samedi 21 décembre 2013

Où vas-tu ? Où vas-tu ?

le cimetière de Staglieno*


Devant derrière par ci par là, dans ce présent surprenant, les curiosités ambiantes. A chaque courbe l'idée qu'il se passe, à chaque angle le sourire d'une marque ou d'un parfum de passage, l'air du temps qui se faufile entre les lignes et les profondeurs éclectiques. L'art des intuitions et les corps embarqués dans l'aventure intérieur. C'est un trip une Odyssée, la sensation en léger décalage d'une réalité trop glacée. 
Voilà pourquoi, parmi d'autres, il existe ces Mondes parallèles, confidentiels et top secret, ces territoires à perte de vue et de pensée, ces dimensions sans extrémités, grandes étendues étendues là et offertes aux possibilités enchantées. Dans l'érotisme pourquoi pas mais dans les chants invisibles surtout qui sifflent et illuminent.



En passant par là.


Pensée et perdue.

photo Ulises Piedra


vendredi 20 décembre 2013

jeudi 19 décembre 2013

Les pourquoi permanents.


 Marcel Duchamp


Recherche et sentiments qui s'accompagnent. Finalement c'est une danse, un mouvement, le creusement des affections, un terrible dénuement. En cela le son, l'art ou cette quête ne sont que des passions libérées des contraintes, une effervescence brulante, un désir assoiffé. Peut être aussi que les corps nus, animés d'amours ou d'aventures imaginent ces états intérieurs et ces tempêtes sans destination précise.

Au cœur des trouvailles et des expéditions réside ce mystère. Le sombre et la lumière, le besoin sans fond d'un pourquoi qui traine, et, pour inventer inventer inventer, l'entier dérèglement de tous les sens.



Remenber.

mercredi 18 décembre 2013

Au delà du visible.

Felix Vallotton



Les minuscules musiques invisibles, qui flottent entre les présences, ou les absences, elles ne vont pas droit elles ne vont pas droit, elles se faufilent oui et instillent, un gout des prés, un juste à côté comme si de rien n'était comme si c'était, l'été. Entre deux ou délaissées, vaporeuses et  intuitives, ce sont elles qui donnent aux journées le plaisir de continuer les nuits rêvées, parfumées.



Au ras des paquerettes.





Polar noir de nuit.

mardi 17 décembre 2013

La vie drôle.



Et finalement, aussi léger qu'une plume ou une idée ou une envie, les journées curieuses se donnent des airs de fraicheurs. Ce pourrait être un mode de vie, off des objectifs et on des subjectifs. Passer de là à là (avec beaucoup d'accents) sans trop s'y attarder, ou alors plonger, la tête la première et le reste qui suit dare-dare dans l'art et le son des choses, l'émotion et la création de ce qui n'était pas là là juste avant cet instant.



lundi 16 décembre 2013

dimanche 15 décembre 2013

JAD - aujourd'hui - Nancy.

au Petit Baz'Art, site Alsthom à 16h

Les jolies solitudes.

Felix Vallotton


A jouer pour l'idée, le plaisir et le rien. Avec tout un orchestre de pensées, des pupitres de souvenirs et des envolées remplies d'envies. Le temps est ainsi à soi, redessiné selon ses souhaits et les respirations libres, au cœur d'un amour et de débauches solitaires. Au fond de nos yeux fermés dansent des notes et des acoustiques volages et illuminées, valses d'un ensemble éclatant et lumineux ; c'est fou quand on y pense ces joies seules et libérées qui galopent au milieu des cuivres et des cordes effrénées. Et au delà des frontières, des Antilopes cambrées de belle couleur fauve, des possibilités sans limites et des envolées inespérées, tout un Monde qui une fois pénétré donne aux vies une raison de se laisser aller.

Oui, c'est avec tout ce beau monde que l'on joue seul, passionné.


