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mercredi 1 février 2012

Et pendant ce temps...

"Pince de Crabe" joue sa tournée à Rosny-sous-Bois, testant les publics, tentant les variations et les improvisations, essayant le matin à moitié endormi ou le soir plein d'entrain, oubliant les restes du Monde qui tourne qui tourne sous la voute comme sur la route. Loin de tout loin de tous, les tournées rapprochent les pensées et les éloignés. On est plus à un paradoxe près.

Participer aux paradis artificiels et se laisser baguenauder le long des journées filées.

"A demain ! 6 heure !" Aux aurores, l'heure du jeune public...


Le spectacle reprisé.




Reprendre un spectacle est tout une histoire. Pince de Crabe* des Fruits du hasard, donc. A Rosny* et non joué depuis 9 mois.
9 mois. Non de rien mais d'une myriade d'événements - ce qui laisse l'esprit de ce jeune public comme un souvenir, transparent.
Il n'y a pas dans un groupe de musique de chorégraphie de geste comme en théâtre. C'est une différence importante. Anticiper les sons à manipuler, les samples à proposer et les "tops" à respecter exige une autre manière de répéter ou de se préparer - au final il s'agit de débusquer la musique de et dans la forme.
L'espace acoustique en milieu théâtral - même pour une part improvisé - est contraint par les respirations d'un spectacle qui lui échappe en partie. C'est un ensemble dramaturgique et un alliage d'émotions qui met en branle ce qui est présenté, et non uniquement l'attention aux expéditions sonores. Le son finalement n'en est que l'un des objets (du moins dans la forme narrative et séquencée de Pince de Crabe). Et c'est bien pourquoi la réalisation d'un événement sonore dans ce contexte relève plus pour le joueur de pipeau de la chorégraphie écrite que de la quête acoustique - sa justesse est intimement nourrie de la précision et de l'anticipation. C'est tout autant une partition instrumentale que corporelle.
Reste à infiltrer les codes et les temps figés pour en déssiner les perspectives, faire se détacher les plans et les lectures, ouvrir les dimensions, démantibuler les sens et élargir les durées.

9 mois. Pour le "musicien", il faut d'abord retrouver les rythmes et les souffles intérieurs de tout un spectacle.





vendredi 18 mars 2011

Il est joli le temps du jeune public.



Pince de Crabe* en goguette aux "Giboulées"*, festival de marionnettes de Strasbourg. Voici venu le temps des enfants, et des horaires hors normes pour un spectacle. Installation, raccord, filage, balance, finalement pour une heure de légèreté c'est tout un bastringue d'éléments à mettre en place, à tester, à essayer, à faire tourner. La fluidité et la simplicité sont le fruit de grands travaux.
Quand aux enfants, grands et petits, (et les maitresses pimpantes et les maitresses pimpantes) les voici aussi déjà debout pour l'école. Rendez vous à Strasbourg pour la récrée !

dimanche 6 mars 2011

PDC sur TVL la TV du NET. Ok ?


clique, clique, clique....


Pince de Crabe* on air ! De passage à Lunéville, PDC se paie une virée en abime par l'image de l'image. "Lunéville Télévision" était là le 1er mars au théâtre de la Méridienne* pour provoquer à la baignade. Hop. Pistache pour tout le monde.

dimanche 20 février 2011

20000 à fond au fond sans fond.



Le bel article, le beau regard. Pince de Crabe des Fruits du hasard* et de Kinorev fait un passage dans l'Est, tant qu'à faire, tant qu'à faire. 
PDC ou l'aventure de quelques instants aquatiles, et au fond, une immersion des yeux des esprits et des oreilles, apnée pistache, exploit des peurs sans risques mais pour la sensation grisante des ombres et des distorsions fantasmagoriques du réel. Finalement, le spectacle est une illusion, une danse des irréelles que l'on veut bien embrasser comme une vérité. Le bonheur de l'erreur et du faux-semblant, la volonté de se laisser aller à regarder le monde se prendre au jeu. Le spectacle est une croyance momentanée et consentie  d'une autre vie pour le bien d'une soirée.

