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mardi 24 décembre 2013

Sous perf' des perf'.

Camille Mutel - Luxembourg


L'art des perf' est un art du one shot bang! bang! éphémère. Et c'est tout l’intérêt. Comme Snapchat*, son et gestes voués à disparaitre sauf pour les mémoires subjectives de chacun. 
Voilà le temps du moment, et juste cela. Anti-capitalistique au possible, la perf' ne vit que de son état et de son lieu investi. Un jeté-aller. Et bye bye.

Et ce n'est pas tant l'un et l'instant de l'improvisation (cette belle éphéméride qui révèle elle aussi les joies du présent) que le claquement d'une provocation. Une interruption des train-train ou le simple étonnement de l'imprévu. Situations incongrues et espaces détournés, corps ou sons dénudés ou grimés, temps microscopiques pour propos sans sens et portées microcosmiques, audaces ou troubles indéfinis, bizarreries ou coup de poing politique des Voina/Pussy Riots*, finalement la perf' est une babiole facétieuse sans foi ni loi ni dieu ni maitre.



lundi 23 décembre 2013

C'est aujourd'hui, c'est une surprise,

Valentina de Crepax



"Valentina Valentina ? Oui..."

Performance danse & souffle, geste & son avec Camille Mutel le 23 décembre à 18h30 au Luxembourg (bibliothèque 3 rue Genistre). 


Corps et respirations improvisationimprovisationimprovisation isolés et à vue - mais pourquoi en dire plus si tout ceci n'est qu'une surprise ? Peut-être l'enjeu simple et sans formalités, un équilibre à dénicher entre deux anatomies qui se donnent un espace de temps. 
Et l'improvisation envoreencoreencoreencore! qui s'offre comme unique moyen de mettre en résonance les états et les situations. Car oui, ce sont le lieu et le présent qui dansent dans ces moments explorés.


C'est au Luxembourg, c'est ici.
Etats d’Urgence, association qui regroupe le TROIS C-L, le Théâtre National du Luxembourg, le Théâtre du Centaure et MASKéNADA.


lundi 14 mars 2011

Ce fut...

 
ca se clique, bien évidemment.... 


mercredi 29 septembre 2010

Sous perf'



















Performance. 12 minutes. Une manière d'aborder l'essai, le point de focal, la tentative. le risque et la question. Juste pour voir ce que donne l'idée pour de vrai. Une pédale RC-20 en boucle sans fins, un baryton et des objets. Que se passe t-il, comment faire vivre cette accumulation de matière sonore, comment la manipuler, la dévier ? Ce ne sont pas en soi de grandes questions, mais à l'instant où tout se joue, l'équilibre d'un phénomène c'est l'équilibre de toute une vie. Point de focal. L'art de la performance, c'est l'art de se jeter dans le vide sans trop de parachute, sans savoirs faire, sans autre attention que l'intégrité d'un choix pour une fois. Ce que cela donne importe mais l'essentiel est dans le processus, le main à main avec un élément sonore non déterminé, non maitrisé, fuyant et inconnu. Un objet insaisissable qui se joue des codes comme des anticipations. Une nouveauté. Le Mustang du son !
Reste alors à développer de nouvelles manières de réagir, d'appréhender sur le coup les instabilités étranges et tenter de rester à l'endroit où le geste et où l'idée restent les plus vives. C'est à cet endroit où sa/la question d'Art avance. Au moment où l'inconnu et la force du désir se rejoignent, tentent un pas de deux, une découverte l'un l'autre, un frisson.
Pour le coup c'était à la scène nationale de Vandœuvre le 29 septembre, l'un des derniers endroit de ce niveau pariant sur les questions plutôt que sur les uniques réponses.

Du coup, pourquoi ne pas tenter aussi sans instrument....





lundi 27 septembre 2010

C'est déjà demain.