Ah ca Vallotton.





samedi 14 décembre 2013

"where's the button ?"

http://www.wimp.com/musicbellowphone/
les joies de l'invention... ça se clique !

Et oui, c'est prouvé.

vendredi 13 décembre 2013

JAD se paie décembre.

 
 

JAD le 14 à la MCL de Metz, 
le 15 à 16h au Petit Bazar de Nancy,
et le 21 au Gueulard de Nilvange
hop !


Et le chat noir, vous y pensez au chat noir ? Vendredi 13 !

lundi 9 décembre 2013

Doutes & idéal.

Eden Market (Cie La Soupe) en fabrication...


L'envie l'idée le long et lent travail d'exploration fertile et enthousiaste, sombre et désespéré, sans espoir et utopique, relevé ou délaissé, donnent bien sur au présent une vérité, mais ce n'est que celle, éphémère, qui se construit au fur et à mesure d'un mécano imprévisible, sans foi ni lois. 

Entre ce que l'on désire et ce que l'on réalise il y a parfois un doute. L'incertitude minime qui s'infiltre - vénéneuse et motivante. L'art et sa création est une relation trouble, sans évidences.

Et voilà ainsi le noir. L'univers indécis. Ce moment sans savoirs ni perspectives, le Grand Doute qui déboule.


dimanche 8 décembre 2013

Tuyau d'échappement musical.





Ou l'art des bienheureux en musique. La petite comme la grande, celle que l'on écoute et celle que l'on invente un vélo dans la tête - et qui trotte. C'est un moyen physique pour la métaphysique, une ode à l'échappement sonore, ce truc lalala pour ne plus poser pied sur terre, very good trip hallucimélodique.

On a tous au cœur une douceur chantante (un Gotainer par exemple), la signature d'une idée ou d'une envie ou d'une jolie rencontre, l'état d'âme épinglé, pour ne plus se quitter.


Encore....

samedi 7 décembre 2013

Un vélo dans la tête...





et la tête dans le guidon.



... d'où le vide de cette partie minuscule de l'univers




Yo MIA.

vendredi 6 décembre 2013

C'était et ce sera.

 
 