Toucher à fond des fonds sans fond donne à chausser de drôles de surprises. Inattendu, PDC se vit en sea-movie, un excentrique grand-huit excentré qui rappel 20000 lieues sous les mers* mais aussi tous les rêves éveillés sans sens sans histoire sans terre ni double fond. Opening nights pour enfants, ce type d'échappée complice aux imaginations débridées et enfantines ne joue que sur la magie  des possibles sans limites. Et hop, pas cap !

Le monde commencera par changer avec le regard. Quel joli ciel, vert. Et le soir, il est si orangé... tout une histoire.

"Mais, qu'avez-vous voulu dire aux enfants ??!" dixit l'autre, Cassandre circonspecte. Mais quoi. Mais rien. La bonne blague. L'espace d'un instant, plus rien n'est à apprendre, l'esprit en roue libre et la fertilité des inventions sans autres plaisirs que ce qui suit.
Pof. Ouvrir les portes aux compréhensions n'est pas uniquement guider la raison et imposer le (son) message, mais proposer la possibilité d'une île, la liberté de retrouver pour de rire le monde que l'on veut bien s'inventer en observant. La pédagogie n'est plus à l'affaire, place aux poésies des sourires débraillés. Ah mais oups.
Qu'importe - parfois - et les finalités et les objectifs, tristes fers de lance d'un esprit adapté et contrôlé, ou adéquate. Apprendre le sens critique se comprend aussi par la liberté d'une envolée et d'une imagination qui se plait aux rêves étoilés. Et la beauté des néologismes guets de la survie gaie. Tiens ? Le ciel est redevenu friolet, pour l'émerveillé.

Alors oui, "medium is message" et McLuhan* avait bien raison, on peut le croire, concernant les manipulations par l'objet même de l'image et de la communication. Mais le fond de l'affaire est dans la volonté ou d'asservir pour organiser ou de libérer pour grandir. Donner un sens est à double sens. Ouvrir l'esprit aux possibilités c'est donner la capacité de croire à l'invention et aux révolutions. Les enfants, à eux bientôt l'intelligence de renverser la vapeur, de détourner de modifier de maitriser et d'étonner par le détonnant. Et d'inventer.

Les adultes auront toujours raison, c'est vrai mais quel dommage, ils pourraient bien vieillir avant l'heure de trop de certitude, abandonnant leurs lendemains aux servilités de la réalité.
Tiens ? Oh la... de ci de là, discrètement ou hurlants, quelques farfelus, quelques artistes, quelques "hommes du commun à l'ouvrage"*, quelques fous, irraisonnés ou simplement dérangés, quelques utopiques, des raisonnés pour d'autres cieux, des politiques enthousiastes et frais, des Géo Trouvetou du bien commun, la maitresse d'école ou juste quelques idées d'un "Pourquoi pas ?"* une fois pour voir, pour tenter, explorer, ressentir et ouvrir donneront une envie de regard décalé, original et singulier. Oui. L'Autre monde est déjà dans ce Monde.
Nul volonté de s'extraire de cette Terre et de ses réalités alors (son décolleté à émerveillements reste une si belle promenade dans les champs), mais le désir de croire à la possibilité que la sensibilité, l'idée, la parole, l'essai, l'audace, l'intelligence, le savoir, la connaissance, l'histoire, l'enfance et futur de l'Odyssée, la croyance, la métaphysique, la perspective, la voltige,  l'envie, la poésie, l'invention, l'art ou les maths, le ciel vert ou bleu ou rouge ou qu'importe, la pensée iconoclaste, l'erreur, l'improvisation et quoique ce soit d'autre, tant d'autre, plutôt que la rationalité finalisé, pourrait bien aussi la faire tourner.


RDV le mardi 22 février à 20h30 et le 23 à 15h à la Scène Nationale de Vandœuvre*



dimanche 30 janvier 2011

L'étrange danse.

