dimanche 4 décembre 2011

Et si... belle expression des soleils levants.

 



Et si par un joli coup du sort, par une marée d'inattendues, souffle de fée et dés pipées par l'espoir - pour sauver la beauté pour sauver l'inconnu, se levait un immense ciel voltigeant, bouteille dans la mer d'élégance d'un possible qui pourrait survenir.
Astronaute.

Et si ces mots au son si simple en soi de soie légère donnaient un soir de la voile aux imaginations mêlées, parfumées aussi de cette idée que les découvertes changent les mondes et qu'au dessus des réalités flotte l'envie, ce désir de voir, inaltérable.
Astrolabe. 

Et si, par un heureux hasard, bienfait des quotidiens renversés qui se mettent à croire que les lendemains sont déjà ici, au milieu des incongruités et des révélations d'un regard, se donnent les cœurs au vent qui joue et s’élève, joyeux.
Astrophysique.

Et si... et si, pour une fois pour toujours, à ce moment, pouvait alors se lire dans le fond d'une bouteille le reflet de l'avenir étoilé qui éclaire les passionnés, alors, le temps et le sens disparaitraient sur le champs. Et il ne resterait dans la longue vue transformée que ce souffle qui caresse délicatement les esprits et donne envie de tournoyer.
Astrologue.


Un Iphone trainait sur une Carène... expérience anthropologique.


concert Filiamotsa Soufflant Rhodes le 1 décembre à la Carène de Brest - photo Cédric Naud


C'est saturé, c'est enlevé, c'est capturé sur un coin d'enceinte à jardin de La Carène* de Brest (d'où l’excès sonore). Filiamotsa Soufflant Rhodes de l'intérieur, prés des éléments qui déboitent et envoient ce plaisir de faire décoller la scène. C'est à regarder comme un témoignage de ce qui se trame cru et sans fards sur un plateau en attendant de récupérer l'enregistrement de salle... qui n'a rien à voir.





photo Cédric Naud

Gramophone punk.



ça se clique mais oui - concert ce soir !


Où l'on retrouve avec un immense bonheur le gramophone punk des indus-élégants Einstürzende Neubauten*. C'est le plaisir des sons trafiqués qui se mêlent aux rythmes industriels, aux basses grasses et à cette légèreté que seul la poésie peut cultiver. Oui, il y avait un avant** du punk, du rentre-dedans, mais pas seulement, pas toujours et peut être plus maintenant. 
En vin élaboré, les Neubauten donnent de la chanson avec une histoire qui vient de ces éléments. C'en est tout le sel dorénavant.

samedi 3 décembre 2011

Les joies d'une étoile.


Opacités & révélations.

En direct d'un camion sur une autoroute quelconque (ou Caen-Gerardmer).

Changement d'angle. l'Extravagant Quotidien devient reporter le temps d'une tournée de Filiamotsa Soufflants Rhode. Histoire de peindre de l’intérieur le banal et l'extra de la vie d'un groupe de musique. 


10h48
Et voilà les pannes qui refont surface. Serpent des mers de Brest ! L'aventure ne prend pas toujours l'aspect romantique que l'on imagine et finalement, pour cette première d'un reportage sur une tournée de groupe, c'est le ponpon. Un cas d'école de tous les fantasmes rock'n roll... moins la destruction des loges.




10h et des brouettes de secondes.
Plus de batterie donc, juste à la cabine de péage, et la file des voitures impatientes qui s'allonge... comme les tartines - beurrées, on dirait bien qu'il y ait une malédiction quand à la manière dont ça tombe.

Ah ! Non. On pousse on pousse on pousse et ça repart... l'Homme marque un point sur la mécanique. C'est chouette.

10h50
Dernière nouvelle ! En rade sur le bord de l'autoroute. Mauvaise nouvelle.

10h51
Ah ça. C'est fou. Ça repart. Juste le temps de faire 100 mètres sur une BAU... Bien. Bien bien.

10h58
Repanne. Arrêt sur une aire. Verte.

11h
Ça repart. On tente la station à 7km. Comme ça.

11h03
Plus d'essuie glace. Et plus de moteur, de temps en temps... Il pleut, beaucoup, bien sur.

11h08
Station "à 3 km". Victoire ? Temporaire. Le "get in" (l'accueil, à l'américaine) à la MCL de Gerardmer est pour 16h. Utopique.

11h10
En rade chez Total (refrain).

11h14
Courroie d'alternateur perdue sur l'autoroute !

