamiques abstraites, certes... mais surtout oser déplacer le point de questionnement.


Il s'agit ici d'une étude des liaisons et des frontières. Liaisons entre le manipulateur et l'objet (à quel distance s'autonomise t-il ?), entre l'image projeté et le geste qui la provoque, entre les corps en mouvement et l'espace acoustique, entre le volume et la présence.
Frontières entre l'image voulue et l'abstraction ouverte à tout vent, entre l'intention et la neutralité, entre l'improvisation et l'objectif, entre le corps et l'objet, entre l'équilibre et le déséquilibre (ainsi pour le son fait de larsens sensibles aux moindres déplacements mais aussi pour le corps manipulant et contraint).

Pour chacun c'est une ouverture et une fracture. Ouverture vers d'incroyables nouveaux territoires (le geste manipulant comme sujet, le corps objet, l'improvisation) et une fracture (les habitudes, les sédimentations confortables, les savoirs-faire, les sensations, les repères codifiés). Il s'agit tout bonnement de déboulonner les pourquoi précédents.

La manipulation d'objet entre dans le champs des libertés. Manipuler comme l'on danse, comme l'on met en mouvement, abandonner la projection d'image et laisser venir l'intérieur des choses au bord du visible.




Alors, questions.
Et début de réponse en son.

Projet corps en morceaux.


et le corps se morcela.
Fractionnements recompositions éparpillement espaces ouverts circulation occupation désassemblage adaptation remodelage objet en vie objets de vies tensions geste et danse et son et physique et abstraction charnelle.

Un projet made in Delphine Bardot et une résidence qui démarre au CCAM* (scène nationale forcément soutien capital de ses pratiques essentielles) avec Marie Cambois.

Comment explorer les articulations des objets désarticulés (désaxés ?) marionnettiques, les espaces acoustiques et les relations spécifiques à chacun et au volume de tous ; sentir les points de rupture, l'endroit où cela fonctionne et où cela se détache pour ne plus rien donner.

L'objet.
Une part des objets manipulés - mis en vie par la manipulatrice et son drôle de soucis du "regard" - comportent en eux ce qu'ils vont révéler. D'où cette nécessité de commencer par une cartographie des expressions, des possibles, des limites et des contraintes de chaque élément. Des ready-made (prothèses, mains, le confort moderne) en mouvement. Une pratique et une "danse" libérant les gestes et les émotions propre à chaque chose.

L'espace acoustique.
L'objet sonore et le mouvement du volume. Une vibration du tout contenu par exploration du contenant. Le son physique (voilà une tautologie pas si connue finalement - on l'oublie vite cette histoire de molécules d'air en frémissement*) comme infiltration, comme révélation des espaces te des architectures. C'est une manière de faire circuler, de mettre en place des répercutions, d'imaginer des immersions, des dynamiques.... et finalement, de solidifier l'environnement ou de lui donner une caractéristique visible/audible qui lui est singulière.
Faire sentir. Mettre en résonance pour combiner les corps et les choses et le tout aux émotions physiques du son.

Et le geste.
Et le geste. Ce geste lié à la manipulation et à la production sonore, oui, mais aussi ce geste lié à quelques choix préalables, aux directions données par goût ou par hasard heureux. Le geste né d'une mémoire de flamenco (son esprit, sa rudesse, son âpreté, son incisive présence), le geste né de chaussures féminines (son image, son son, son utilité, sa symbolique), le geste de l'improvisation (sa liberté, son universalité, sa justesse, son instantanéité, ses surprises inouïs), le geste aussi des corps et de leur histoires (entre eux, sans eux ou en eux).

Un projet en construction. Un projet de devenir. Sans finalité autre à cet instant que la recherche, l'exploration ou que l'étude de l'équilibre et du déséquilibre provoqué. Et puis aussi une rencontre entre êtres, entre autres. Tout simplement ; le désir mis en branle pour tester les alliages d'idées, de compréhension, de synergies, d'écoute, de mise en éveil et de grand fébrilité.
En somme, une histoire de corps ensembles. Encore.

Observer, écouter, apprécier le souffle....


jeudi 16 septembre 2010

whop hop hop !