City Hall du Cap, 11 février 1990
Amandla! Amandla! [la foule répond: Ngawethu] [1] i-Afrika, [la foule répond: mayibuye!] [2]
Mes amis, camarades et compatriotes Sud-Africains [3], je vous salue tous au nom de la paix, de la démocratie et de la liberté pour tous [4]. Je suis ici devant vous non pas comme un prophète mais comme un humble serviteur du peuple [5].
Vos sacrifices inlassables et héroïques m’ont permis d'être ici aujourd'hui [6]. Je remets donc les dernières années de ma vie dans vos mains.
 En ce jour de ma libération, j’exprime ma gratitude sincère et chaleureuse aux millions de mes compatriotes et à ceux qui de tous les coins du monde ont fait campagne sans relâche pour ma libération [7].
Je salue tout particulièrement les habitants de Cape Town, ville qui a été ma demeure pendant trois décennies [8]. Vos manifestations de masse et d'autres formes de lutte ont été une source constante de force pour tous les prisonniers politiques [9].
Je salue l’African National Congress [10]. Il a rempli toutes nos attentes dans son rôle de leader de la grande marche vers la liberté
Je salue notre président, le camarade Oliver Tambo [11], qui a dirigé l'ANC dans les circonstances les plus difficiles.
Je salue les membres de base de l’ANC. Vous avez sacrifié vos vies et votre intégrité physique dans la poursuite de la noble cause de notre lutte.
Je salue les combattants de l’Umkhonto we Sizwe [12] […], qui ont payé le prix ultime pour la liberté de tous les Sud-Africains.
Je salue le Parti communiste sud-africain [13] pour sa contribution constante à la lutte pour la démocratie. Vous avez survécu à 40 ans de persécution implacable […]. Je salue le secrétaire général Joe Slovo [14], un de nos meilleurs patriotes […].
 Je salue le United Democratic Front [15] […].
Je salue également le Black Sash [16] et la National Union of South African Students [17].
Nous notons avec fierté que vous avez agi comme la conscience des Sud-Africains blancs. Même pendant les jours les plus sombres de l'histoire de notre lutte, vous avez tenu haut le drapeau de la liberté. […]
 Je rends hommage aux nombreuses communautés religieuses [18] qui ont fait avancer la cause de la justice lorsque les organisations de notre peuple ont été réduites au silence. Je salue les chefs traditionnels de notre pays [19] […].
 Je rends hommage aux héros infatigables de la jeunesse. Vous, les jeunes lions. Vous lesjeunes lions avez dynamisé toute notre lutte [20].
 Je rends hommage aux mères, épouses et sœurs de notre nation. Vous êtes les fondations, dures comme la roche, de notre lutte. L’apartheid vous a infligé plus de douleurs qu’à n’importe qui d'autre. […]
Avant d'aller plus loin, je veux souligner que j'ai l'intention de ne faire que quelques observations préliminaires à ce stade. Je ferai une déclaration plus complète seulement après que j'aie eu l'occasion de consulter mes camarades [21].
 Aujourd'hui, la majorité des Sud-Africains, noirs et blancs, reconnaît que l'apartheid n'a pas d'avenir [22]. Il doit y être mis un terme par des actions de masse décisives, afin de consolider la paix et la sécurité. Les campagnes de défiance massives et d'autres actions de nos organisations et du peuple ne peuvent qu’aboutir àl'instauration de la démocratie [23].
Les destructions causées par l'apartheid dans notre sous-continent [24] sont incalculables. Le tissu de la vie familiale de millions de personnes de mon peuple a été déchiré. Des millions de personnes sont sans maison et sans emploi. […]
Les facteurs qui ont motivé la lutte armée existent encore aujourd'hui. Nous n'avons pas d'autre choix que de continuer [25]. Nous exprimons l'espoir qu'un climat favorable à un règlement négocié [26] sera créé prochainement, de façon à rendre inutile la lutte armée [27].
Je suis un membre loyal et discipliné de l'African National Congress. Je suis donc entièrement d'accord avec l'ensemble de ses objectifs, ses stratégies et ses tactiques. […]
Je me sens le devoir de dire clairement qu’un chef du mouvement est quelqu’un qui a été élu démocratiquement lors d'une conférence nationale [28]. C'est un principe qui doit être respecté sans aucune exception.
Aujourd'hui, je tiens à vous dire que mes pourparlers avec le gouvernement ont visé à normaliser la situation politique dans le pays. Nous n'avons pas encore commencé à discuter des exigences fondamentales de la lutte [29]. Je tiens à souligner que je n'ai moi-même à aucun moment engagé de négociations sur l'avenir de notre pays, sauf pour insister sur une réunion entre l'ANC et le gouvernement.
M. de Klerk a fait plus que tout autre président nationaliste [30] en prenant des mesures concrètes pour normaliser la situation [31]. Cependant, il y a d'autres étapes […] qui doivent être remplies avant que les négociations sur les revendications fondamentales de notre peuple puissent commencer. Je réitère notre appel en faveur notamment de la levée immédiate de l'état d'urgence et de la libération de tous, et pas seulement certains, prisonniers politiques. […]
Les négociations sur le démantèlement de l'apartheid devront satisfaire la forte demande de notre peuple en faveur d’une Afrique du Sud démocratique, non raciale et unitaire [32]. Il faut mettre fin au monopole blanc sur le pouvoir politique. […]
Notre lutte a atteint un moment décisif. Nous appelons notre peuple à saisir ce moment pour que la transition vers la démocratie soit rapide et ininterrompue. Nous avons attendu trop longtemps pour notre liberté. Nous ne pouvons plus attendre. Il est temps à présent d'intensifier la lutte sur tous les fronts. Relâcher nos efforts maintenant serait une erreur que les générations à venir ne pourront pas pardonner. […] Nous appelons la communauté internationale à poursuivre la campagne pour isoler le régime d'apartheid [33]. Lever les sanctions maintenant ferait courir le risque de faire avorter le processus d'éradication totale de l'apartheid. […]
En conclusion, je tiens à aller à mes propres paroles lors de mon procès en 1964. Elles sont aussi vraies aujourd'hui qu'elles l'étaient alors. J'ai écrit: « J'ai combattu la domination blanche et j'ai combattu la domination noire. J'ai caressé l'idéal d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient ensemble en harmonie et dans l’égalité des chances. C'est un idéal pour lequel j'espère réaliser et connaître. Mais s'il le faut, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir » [34]. 
[En xhosa : Mes amis, je n'ai pas de mots d'éloquence à offrir aujourd'hui sauf pour dire que le reste de mes jours est entre vos mains].
J'espère que vous vous disperserez avec discipline. Ne faites rien qui puisse faire dire à d’autres que nous ne savons pas contrôler notre propre peuple [35].