11h14
Pause total chez Total. Appel de l'assistance qui nous connaît bien dorénavant.... Filiamotsa, groupe star et fossoyeur des assureurs.

11h30
En villégiature dans la dépanneuse, la la la... et l'assistance qui cherche un 10m3.
Gerardmer... 50/50 (mais le plus plus plus, c'est qu'un chauffeur nous y conduira, donc. Ah !).

12h03
Ben non... les boîtes de locations sont fermées depuis midi. Forcément.

Série noir, série noire, série noire.

12:30
Attente dans le Van-tombeau, que les agences de location ouvrent (14h). En espérant pouvoir faire les 500 km qui restent pour le concert. Mais ce sera très tendu. ça sent le sound-check minimum, et le set à fond dedans.

12h et cetera
"Orange" annonce qu'il va limiter la connexion de cet IPhone. Vu le trafic "data". Oui, bah, okay.

13:20
En attendant la sauveteuse, jolie dépanneuse. Finalement une tournée se joue dans les interludes.

13:36
Rien.

14:16
Faut qu'on parte fait qu'on parte ! Y a quelqu'un ? Ohéé...
Deadline pour un concert possible mais décalé : 15h30 maxi. FSR jouera alors à 21h30 après 20 minutes de balances. Mais il y à Paris. Oui. Il y a Paris.

14:18
L'assistance propose 2 golfs. 2 golfs ! 2 "VW", donc...
Discussions.

14:37
2 Kangoo.

15:36
Concert annulé. Bing.

15:36
Les kangoo arrivent, comme d'Australie. Retour à Nancy. Dépités. Et il commence à neiger à Gerardmer !

17:14
Voilà. Et comme une série noire c'est surtout une série... la station service est en panne de cuisine et le resto ne sert plus de plats chauds... hit the road Filia !

17:53
Plantage GPS. Tiens ! L'Arc de Triomphe. Ca doit être le centre de Paris, la ville à contourner... hell tour !




La magie des vies de musiciens... empêtrés dans les réalités. Il ne reste que ces moments de scène pour encore planer. Au moins, ce reportage en direct aura eu le mérite de montrer l'autre côté. Et le plaisir secret des interludes.



Squat music ! (en direct de Caen)

Changement d'angle. l'Extravagant Quotidien devient reporter le temps d'une tournée de Filiamotsa Soufflants Rhode. Histoire de peindre de l’intérieur le banal et l'extra de la vie d'un groupe de musique. 


Arrivée au squat Le Préau Bis*.
Et pour le topo on verra après le concert dans 10 minutes... et sur la route le lendemain.

2:58
Set explosif. Excessif.

Départ demain 8h pour Gerardmer... balances réduites et concert de fin de tournée. La belle épopée est au finish, mais il reste encore un peu de nuit dans le canapé de l'habitant.



vendredi 2 décembre 2011

Translation & camion.

Changement d'angle. l'Extravagant Quotidien devient reporter le temps d'une tournée de Filiamotsa Soufflants Rhode. Histoire de peindre de l’intérieur le banal et l'extra de la vie d'un groupe de musique. 

18:42 (Brest-Caen)

Smartphone pas trop smart.

Changement d'angle. l'Extravagant Quotidien devient reporter le temps d'une tournée de Filiamotsa Soufflants Rhode. Histoire de peindre de l’intérieur le banal et l'extra de la vie d'un groupe de musique. 



Problème d'application iphone dorénavant. Les billets "carnets de tournées" se mélangent les crayons, et se publient n'importe comment, quand ils se publient ... alors baguenaude visuelle et choisie en attendant de remettre de l'ordre dans tout cela....

Brest.
Et en cours : Caen. Filiamotsa Soufflants Rhode surf sur les voies express et ces mots sur la 3G.

Le billet concernant le concert (explosif) de La Carène n'ayant pas pu être publié, il reste au moins la possibilité d'indiquer l'adresse du lieu de ce soir : Le Préau Bis, rue Gaston Lamy.

Concert "punk way" et 3 autres groupes pour cette soirée alternative. En sortant des salles équipées et attentives de Brest c'est aussi un plaisir de retrouver les endroits underground. Un plaisir différent. Pour une manière de jouer, directe, au contact et en version débridée.
On ne peut hiérarchiser les deux endroits, ils sont nécessaires et complémentaires. Mais comment ne pas sauter de joie aussi, à penser le son ce soir comme les Ramones ! Trop fort, sale, extrême et à l'arraché.