La Soupe Cie est en résidence au TGP ! Pourquoi ? Pourquoi pas. Pour l'ouverture de saison, "truc" à renouveler dans la forme et le fond absolument. En voilà des heures de présentation de spectacles. Mais qui cela peut il intéresser ? Une soirée de non-spectacles, pour abonnés, pour rassemblement d'initiés, de programmateurs et de public en quête de buffet.
Il fallait tenter le changement (cela, les "lieux" le désirent aussi). C'est cette année, c'est le 17 septembre vers 19h30 au TGP de Frouard* et le 28 septembre à la Scène Nationale de Vandoeuvre*.



Tenter et oser. Voir si l'on peut provoquer une véritable mise en scène, un parcours des curiosités. Pas facile. Entre l'attente informative, les contraintes de bonne gestion (subventionneurs, partenariats, institutionnels....), la durée limité de micro-spectacles de transition à l'allure de jingles, le lieu de rencontre (le meetic des artistes et des diffuseurs c'est là) et pour finir l'endroit idéal pour grignoter pas cher.



Donc changer. Révolutionner - pas encore. Faire trembler et surprendre. La Soupe s'occupe du TGP (car en "résidence régionale" dans ce lieu pour trois ans) mais participera également à l'ouverture du CCAM. Endroits et styles différents, oui, mais toujours l'envie pour cette compagnie d'ouvrir le monde la marionnette aux télescopages d'avec les musiques improvisées, la danse, les espaces vidéos, le théâtre d'image onirique et submersible.



Car le monde la marionnette bouge. De partout. Il craque. (et encore un monde qui craque ! tout le monde craque en ce moment, une mode). Il cherche les confrontations, les ruptures technologiques et artistiques, le basculement intellectuel vers les innattendus créatifs et les rigueurs des recherches expérimentales. Explorer. Démantibuler les codes et les habitudes. Ouvrir. Prolonger. Greffer.
Territoires abstraits, ready-made marionnettiques, alliage avec le geste dansé, plongée dans les espaces acoustiques, le cinéma revisité, oser l'abandon de la narration pour entrer en situation. Et puis, et puis, les rencontres. Celles des envies, des nouveautés, des expérimentations affamées.

Et dire que pour le musicien de base, les marionnettes c'était Guignol....

mercredi 8 septembre 2010

Entrailles.


Entrailles. Le nouveau projet (Mickael Monnin et Isabelle Raulet)) de la Cie Azimuts, autour de la Femme (texte d'Isabelle Raulet d'ailleurs), autour d'une vie qui s'écoule, autour de sentiments confidents. Un projet Art de la Rue puisque tout est autonome et... waterproof !


Théoriquement, de l'électroacoustique partout, une scénographie de HP déshabillés, des fibres optiques, des drones (voir Eliane Radigue*), des capteurs de mouvement, MAX-MSP, LIVE (Gabriel Fabing), des illusions psycho-acoustiques, des sensations d'infra-basses, des "rayons de sons" (voir Varése*), des mobiles sonores (Calder ?), de l'acousmatique, de l'immersion, du transport, du tantrisme sonore, du mirage (voir Turrell* et la NASA). A ce niveau de réflexion, tout est permis. Pas de limites.

Sans folie, pas de réalité.

Un projet d'intérieur dehors d'ailleurs. Les entrailles et le viscérale. La nature, aussi, d'une certaine manière. Greffée au son, à l'architecture des installations (Thierry Devaux*, Davide Galaire et Laurent Diwo), à la diffusion éparpillé du son. Une fragmentation de microscope lié au fourmillement des coins de verdure.


Et puis du corps, du corps et de la danse (Andréa - Cie La Smala), des voix multipliées, dispersées, retravaillées, des déambulations, des
Tout est en l'état. En tête et au brouillon. Jeté en pâture à l'avis, à la confrontation. C'est le projet, ce que l'on y voit sans contraintes et ce que l'on y désire. Ce moment ne porte pas de problèmes, que des idées, que des possibles. Deus ex machina pour ceux qui projètent le devenir sur feuille vierge.

Puis, ensuite, les grains de sable....