 

Que dire que dire que dire....


jeudi 5 décembre 2013

One again.

Eden Market* - nouvelle création de La Soupe



Illusions & passions, c'est reparti pour un tour, magiemagiemagie, où finalement le plaisir d'y croire dépasse la simple réalité. Inventer inventer inventer tournebouler ce qui ne peut se résumer à ce qui se voit, tromper l'ennui la vie et tout le toutim pour ne garder que ce qui fait voler.
Mais rien n'est jamais gagné à ce petit jeu des mécaniques poétiques, l'incertaine idée qui s'échappe, la fée illogique, et l'envie qui se faufile sur les pas de celle qui ne se laisse pas séduire, et voilà la banalité qui ressurgit. Alors il faut tenter. Oser gouter, profiter ivre des folies interdites autorisées le temps d'un plateau ou rien ne compte si ce n'est ce qui est créé.





 
 
 

mercredi 4 décembre 2013

On ne dirait pas.



Que beaucoup de belles choses trainent là, à la lumière éphémère des jours qui s'étendent d'un rayon de soleil d'hiver. Et pourtant, pendant quelques instants très courts, juste après que la rosée gelée ne s'efface des contours, une image persiste et frissonne. C'est le trouble des beautés passagères, celles qui ne laissent qu'un souvenir de visite, une idée parfumée aux douceurs hors du temps.


mardi 3 décembre 2013

Banalité pour l'extraordinaire.




On pourrait croire que tout se fait comme ça... d'un claquement de doigt, d'un battement de batterie ou d'un balancement de riff, mais voilà que même les Totems montrent le vrai visage, joyeux, de la composition des futurs tubes peut être mais des vraies aventures spontanées surement. 
Et cela, ce secret éventé d'initié, cette cachoterie de polichinelle, cette simplicité des recherches et des bidouilles, cette quête du son et des équilibres miraculeux, ce truc qui fait tout tenir en l'air, cet invraisemblable qui détache des réalités, ce rien, le voilà, là, à poil, tel quel, dans une banalité bancale et une sincérité féroce et enlevée à tomber par terre.


Les sens des sons.



lundi 2 décembre 2013

...




 