Arrivée prévue 20h. Concert après les 3 groupes, peut être. Une sono. Oui, mais personne ne sait laquelle... Yeah Yeah Yeah !!




jeudi 1 décembre 2011

Et... la mer ! Juste derrière moussaillon !

Changement d'angle. l'Extravagant Quotidien devient reporter le temps d'une tournée de Filiamotsa Soufflants Rhode. Histoire de peindre de l’intérieur le banal et l'extra de la vie d'un groupe de musique. 







Carnet de tournée - 3 (la suite en direct, tellement ça va vite ouLaval-Brest) : la loose, mais c'est chouette.

Changement d'angle. l'Extravagant Quotidien devient reporter le temps d'une tournée de Filiamotsa Soufflants Rhode. Histoire de peindre de l’intérieur le banal et l'extra de la vie d'un groupe de musique. 





jeudi 1 décembre - 14:19.
Comment dire mais comment dire. On espérait avec ce suivi live d'une tournée (comme ça, l'air de rien), toucher un peu des yeux un peu de soi un peu de ce qu'était l'équipée d'un groupe de musique. Mais pouvait-on prévoir une telle épopée, l'Odyssée, la route du rhum et du Rock, la baguenaude rocambolesque vers Brest - belle gonzesse trop inaccessible ?
Une histoire à tiroir comme sorti d'un chapeau à suspens pour alimenter en fantasmes le quotidien des journées ; qui l'eut cru, qui l'eut cru !



Narration, situation.
L'épisode précédent, haletant, à laissé Filiamotsa Soufflants Rhode repartir en taxi-ambulance de Brice les Coges* et de son fameux hôtel "Le Lion d'Or" (le taxi-man à étoile bleue est évidemment un ex-comique "one man show" qui à, après 10 ans d'intermittence, raccroché des ballons - les surprises de la vie sont immenses, quand même).
Le temps de charger discuter repartir et ... re-panne, à 30 km du garage. Bon. 4ème catastrophe. A ce stade, les statistiques flanchent franchement et le quidam lambda se demande qui tient la poupée voodoo - voilà les marionnettes du destin qui s'en mêlent, ce n'est pas banal. "Re-réparation" (un joint torique oublié lors de la précédente) et hop ! hop ! hop ! le VW, cheval de course, blanc de couleur brulant de cœur est en marche. Arrivée prévue à La Carène de Brest, belles courbes marines, vers 17h30 au lieu de 16h30, heure de balance de la feuille de route. Ce sera donc un sound-check pour tout le monde et un concert fend la bise sur les quais joliment iodés.



A l'instant (15:51) l'autoradio est kaput. Il vient de lâcher. Bien sur, il pleut, à verse.

Factuellement, tout ceci prend des allures de série noire (quelle est cette magie ?) et de galère, mais en vérité, vivre une tournée c'est espérer sur-vivre. En rock, l'énergie de la musique vient directement de l'engagement et celui-ci, parfois, n'est jamais plus grand que lorsque rien ne se passe comme prévu et plutôt à l'arraché. Le son punk est aussi un son de l'urgence, des têtes baissées et de l'inconscience joyeuse. Il faut sauter sur scène comme on saute sur l'occasion. Un geste non-réfléchi mais nourri d'une manière de construire, d'une manière d'oser. Teen Spirit.


Pour les néophytes : les balances servent normalement à faire le son "de façade" (équilibre de la sonorisation des instruments pour donner une image fidèle au son acoustique du groupe ou à sa volonté esthétique, qui peut être artificiellement transformée par l'amplification) et le son "des retours", c'est à dire le son sur scène permettant à chacun, dans une ambiance forte, de bien entendre les différents musiciens.
Le sound-check n'est qu'une vérification rapide que tout fonctionne et plus avant une mini-balance avant le concert. Il est courant en rock underground d'avoir des balances qui s'équilibrent au fur et à mesure du concert. La complicité et le savoir-faire des ingénieurs du son du lieu est toujours primordial, c'est une question de gestion des priorités, lorsque le temps manque.