Soirée d'Ouverture de saison à la Scène Nationale de Vandœuvre*. Demain le 28 septembre 2010 à 19h. C'est la fête des expérimentations (et du "Jupon"* de Delphine Bardot, La Soupe Cie - trois fois dans la même soirée, en petite jauge toutefois), avec des tentatives, des choses impossibles, des trucs incompréhensibles, des machins qui volent tout seul, des ratés fantastiques, des oreilles déchirées, des sauts de l'ange accrochés aux guitares... bon, la fête de l'invention.



Et par exemple, aussi, ce "bidule" (de celui-dont-on-ne-dit-pas-le-nom-ici et Michel Deltruc), qui consiste à détourner une pédale RC-20* pour voir ce qu'il se passe. Quelle idée !? Une accumulation de couches d'enregistrements (comme les expériences au Revox* en bande fermée) révélant après le brouhaha grandissant des sons entremêlés et réréréré-enregistrés des nappes de larsens, de buzz qui fusent, de sons parasitent qui décollent, de vrombissements infernaux, de souffles qui partent en vrille.... tout un monde sonore issu d'une circonstance et d'une provocation.
C'est le sens du silence qui n'existe pas. Et que donne t-il ce silence si on lui presse le citron ? On verra cela à 19h demain.... (si ça fonctionne).

BoUuUmM.





 
image de la vidéo qui sera projeté simultanément pendant le "bidule". une exclusivité quand même...
manipulation d'objet de delphine bardot pendant une session d'improvisation au CCAM. 

mardi 22 juin 2010

Diorama n°2 : RSA au Petit Salon


Le RSA (René Leborgne, Stan Duguet et Antoine Arlot) au "Petit Salon"*. Personne ne s'était dit "ça commence", alors ça à commencé sans personne. Comme une apparition de ce qui flottait déjà dans l'air. Un morceau de Carla Bley commence comme cela, par un accordage ("440" de l'album "Musique Mécanique"*), un morceau d'Edgar Varese aussi ("Tunning Up"*), mais ici, c'était simplement le fait que la musique soit partie d'elle même. Il ne faut pas se forcer à la quitter, se laisser happer, on verra bien. Et d'ailleurs l'arrêt à été tout aussi imposé par cette même musique. Voici pourquoi ce diorama est en deux parties (une de 16 minutes et une de 9). Il fallait bien ouvrir une autre porte pour voir ce qu'il y avait derrière. Beautés de l'improvisation. Emportés par le vent délicat du moment.




RSA RSA RSA


RSA Trio c'est ce soir mardi 22, dans deux heures (à 19h) à la Galerie Lillebonne - Rue du cheval blanc, Nancy. René leborgne, Stan Dugguet et aa ; Un peu free, un peu fort, un peu sans contrôle. Et viva la revolucion !

samedi 19 juin 2010

Ce fut "Les feux de la liberté". Le 19 juin.


Génepi, Syndicat de la Magistrature, LDH, Europe écologie, PS.... et tant d'autres associations autour d'une même idée. Faire entendre de la voix et un "Non" aux dérives d'une politique sécuritaire faisant fi des libertés publiques.

Vidéo-surveillance, contrôle du net, garde à vue qui s'emballent, intervention de l'exécutif dans le judiciaire, indépendance des magistrats, fichage, politique de l'immigration paranoïaque, rétention de sureté, clientélisme du pouvoir, tutelle du parquet, réforme pénale à l'emporte pièce, etc, etc...
On le redit, il faut lire le livre de Delmas-Marty pour se rendre compte à quel point l'équilibre entre sécurité et liberté des citoyens est en danger.

Quoiqu'il en soit. Le 19 juin à Nancy, ils partirent 600 (et je ne sais combien en arrivant au port), cœurs en drapeau, pour des lectures, déclarations, professions de foi, appel au Non et autres catilinaires*.