UN COUP DE DÉS
JAMAIS
QUAND BIEN MÊME LANCÉ DANS DES CIRCONSTANCES
ÉTERNELLES
DU FOND D'UN NAUFRAGE
SOIT
que
l'Abîme
blanchi
étale
furieux
sous une inclinaison
plane désespérément
d'aile
la sienne
par
avance retombée d'un mal à dresser le vol
et couvrant les jaillissements
coupant au ras les bonds
très à l'intérieur résume
l'ombre enfouie dans la profondeur par cette voile alternative
jusqu'adapter
à l'envergure
sa béante profondeur en tant que la coque
d'un bâtiment
penché de l'un ou l'autre bord
LE MAÎTRE
hors d'anciens calculs
où la manoeuvre avec l'âge oubliée
surgi
inférant
jadis il empoignait la barre
de cette conflagration
à ses pieds
de l'horizon unanime
que se
prépare
s'agite et mêle
au poing qui l'étreindrait
comme on menace
un destin et les vents
l'unique Nombre qui ne peut pas
être un autre
Esprit
pour le jeter
dans la tempête
en reployer la division et passer fier
hésite
cadavre par le bras
écarté du secret qu'il détient
plutôt
que de jouer
en maniaque chenu
la partie
au nom des flots
un
envahit le chef
coule en barbe soumise
naufrage cela
direct de l'homme
sans nef
n'importe
où vaine
ancestralement à n'ouvrir pas la main
crispée
par delà l'inutile tête
legs en la disparition
à quelqu'un
ambigu
l'ultérieur démon immémorial
ayant
de contrées nulles
induit
le vieillard vers cette conjonction suprême avec la probabilité
celui
son ombre puérile
caressée et polie et rendue et lavée
assouplie par la vague et soustraite
aux durs os perdus entre les ais

d'un ébat
la mer par l'aieul tentant ou l'aieul contre la mer
une chance oiseuse
Fiançailles
dont
le voile d'illusion rejailli leur hantise
ainsi que le fantôme d'un geste
chancellera
s'affalera
folie
N'ABOLIRA
COMME SI
Une insinuation
simple
au silence
enroulée avec ironie
ou
le mystère
précipité
hurlé
dans quelque proche
tourbillon d'hilarité et d'horreur
voltige
autour du gouffre
sans de joncher
ni fuir
et en berce le vierge indice
COMME SI
plume solitaire éperdue
sauf
que la rencontre ou l'effleure une toque de minuit
et immobilise
au velours chiffonné par un esclaffement sombre
cette blancheur rigide
dérisoire
en opposition au ciel
trop
pour ne pas marquer
exigûment
quiconque
prince amer de l'écueil
s'en coiffe comme de l'héroique
irrésistible mais contenu
par sa petite raison virile
en foudre
soucieux
expiatoire et pubère
muet
rire
que
SI
La lucide et seigneuriale aigrette
de vertige
au front invisible
scintille
puis ombrage
une stature mignonne ténébreuse
debout
en sa torsion de sirène
le temps
de souffleter
par d'impatientes squames ultimes
bifurquées
un roc
faux manoir
tout de suite
évaporé en brumes
qui imposa
une borne à l'infini
C'ÉTAIT
LE NOMBRE
issu stellaire
EXISTÂT-IL
autrement qu'hallucination éparse d'agonie
COMMENÇÂT-IT ET CESSÂT-IL
sourdant que nié et clos quand apparu
enfin
par quelque profusion répandue en rareté
SE CHIFFRÂT-IL
évidence de la somme pour peu qu'une
ILLUMINÂT-IL
CE SERAIT
pire
non
davantage ni moins
indifféremment mais autant
LE HASARD
Choit
la plume
rythmique suspens du sinistre
s'ensevelir
aux écumes originelles
naguères d'où sursauta son délire jusqu'à une cime
flétrie
par la neutralité identique du gouffre
RIEN
de la mémorable crise
ou se fût
l'événement
accompli en vue de tout résultat nul
humain
N'AURA EU LIEU
une élévation ordinaire verse l'absence
QUE LE LIEU
inférieur clapotis quelconque comme pour disperser l'acte vide
abruptement qui sinon
par son mensonge
eût fondé
la perdition
dans ces parages
du vague
en quoi toute réalité se dissout
EXCEPTÉ
à l'altitude
PEUT-ÊTRE
aussi loin qu'un endroit
fusionne avec au delà
hors l'intérêt
quant à lui signalé
en général
selon telle obliquité par telle déclivité
de feux
vers
ce doit être
le Septentrion aussi Nord
UNE CONSTELLATION
froide d'oublie et de désuétude
pas tant
qu'elle n'énumère
sur quelque surface vacante et supérieure
le heurt successif
sidéralement
d'un compte total en formation
veillant
doutant
roulant
brillant et méditant
avant de s'arrêter
à quelque point dernier qui le sacre
Toute Pensée émet un Coup de Dés 
 
 

dimanche 1 décembre 2013

Rapport non protégé.