Jouer sonorisé est une expérience particulière que ne partage pas tous les musiciens. Jouer le plus acoustique possible est pour beaucoup un nirvana car cela permet de garder les sons naturels et les profondeurs de champs de l'espace acoustique. Le lointain géographique  d'un timbre ne sera jamais le faible volume d'une sonorisation. La façade n'est souvent (sauf excellence) qu'une image 2D et recréée d'un volume. C'est une conception parfois stylistique (idéologique ou culturelle aussi) des rôles ou même des codes de telle ou telle musique.
Mais pas que. La sonorisation, l'amplification du phénomène acoustique peut parfois être la création d'un nouvel univers. En complicité avec les producteurs de son sur scène, c'est alors une musique "original" que l'on poursuit, une musique dont l'amplification, le volume sonore (physique, puissant ou minimal), le retraitement, entrent en jeu. Et même sans chercher des sons étranges, certaines musiques ne pourraient exister sans un volume extrême (on pense aux effets Larsen ou aux sub-basses), donnant alors du corps, de la pression et du mouvement à l'air ambiant (cela ne parait donc pas anormal de mettre des protections auditives tout en gardant l'effet d'oppression et de masse sonore).

Il y a d'ailleurs une magie du danger ou du suspens ou de la tension dans des amplis à volume maximum sans même encore y envoyer un signal extérieur. Ce souffle revêt souvent un caractère musical et vivant en soi, comme un cataclysme en marche, une catastrophe sonore en préparation... drôle d'équilibre et de paradoxe entre l'apocalypse brutale possible et la douceur d'un bruit présent.
Mais il s'agit là des conséquences d'une sonorisation de scène pour une salle (souvent de musique actuelle), sans aborder les merveilles de l'électroacoustiques, forme d'amplification aux horizons inouïs qui est un tout autre domaine. Dommage, car, de ces mille bruits "parasites" jaillit tout un monde extraordinaire de bruits blancs, roses ou gris, de craquements, de souffles, de grésillements et de sons indistinctes qui transportent qui enveloppent et qui font vivre la belle émotion des sensations d'une première fois. C'est la beauté de ses scènes, cambrées, en suspend, où tout est en attente de plaisir.


Suite au sound-check et autres billevesées de 18h30... il va forcément arriver autre chose. Le mauvais œil, sacré farceur, est là...

Go, Brest !

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hôtel Le Lion d'Or - wifi gratuit of course


Aux dernières nouvelles, le camion repart. Un taxi, et hop hop hop l'équipe sera en route pour les balances de Brest à 16h30. Bye bye Saint Brice en Cogles. Au final de cette étape on peut dire que l'aventure n'est encore  qu'un début (qui sait qui sait qui sait) et que Filiamotsa Soufflants Rhode à gagné une nuit d’hôtel ** au lieu du Formule 1 prévu dans la rade.
Au lit on dort, très bien.

Suite au prochaine épisode, qui ne saurait tarder...

...


Carnet de tournée - 2 (la panne) : le cas d'école.

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3:53. On parlait justement dans le billet précédent de cet "autre monde" qu'est la tournée. Endroit ou envers de l'exceptionnel et de l'inadvertance. Et voilà Filiamotsa Soufflants Rhode en panne. Naufrage et échouage avant la mer.

Le topo : une première panne sèche (la jauge diesel joue des tours), une deuxième pour la même affaire quelques km plus loin (une erreur de GPS pour trouver la station) et une troisième pour une batterie vide et un problème de filtre (le Van est définitivement en rade... non, pas de Brest). 
Les hôtels de Laval étant archi-bondés (un match), le groupe des 5 se retrouve par taxi et assistance au "Lion d'Or"* (hôtel 2 étoiles) à 60 km - à St Brice en Gogles.

La question. Si le camion est réparé avant midi, il est possible de rejoindre Brest avant la balance de 16h30 et le concert. 
Si non... impossible de prendre le train (trop de materiel), peut-être une location de camion ? Mais l’assurance prend en charge Laval-Nancy, pas Brest-Nancy...

... suite au prochain épisode, qui pourrait ne pas être un havre de paix.







Carnet de tournée - 1 (16h00-04h00 ou Nancy-Brest) : tonnerre de Brest ! La Carène, nous voici !

Changement d'angle. l'Extravagant Quotidien devient reporter le temps d'une tournée de Filiamotsa Soufflants Rhode. Histoire de peindre de l’intérieur le banal et l'extra de la vie d'un groupe de musique. 





Et voilà Filiamotsa Soufflants Rhode* on the road. Camion VW plein à craquer de la petite communauté des musiciens (3 garçons, 2 filles plus le sondier, plombier des db de concert) qui vont jouer, à La Carène*, à Brest, le 1 décembre.