C'est un étrange ballet, une chorégraphie aux raisons mystérieuses et aux objectifs pas si clairs. Le montage de Pince de Crabe*, c'est le montage de tous les spectacles, un temps d'impatience et sur-vitaminé. Tout un ensemble de personnes qui tentent le collectif sur le tas, comme une colocation de quelques heures.

Mais il y à encore mieux ! Bien mieux. Le corps le cœur l'intérieur d'un plateau de théâtre,  ces coulisses et tout ce que l'on ne doit pas voir. Le dessous des jupes des filles. Un spectacle dans le spectacle, une mine d'incongruités et de gestes farfelus, décalés, incompréhensibles et abstraits. Une danse au sens secret et de derrière les fagots. 
C'est étrange mais il y à un vrai intérêt à voir ce qui n'est pas prévu pour être vu. Ou entendu. Tunning up* de Varése par exemple, qui élabore un morceau sur l'accordage de l'orchestre. 

Ces moments sont uniques par leur "non intention", une sorte de spontanéité libéré, un éphémère porté aux nues. Il ne s'agit ni d'improvisation, ni de hasard, ni de mise en scène foutraque, mais la simple réalité retournée, regardé de différente manière. Attraper ces instants secrets c'est penser le monde à sa façon, le dessiner d'une drôle de manière. Et voilà les milles merveilles, la fascination de quelque chose qui ne peut être attendu ni anticipé. C'est l'art du rien comme art du vrai. Au plus proche d'une situation dont la poésie et l'histoire se fabriquent d'eux même  sans plan, sans concertation, sans prévision. Le pas prévu en révélation.

Exemple avec PDC donc.




Bing. Momix.



Le temps de l'adrénaline pour Pince de Crabe (l'aventure en photo choc ici). Momix*. La face rock'n roll des tournées. Entre les Scènes Nationales et les improvisations rocambolesques des festivals il y à toujours comme un hiatus. Et le plaisir est aussi là, dans ce pseudo bazar où l'organisation générale échappe aux tentatives d'anticipations des compagnies de passage. Voilà le temps des bricolages, des inventions, des adaptations, des trouvailles pour faire avec, pour faire sans, pour faire quand même.
Finalement c'est parfois une création renouvelée, remodelée. Il faut bien que cela rentre dans le cadre. Ici une salle trop petite, là des APG DS15* au lieu de Christian Heil** ou de PS15 Nexo*, un peu plus loin une distance insuffisante pour les vidéoprojecteurs, pièces maitresses du spectacle, ou encore la pente du gradinage qui met à jour les déplacements techniques des comédiennes... chaque instant une découverte, une question et la solution nécessaire à dégoter. L'adrénaline, une vitamine à souvenirs.

jeudi 27 janvier 2011

Et pendant ce temps....



Pince de Crabe (les aventures en couleur des loustics de mers ici) se balade prés de Montbéliard, à la Scène Nationale l'Arche* de Béthoncourt. Matin volé par 250 marmots en liberté sur grand circuit émotif. C'est le cinéma grandiose, ça remue dans les fonds maritimes, virages à bulles et pochette à merveilles, le coup du Technicolor et le direct des séquences "émotion" et "grand spectacle". Okokok.




PDC est en tournée. Un drôle de truc la tournée. Entre les rencontres originales, les contraintes techniques, les personnalités mélangées, les tableaux détonants des gites et des hôtels,  la découverte d'une ville pourquoi pas, les restaurants, les soirées, les débriefing, les "raccords" de précision, les montages et les démontages,  les singles ou les canapés, les attentes et dans dix minutes l'entrée du public, ce public, celui d'ici avec ses habitudes ses bagages ses expériences ses fidélités, enfin les loges et leurs attentions grandes ou petites, les confidences pour passer le temps pour mélanger les genres, les solitudes et les pensées ambrées qui flottent et rassurent, les temps d'instrument ou de blog ou de mail ou de surf on the seas of the net - pour le sex & le sun c'est moins sur, et puis les siestes,  les heures de voiture, serrés, anesthésiés, les balades ou les ennuis, les mélancolies ou la nuit qui se marre, les recharges d'Iphone, de Mac, de corps d'esprit, le réveil qui sonne, trop tôt, beaucoup trop tôt et à ne surtout pas louper (c'est un jeune public), les couettes rouge blanches vertes et tant et tant, tiens un lit une place tiens le lit deux places, les aqua-lits plus rarement on est pas en Amérique, les déprimes et les joies futiles qu'importe ça file vite. Le vrac des vies qui baguenaudent.