Parfois la (petite) musique est un acte d'amour, un poème, une envie libre. Mais oui, les grands mots pour ce simple son qui se fabrique, en direct. C'est une pensée folle, le désir qui se faufile et guide les sensations à construire.
Elle est faite de ce qui est, là, oui, mais aussi de ce qui fait vivre, avant après, devant derrière, des souvenirs des bientôt des passés ou de simples faits. Mais toujours ces corps brinquebalés par les esprits et les cœurs passionnés. La raison déréglées.
Ou alors elle n'est pas. Comment imaginer ne pas la faire à poil cette musique, complétement ivre de vouloir la boire à l’excès, trempé de ses licences, baigné de ses libertés et des ses indépendances, complétement retourné pas ses audaces. Époustouflé.

C'est une métaphore bien sur mais pas tant pas tant, tellement les anatomies se trouvent emportés et les consciences saoulées. Ça transpire, bienheureux ! Et c'est bien comme cela qu'il faut y plonger. Sans morale ni contrôle, sans logique ni prudence, bouleversé bien sur et excité, assoiffé, littéralement envouté par les plaisirs qui y sont associées. Et la métaphysique (amante des simples réalités) en étoile !


Par ci.






Il est grand temps de rallumer les étoiles.

______________


Devant le rideau baissé, le Directeur de la Troupe, en habit, une canne de tranchée à la main, sort du trou du souffleur.


Scène unique


L e  D i r e c t e u r  d e  l a  T r o u p e

Me voici donc revenu parmi vous
J'ai retrouvé ma troupe ardente
J'ai trouvé aussi une scène
Mais j'ai retrouvé avec douleur
L'art théâtral sans grandeur sans vertu
Qui tuait les longs soirs d'avant la guerre
Art calomniateur et délétère
Qui montrait le péché non le rédempteur

Puis le temps est venu le temps des hommes
J'ai fait la guerre ainsi que tous les hommes

C'était au temps où j'étais dans l'artillerie
Je commandais au front du nord ma batterie
Un soir que dans le ciel le regard des étoiles
Palpitait comme le regard des nouveau-nés
Mille fusées issues de là tranchée adverse
Réveillèrent soudain les canons ennemis

Je m'en souviens comme si cela s'était passé hier

J'entendais les départs mais non les arrivées
Lorsque de l'observatoire d'artillerie
Le trompette vint à cheval nous annoncer
Que le maréchal des logis qui pointait
Là-bas sur les lueurs des canons ennemis
L'alidade de triangle de visée faisait savoir
Que la portée de ces canons étaient si grande
Que l'on n'entendait plus aucun éclatement
Et tous mes canonniers attentifs à leurs postes
Annoncèrent que les étoiles s'éteignaient une à une
Puis l'on entendit de grands cris parmi toute l'armée

ILS ÉTEIGNENT LES ÉTOILES A COUPS DE CANON

Les étoiles mouraient dans ce beau ciel d'automne
Comme la mémoire s'éteint dans le cerveau
De ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir
Nous étions là mourant de la mort des étoiles
Et sur le front ténébreux aux livides lueurs
Nous ne savions plus que dire avec désespoir

ILS ONT MÊME ASSASSINÉ LES CONSTELLATIONS

Mais une grande voix venue d'un mégaphone
Dont le pavillon sortait
De je ne sais quel unanime poste de commandement
La voix du capitaine inconnu qui nous sauve toujours cria