Pour celui qui ne connait pas l'esprit des trajets c'est souvent une surprise de constater que finalement c'est tout un monde à part qui se recréé, avec son vocabulaire imagé, et abscons (bestiaire argotique d'initiés), ses histoires confidentielles et ses destinées mélangées - il faut voir, pour s'en saisir, les films "Tournée" et "La mer monte" à la description tellement vraie.
Partir en groupe c'est se couper de la réalité à coup de présent concret. Quelle soit longue ou courte (la virée), l'effet est le même, un détachement à la vitamine, un dopage d'existence et ce sentiment inestimable de remplir les journées à coup d'instantanés. L'éclat des secondes.




Mais en attendant les moments précieux d'une seule et unique et éphémère heure de scène, chacun tente sa solitude de groupe, plaisir paradoxal qui s'installe pendant les 11 heures de voyage en camion (départ de Nancy à 16h juste après la résidence "Desideria", arrivée à Brest vers 4h - c'est prévu, mais qui sait).



Jouer des coudes avec les proximités c'est parfois lire (La malédiction Hilliker de James Ellroy) en écoutant Obscured by clouds des Pink Floyd, quand pour d'autre c'est le visionnage d'un film, l'écriture anticipée d'un blog - si l'envie surgie et que la batterie du Mac suit, ce sont aussi les premières captations du futur film de tournée, les dialogues en direct sur Facebook mobile, les SMS, de ci, de là, les instants photographiques impossibles à manquer (tiens, et pourquoi pas une série sur les feux arrières de camion...), les discussions politique ou de futurs succès de perspectives ou de stratégies, ou le relais de conduite, les jeux chronophages (F-SIM Shuttle ou comment faire atterrir correctement la navette spatiale, ce planeur qui tombe comme un fer à repasser), la drôle d'activité impersonnelle des station-services que l'on connait si bien (à force, et pour un café "authentique" ou une gaufre de Liège), et cet état à nul autre pareil, comme un vol de nuit écrit par Saint Exupéry - les pensées qui se rassemblent tournoient et poussent à toucher ce qui conserve le passé, dans l'ambre doucement réveillée, la mémoire soulevée et les émotions imprimés.


 



Les envies, aussi, qui se dessinent, simplifiées par le temps et la tranquillité de la route. Lost in translation.

Etrangement, "la tournée" est un vol plané, on le sait, ça va arriver. Brinquebalés entre les restaurants les hôtels ou les attentes, précipités au milieu des balances, des sound-check ou des rencontres furtives d'une salle qui prépare sa soirée, tout se joue sans moteur et comme porté.
Un groupe ne fait qu'arriver. Il se sertie dans l'organisation des lieux et essaye de retrouver dans le fatras ce qui fait son unité. A chaque salle son défi. Celui de dénicher rapidement, solidement et "ici" le son de "Filiamotsa Soufflants Rhode".
Une formation musicale qui se construit sur l'alliage des personnalités et des timbres singuliers est une formation qui extrait la musique du "son". C'en est le grain, le parfum, la substance vivace et vivante. Retrouver l'énergie qui lie tout cela est une nécessité qui va au delà de la "note" et de l'exécution. Le son est une matière qui doit couler d'un savoir sans savoir, le résultat d'une expérience collective de musique. L'architecte des sensations.


Aucune tournée n'évite les exploits et les gamelles, les miracles et les acrobaties de dernière minute. Pourtant, que ce soit ceci ou cela qui ne marche plus, ou le son des retours devenu soudain si catastrophique, il existe toujours ce qui est poursuivi et ce qui fait courir, cet instant que l'on aimerait tant retrouver, ce je-ne-sais-quoi qui fait décoller au milieu des banalités techniques. Un rapport extatique à la matière acoustique, le sens d'une mystique ou ce présent chaud et vivant qui se construit.
Et pas très loin, ce sentiment de grandir, de pouvoir et d'aimer naviguer dans un territoire qui n'est pas la simple somme des musiciens, un pays encore inconnu de tous et qui s'extrait du temps et des contingences. Un cantique des quantiques, une extravagance immense issue du quotidien.


La nuit vient de s'effondrer sur le VW qui file vers Brest. Il n'est que 19:33, Pink Floyd n'en finit pas de jouer et l'écran sans connexion du computer d'Apple fait semblant de converser. Sans wifi, sans 3G (entre Nancy et Paris, il y à cette grande étendue de blé...on l'appel le grenier), la vie semble s'être arrêtée, drôle de dépendance à une sur-réalité virtuelle qui s'exprime dans une réalité aux allures tout aussi virtuelles. Les extra-territorialitées.




11 heures donc, et d'un coup le road trip prend toute son ampleur, et toute sa langueur.

Demain soir il faudra jouer, demain soir ou pourra plonger.