La tournée est une expérience sans limite, hors temps hors règles. Une parenthèse flottante, un pigeonnier des quotidiens où tout se joue à l'instinct au gout du jour et des envies. L'heure de spectacle, on dirait l'éclosion d'une fleur. Tout cela pour çà, mais oui, c'est ce condensé de plaisir, cette joie simple de mettre l'imaginaire en branle, les esprits en l'air. Comme une fête, un plaisir à prendre et à déguster au débotté, sans réfléchir. Un bon verre de vin.

Et puis un jour on se quitte, on ne se connait plus très bien, mais il reste au fond des yeux ce temps partagé, ces moments réels d'une vie que l'on dirait presque rêvée.

 Ben et l'art du gite

samedi 8 janvier 2011

Rien à voir.



Rien à voir, rien à voir, juste l'à côté. Mais oui voilà, il reste des à côté.

Stage Soupe Cie* improvisation marionnettes et musique* (7, 8 et 9 janvier) à Paris, et Pince de Crabe* des Fruits du hasard* à Saverne* les 11 et 12 janvier.

Un stage pour essayer de ressentir ce lien particulier qui existe entre le geste sonore et le regard, entre le geste marionnettique et l'ouïe, entre la volonté et la réalité qui propose elle aussi un espace, des idées ou une multitude de bruits.
Il n'y à pas là ou ailleurs d'histoire à raconter, mais plutôt tenter de dégager l'émotion qui peut exister entre deux manipulateurs d'illusions. L'un l'objet animé l'autre le son. Un ballet lié par l'écoute et l'improvisation, et au gré, et au gré. Il s'agit de révéler, simplement mais passionnément ce qui sommeil aux alentours.







Rien à voir. L'essentiel est dans ce mystère curieux et spontané qui fait exister tout un monde à partir de "rien". Au delà de la marionnette, par delà la musique, existe des étendues de merveilles faites de sensations, d'étranges, d'élégances inattendues. Il faut aller les trouver et passer un peu de temps ensemble, histoire de sentir l'envers du décor et la réalité négligé.



dimanche 19 décembre 2010

Fin et aprés (billet circonstanciel et promotionel, bah oui).




Après la première, forcément forcément, la dernière (le 18 décembre au TGP*), mais, last but not least, "la tournée", aussi.
Pince de Crabe en route pour les exportations spectaculaires et la ronde du jeune public en Lorraine - et un peu ailleurs.


 from db - Les machines de l'île à Nantes*

Un spectacle à ses lunes, les phases de réflexion, puis celle de création, la tremblotante première - d'un coup qui déboule, bien trop tôt bien trop tôt - et ses suivantes qui rodent et, attendue désirée, "la tournée" (coproductions et pré-achats).
C'est un moment particulier que ces répliques au sismique puisque ce qui est montré l'est devant un public neutre, sans amis, sans milieu, sans connaissances. Une forme d'objectivité qui permet de bien évaluer le succès ou le four. Et pas de demi-mesure.

Jouer ailleurs, d'ailleurs, c'est explorer les micro-cultures locales, les habitudes de théâtres aux fidèles agrippés, entrer dans une programmation comme on entre dans un salon étranger, bousculer les expériences et les blasés cornaqués, venir de loin, espérer surprendre.
Et voilà un public qui se joue des amitiés et des alliances, des flatteries de circonstances ou des obligations, on est ici en terra incognita et tout est permis. Pince de Crabe avance en terrain non miné, jeune public à découvrir, qui sait qui sait, et une technologie au service d'un émerveillement d'adulte, dupés par plaisir.