IL EST GRAND TEMPS DE RALLUMER LES ÉTOILES

Et ce ne fut qu'un cri sur le grand front français

ÀU COLLIMATEUR A VOLONTÉ

Les servants se hâtèrent
Les pointeurs pointèrent
Les tireurs tirèrent
Et les astres sublimes se rallumèrent l'un après l'autre
Nos obus enflammaient leur ardeur éternelle
L'artillerie ennemie se taisait éblouie
Par le scintillement de toutes les étoiles

Voilà voilà l'histoire de toutes les étoiles

Et depuis ce soir-là j'allume aussi l'un après l'autre
Tous les astres intérieurs que l'on avait éteints

Me voici donc revenu parmi vous

Ma troupe ne vous impatientez pas

Public attendez sans impatience

Je vous apporte une pièce dont le but est de réformer les mœurs
Il s'agit des enfants dans la famille
C'est un sujet domestique
Et c'est pourquoi il est traité sur un ton familier
Les acteurs ne prendront pas de ton sinistre
Ils feront appel tout simplement à votre bon sens
Et se préoccuperont avant tout de vous amuser
Afin que bien disposés vous mettiez à profit
Tous les enseignements contenus dans la pièce
Et que le sol partout s'étoile de regards de nouveau-nés
Plus nombreux encore que les scintillements d'étoiles

Ecoutez ô Français la leçon de la guerre
Et faites des enfants vous qui n'en faisiez guère
On tente ici d'infuser un esprit nouveau au théâtre
Une joie une volupté une vertu
Pour remplacer ce pessimisme vieux de plus d'un siècle
Ce qui est bien ancien pour une chose si ennuyeuse
La pièce a été faite pour une scène ancienne
Car on ne nous aurait pas construit de théâtre nouveau
Un théâtre rond à deux scènes
Une au centre l'autre formant comme un anneau
Autour des spectateurs et qui permettra
Le grand déploiement de notre art moderne
Mariant souvent sans lien apparent comme dans la vie
Les sons les gestes les couleurs les cris les bruits
La musique la danse l'acrobatie la poésie la peinture
Les chœurs les actions et les décors multiples

Vous trouverez ici des actions
Qui s'ajoutent au drame principal et l'ornent
Les changements de ton du pathétique au burlesque
Et l'usage raisonnable des invraisemblances
Ainsi que des acteurs collectifs ou non
Qui ne sont pas forcément extraits de l'humanité
Mais de l'univers entier

Car le théâtre ne doit pas étre un art en trompe-l'œil

Il est juste que le dramaturge se serve
De tous les mirages qu'il a à sa disposition
Comme faisait Morgane sur le Mont-Gibel
Il est juste qu'il fasse parler les foules les objets inanimés
S'il lui plaît
Et qu'il ne tienne pas plus compte du temps
Que de l'espace

Son univers est sa pièce
À l'intérieur de laquelle il est le dieu créateur
Qui dispose à son gré
Les sons les gestes les démarches les masses les couleurs
Non pas dans le seul but
De photographier ce que l'on appelle une tranche de vie
Mais pour faire surgir la vie même dans toute sa vérité
Car la pièce doit être un univers complet
Avec son créateur
C'est-à-dire la nature même
Et non pas seulement
La représentation d'un petit morceau
De ce qui nous entoure ou de ce qui s'est jadis passé

Pardonnez-moi mes amis ma troupe

Pardonnez-moi cher Public
De vous avoir parlé un peu longuement
Il y a si longtemps que je m'étais retrouvé parmi vous

Mais il y a encore là-bas un brasier
Où l'on abat des étoiles toutes fumantes
Et ceux qui les rallument vous demandent
De vous hausser jusqu'à ces flammes sublimes
Et de flamber aussi

O public
Soyez la torche inextinguible du feu nouveau
 
Guillaume Appolinaire
 

Histoire.