"Nous avons autour de nous tous les hommes libres, même ceux des rangs les plus obscurs. Quel est, en effet, le citoyen pour qui ces temples, l'aspect de cette ville, la possession de la liberté, cette lumière même qui nous éclaire, cette terre de la patrie, ne soient des biens aussi précieux qu'ils sont doux et pleins de charme ?" * *

C'est toujours un peu rassurant.




photos Stéphane André

Pour le coup, ce fut l'occasion pour le Génepi, et notamment Camille Fourchard (entre autre ! car elles étaient 4 enthousiastes militantes de cette belle association avec Adèle Barotte, Cécile Prévot, et Julie Martin), de relire un peu de Camus... en musique et surtout en ba-ry-ton (oui, celui des Fruits du hasard) !



photo Stéphane André

Évidemment tout ceci pose des questions (en dehors du fond) qui ne sont ni nouvelles ni résolues. Comment faut il manifester un désaccord, une alerte ? Avec joie et bonne humeur ou avec l'habit de tristesse, clown ou enterrement, tous les jours où par grands coups, unitaires ou confédérés, en musicien ou en citoyen, avec force symbole ou tonitruantes inventions, avec humour ou réflexion (ce n'est pas opposé), en conviant moult presse ou en sauvage inattendu, en action coup de poing ou en silence impressionnant ....
Bah. Qu'importe. On les as déjà toutes vécues (bien ou mal). Question d'esprit et de justesse.
aa


lundi 14 juin 2010

Lectures au Château.


L'aristocratie de la performance. L'improvisation de la Haute ? Ola. Non. Mais tout de même, une lecture mise en musique dans un salon d'écrivains, tiens, se colore d'un pied de nez aux oreilles.
Cet "autre" public à un angle d'écoute à part, à lui ; une focalisation sur le jeu des mots et l'inventivité des histoires. Séquelle de l'auditoire du coin de lieu, la musique qui s'improvise, qui se déploie, qui se débobine en fond, en plan, en interaction, en avant ou carrément en une autre intrigue - pourquoi pas opposée - devient un élément impertinent. Nul rejet forcément, nul jugement à l'emporte pièce inéluctablement, pas forcément un jeté d'avis ou un balaiement rapide de l'esprit. Juste une autre écoute.


Et c'est toujours amusant de s'apercevoir que comme dans beaucoup de domaines, l'écoute, le regard, l'odorat, l'être au monde que l'on est, s'habille principalement de culture. L'oreille est culturelle comme peut l'être le goût composé ou l'idée de peinture. Il n'y a pas forcément de transfert de compétence entre les sens.
Question de temps disponible. Question de typologie d'expérience. Question de milieu. Et le simple constat que la finesse complexe et éclairé du regard d'un artiste peintre ne sera pas forcément l'intelligence de sa lecture du monde des sons. Par exemple.

Point de vue de musicien. Forcément, forcément.




Pourtant parfois des rencontres ont lieu sur des espaces communs. Territoires sui-generis, bac à sable montés de toute pièce, châteaux dans le ciel, fragiles équilibres d'architectures impossibles.
Elles servent le projet unique d'une intelligence de l'expérience, de l'exploration et de la curiosité. C'est alors une imprudence féconde. Un strip-tease des habitudes laissées là pour ce qu'elles sont, des empêcheuses d'inventer autrement. Il faut oser s'éloigner du bord, tenter les eaux profondes et les boussoles oubliées.
Ces écarts provoquent autant d'incompréhensions des habitués d'une écoute que des faiseurs de nouveautés eux même (on pense à la polémique du moment à la Villa Médicis concernant la chouette Claire Diterzi...).




Quand à l'aventure extérieur, l'Odyssée des tâtonnements audacieux - conquête des nouvelles frontières - on pense à l'art vocal de Jaap Blonk, les chansons de Phil Minton ou ses improvisations, la poésie sonore des mots de Bernard Heidsieck, le cinéma des Metamkine, Rebotier pour ses compositions balancées de mots ou encore, bien sur, le théâtre musical d'Aperghis.



Mais bref.
Ce furent de sensibles lectures musicales avec Benoit Fourchard. Au Chateau d'Aulnois et, tenez vous bien, le 13 juin 2010. L'accueil fut extrêmement chaleureux. Et au delà des réflexions esthétiques - exercice de pensées vaguement libres - c'est également la plongée dans un monde qui mène ses luttes tenaces, ces impressionnants et indispensables combats pour une survie de la curiosité, de l'intelligence et de l'élévation.
aa