Jouer ailleurs donne des ailes et puis... l'élégance renouvelée et fragile des première fois.



lundi 13 décembre 2010

Jour Un.



Jour de première jour de tonnerre. Voilà enfin venu le temps de l'île aux images, Pince de Crabe sur la boucle et prêt à se poser au TGP de Frouard* le 15 décembre à 19h30 pour sa première
Le final, l'aboutissement, le dernier acte d'un travail au long cours puisque démarré il y à plus de 20 mois - la résidence commune de 6 semaines n'étant qu'une parcelle congrue de cette titanesque construction ?



 
Mettre en place un spectacle théâtrale, musicale ou autre ou autre prend du temps. Mais, et même si techniquement tout est prêt, filé, répété, en place, rodé, testé, déjà pratiqué à la première, une pièce ne prend son envol immatériel qu'aux futures représentations ; il faut laisser ce temps au temps pour que le rythme ontologique s'impose, que l'émotion non contrôlée s'infiltre entre les assemblages, qu'une métaphysique secrète et indépendante des volontés et des intentions apparaisse. 

Il est là le merveilleux, l'extraordinaire recherché, dans ce petit tremblement d'outre-pensée qui met à jour ce qui lie les uns et les autres, le lien mais aussi la question, une forme d'union flottante, un accès si propre au monde de l'art, une ouverture une lucarne sur les raisons sans raisons. L'inaccessible étoile à porté de regard. Et parfois désespérément hors d'atteinte. 
La part unique du spectacle vivant rend cet élément énigmatique et sa survenue incertaine. C'est une surprise pour tout le monde, spectateurs comme acteurs, ce moment où tout décolle ("lift the bandstand !" disait Steve Lacy* et Monk, et Monk), un incroyable instant qui ondule qui oscille qui emballe, une unique et précieuse et désirée circonstance où tout semble facile - être au monde et être du monde - une communion d'esprit et de sensation, les corps en suspend. 

Il apparait, s'il apparait, au coin du spectacle, par inadvertance, sans prévenir, ce moment, ce juste instant, ce beau temps. Une course poursuite que cette grande Odyssée des arts qui filent le train de ce minuscule événement à conséquences illimitées. 
Et ce sentiment ressemble étrangement à une amourette, et le temps s'oublie, et le temps s'enfuit. La métaphonie des esprits et des corps. Move your body !



Pince de Crabe. Première.




Première de PDC* le 15 décembre à 19h30 au TGP de Frouard*.




jeudi 9 décembre 2010

Des hauts et des bas.



Survoler la contingence, trouver la trouée, la partie de ciel encore légère, légère, légère* et ouverte aux fragrances des inventions féériques. Parfois oui, parfois non, un jeu des aller et des venues, des va et des viens, une montagne russe à gros sentiment et grandes oscillations. 
Qui la retient de se laisser donner, de se laisser aller ? Quelle espièglerie des cachotteries, le foulard désiré comme mise, voilà tous les prétendants en roue libre, et sauter, danser, tenter de séduire cette belle fugitive à ne prendre que quelques instants. 
Pas si simple, pas si simple. La belle ne se livre pas à tous vents, aux allées et aux venues sans escrime.
Une esquive par ci, un subterfuge de cet autre côté, c'est une farce ! une comédie, une pantalonnade, un théâtre de masques et de dissimulations. 
Pourtant... toucher du doigt l'orée des envies, la frontière où tout se soulève, où tout s'élève et l'air frais et le vent dans les mèches, c'est encore, c'est pour longtemps, une soif, une recherche, une course-poursuite ; une raison d'être.

L'émotion, une étrange affaire de justesse.


Pince de Crabe des Fruits du hasard enchaine donc les filages* et les retours (les débriefing), les retours (les réunions-bilan, en French) et les filages. Une mise en route des articulations et des transitions, des fluidités et de cette quête en permanence renouvelée des états de grâce qui n'appartiennent qu'à un moment un assemblage une vibration.

Chaque spectacle à son temps de fermentation. Entre les idées au décollage et l'atterrissage de la "première" il existe tout un espace à forte dilatation temporel et émotionnel, une torsion de sentiments qui filent entre les hauts et les bas, entre l'euphorie ensoleillée des trouvailles et la sombre sensation de la pesanteur.
Qui est In, qui est Out* - et le coup du saxo ? D'un jour à l'autre, d'une heure à l'autre, d'une note à un geste, tout bascule, tout titube, ça vire de bord et ça chavire, ça chaloupe, le temps que le spectacle se cristallise enfin dans un corps cohérent et vivant. Une respiration.
Pince de Crabe cherche son équilibre. Le point qui permet d'effleurer une émotion issu d'un tout fait de chaque chose - et de ce mystérieux plus, matière noire* du spectacle vivant. Un état funambule. 


Et pendant ce temps, notre Sirène, beau modelage numérique, élégante carrosserie de plastoc, allure caressée de fantasmes digitaux, volant planant au dessus des banales occupations "spectaculaires", jette un œil narquois sur ces Sisyphes du théâtre charnel. La terre et ses misères extraordinaires.

Rendez-vous, pour ceux qui en pincent, le 15 décembre au TGP de Frouard*, ce sera la première (et le souvenir pour toujours).


vendredi 26 novembre 2010

BinG Kling gliNG !



La voici la voilà, la "pincedecrabeOK2.jpg", l'affiche de Pince de Crabe, le jeune public des Fruits du hasard !* Elle à été réalisé par Lilibellule* comme tout ce qui bouge en ce moment en pochette de CD, fly ou Tram (Octobre Rose à Nancy, c'est eux).

La Première de PDC c'est le 15 décembre au TGP de Frouard* à 19h30. 

C'est la Première ! Tout est en place, okokok, cela fonctionne et finalement le spectacle à déjà été filé et joué un paquet de fois, mais, c'est la Première et les Premières sont des représentations bien particulières, bercées du petit trac d'une  malicieuse et turbulente joie de sentir les réactions spontanées du public. C'est là que ça se passe. 

La Première fait événement pour tout le monde, un grand huit pour les acteurs et une attente impatiente pour les spectateurs - qui sont en grande partie noyautés par les amis à ce stade. Une première fois, avec ses loupés  qui vont élaborer et alimenter les légendes et les souvenirs de Pince de Crabe (une vraie première fois comporte des risques... ah forcément, forcément et c'en est le charme - si toutefois on pratique l''auto-dérision), et avec la découverte, petit à petit, du rythme ontologique du spectacle, ce déroulement de croisière, cet état qui donne au château de carte en équilibre une émotion qui semble fleurir d'ailleurs. 
Une étrangeté un spectacle qui se révèle au public mais aussi aux acteurs et musiciens. Et pourtant, tout reste en mouvement, tout reste à faire, tout l'ensemble caldérien de PDC reste une architecture du désordre à maintenir en équilibre. Une entropie à contenir pour trouver le point de résonance. C'est ce qui fait la force du spectacle vivant, où tout, vraiment, se rejoue à chaque fois.
Voilà pourquoi, joyeusement, il subsitera à chaque fabrication d'aventure, une part de première fois, comme la garantie d'une envie, d'un pari, et la volonté de donner à embrasser ce qui flotte au dessus des corps et des esprits, une mystérieuse sensation, un léger froissement des perspectives, un trouble, une respiration métaphysique venue d'on ne sait où et qui emporte et qui emballe et qui surprend tout le monde. 
Serait-ce cette émotion que tout le monde cherche à ressentir ? Peut être est-ce aussi de ça dont on parle en pensant aux premières fois. Une communion autour d'un petit bout d'universel partagé, communiqué, donné. Une intuition  que la vie est aussi ailleurs, là. Et cette chaude sensation et ce sentiment simple et concret d'une réponse que l'on ne pourra cependant ni formuler ni décrypter. La nudité complice d'un savoir aux effets de caresse.

samedi 16 octobre 2010

Tataaaa.



Et voici le temps du choix. L'affiche de "Pince de Crabe"* arrive et c'est tout une négociation autour des 4 propositions de Lilibellule (le studio graphique*). Forcément personne ne voit les mêmes séductions. Résultat mardi 19 dans la nuit. C'est la deadline.
Une affiche c'est ce qui rassemble mais parfois c'est aussi une des clefs pour s'enrouler dans un spectacle. On n'ose parler d'une bouée pour Pince de Crabe qui visite et les fonds marins et les mers. L'affiche comme clef, l'affiche comme mémoire. Celle qu'on emporte puisque c'est en soi une histoire et puisque c'est le souvenir d'une émotion.

Évidemment, ces phrases ressemblent a un lobbying pro domo pour la numéro 2 ou 1. Mais comment sont-elles la 3 et la 4 ? Et bien... il faudra attendre l'épisode suivant.

samedi 9 octobre 2010

Fin de partie. Et remise.


Et voilà. Pince de Crabe* a vécu sa première public. 200 marmots devant les images de Kinorev (Francis Ramm, Véronika Petit et Thierry Mathieu), la mise en scène de Benoit Fourchard et les élucubrations de Coco Bernardis et Véronique Mangenot. Le tout emballé par les chants lascifs et dansants de notre sirène (Delphine Bardot) héroïne E.T. de cette histoire pour public jeune et leurs accompagnements. Première véritable le 15 décembre au TGP de Frouard* après 2 mois de remise et de fermentation.










Une première public c'est bien plus qu'un crash-test. Pour les comédiens c'est l'occasion de découvrir ce qui tient, les personnages, les rythmes et les prises de libertés. Pour le musicien c'est enfin le moment de jouer transformé par l'écoute - et tout change alors. Pour les vidéastes, c'est définitivement le besoin du sans faute, car cette "image", ici, est omniprésente.
Quoiqu'il en soit, un premier filage public reste dans les souvenirs. Fragile, pas fini, tout en technique, parfois hésitant, mais convaincu, déterminé, luttant et cherchant où se cache l'émotion qui fait décoller le tout. Elle est là, dans les mécaniques, les fluidités, les articulations, le détail.
Il semble que tout soit dans le détail d'ailleurs... les belles mélodies et les mots doux ne prennent leurs envols que dans la finesse, l'élégance sans raison et la saveur  inexprimable de l'envie, pour faire ressentir, faire palpiter, faire tressaillir,  onduler, valser, déhancher, transpirer, se noyer, ivre et rempli de plaisir ; vrombir. Cette émotion - la diablesse ! - cette âme de spectacle vivant à embrasser/embraser, celle qui fait vivre le hors temps, le hors champs, le dérèglement des sens est une fée feu bien volatile, énigmatique et jamais certaine à se donner. Pourtant ! Elle traine sur scène, rendant possible l'illusion et la délectation. Beaucoup l'on senti passer, si peu l'ont vraiment emballé car... jamais certaine à se donner, jamais certaine à se donner.
On l'explore/chérie/fourrage tant pourtant, tirant à hue à dia sur les transitions, la tenue des sons, la justesse des paroles, le corps entier jeté dans les frissons du désir de la réveiller.

Quête au fond des fournitures, à vivre chaque son chaque geste chaque silence comme l'esprit dansant des lieux. Une Odyssée à partager et à communier. Jouer est une célébration des unions.

ps : et écouter Danyel Waro*. Rien à voir. Mais pendant ce billet...

vendredi 8 octobre 2010

Le temps des avant-premières.



Pince de Crabe*. Pseudo avant première le 8 octobre au TGP de Frouard*. 14h30. Pseudo ? Vite dit, vite emballé, mais. En invités 200 dents de la mer de 6 ans prêts à en découdre de ce spectacle jeune public. Mais pseudo car la "Première" ayant lieu le 15 décembre cela laisse de la marge pour les avants d'après la pseudo. Yeah*. onetwothreefour !*

Mais enfin.... cette pseudo sera comme la première ou la dernière. Question de public. Rien n'est pareil avec une salle vibrionnante (bel effet juste avant de commencer, le trac cet inconnu). L'attention, la sensation, la concentration, tout un état qui subitement se met à jouer l'instant comme le dernier. C'est inévitable. Et c'est même ce sentiment intense qui fait tant désirer y retourner. Le désir et le frisson. Quelle réunion au sommet ! Il faudrait ne boire que cela, et l'ivresse de trop hautes altitudes. L'aventure. L'Ulysse et les sirènes* sur un coin de scène, comme ça, à brûle-pourpoint. Le désir et le frisson. Même pas garantie, ca vaut le coup d'essayer. Lieu idéal, météo agréable, bonnes turbulences, la tête qui tourne, le corps légèrement frissonnant, l'appétit des chimères.... allons, allons, comment résister à cet appel ? Gimme Gimme Shock Treatement (live) !*

C'est un bien petit monde carré, et plat, la scène d'un spectacle, mais il s'y concentre tellement d'émotion, d'aventures extraordinaires et imprévisibles que l'on se prend à ne vouloir vivre que dans ce petit coin de paradis, shootés. Tentant. Comme une naine blanche*...ou l'odyssée en soute d'un spectacle vivant.
Évidemment, après un four, ce n'est plus pareil. Rock away beach !*  On en reparlera...

mercredi 6 octobre 2010

Test test one two soundcheck one two.

Résidence Pince de Crabe encore encore encore lalala. Jour J - 2 avant la collision des 200 Exocets de 6 ans, à peine. Première pseudo première pour voir si cela fonctionne. Le 8 octobre donc. Au tgp de Frouard. Puis après....

mardi 5 octobre 2010

Débotter le cristal.




Les mondes fantastiques en construction. Pince de crabe* se finalise, trouve sa dentelle et son rythme de sublimation. Il faut un peu de temps, un peu de confiance dans un spectacle pour attendre qu'il se cristallise.
C'est à cet instant qu'il commence à grandir réellement. Une opération presque magique  et toujours aussi surprenante.




L'aisance des comédiens des vidéastes ou du musicien peut être, les anticipations, les finesses de jeu, la densité, la fluidité, tout ceci participe au dévoilement du cœur de cette affaire. Mais aussi le mystère d'un alliage de pensées, d'une focal d'existences.

Et d'un coup le résultat dépasse la simple somme des éléments en présence. Une sorte de résonance, un type de supraconduction, une chimie de l'émotion.




On découvre alors les sens clandestins, les sous-dits et les sous-entendus,  l'ellipse prend son envol, l'esprit du lieu bat des ailes et la mémoire d'un futur gorgé vient au fur et à mesure se substituer à la simple histoire.




Changement de monde ; et repasse de l'autre côté,. La bascule vers le pays des merveilles. Et le sentiment partagé entre plateau et salle comme une communion d'histoires individuelles. Une précipitation des cristaux.




Et parfois non. Parfois pas. Pas encore. C'est un moment qui peut toujours nous échapper. Rien n'est joué jamais. Comme dans la vraie vie. Un spectacle qui s'élève ressemble à une rencontre. Une histoire d'amoureux finalement.
Et cela peut s'enfuir ; un léger dysfonctionnement, une minuscule désynchronisation, une vie ailleurs et le château de carte s'effondre. En silence.




En cela la magie de ces instants où l'on perçoit le bateau ivre. C'est ici, c'est cela, à ce moment, ce gracieux et tranchant tournant, que l'on peut aussi se sentir vivre d'altitudes précieuses et inestimables.

Mais bon... Il reste trois jours avant la pseudo "première" (200 juges de 6 balais 1/2). Alors, s'agirait qu'il décolle tout de même avant le bout de piste ce jeune public !

PDC toujours sur le circuit.



"Pince de Crabe"* en course. Le NASCAR* du jeune public au finish. Presque "première" vendredi 8 au TGP* de Frouard. 200 piranhas de 6 ans prêtés pour un crash test. A eux le risque de surdité, à nous le danger du naufrage. On en reparlera....