samedi 20 novembre 2010

Le flirt.



Une légère brise souffle sur les numériques, SMS, MMS et jolis lampadaires de pensées fleuries. On dirait bien que les nuits s'éternisent d'images binaires et de mots sans chair. Voilà le temps virtuel qui se lève, une douce brise c'est vrai mais aussi une Lune de gourmet, riche en mystère, et les nuits par derrière qui s'enchainent, et les plaisirs par  les dessous qui se faufilent, et les histoires, simples, qui naviguent, au gré des imaginations généreuses, laissées libres, en vol de soirée.

Le noble paradis des secrets et des nuisettes ombrées mobiles, se réveille au fil des fantaisies. L'entropie gagnera t-elle cet étrange état ? Un déséquilibre de pensées au son de 7th Heaven*, pourquoi pas mais, ce n'est que musique, et sons bleutés, rien de plus et rien n'est certain, car dans ce paysage, où tout peut se jouer, le désordre devient force de plaisirs.
Une agitation dans le coin du Walhalla, un petit trouble de rien et des idées, des mots planés, glanés  ou planqués, et le sourire en tête de vagabondages autorisé. Flirter n'est pas joué !  Sacré Tony (P). Le temps ne se laisse pas commander. 

Et pourtant, dans les voiles de ce recoin émoustillé - la tumulte touchée, le chahut goûté, les bacchanales imaginées - où les Valkyries de doux desseins tentent une percée - avec cette inexpliquée idée, chevillée, accrochée agrippée, collé la nuit et le désir sans foi ni lois exalté - dans cette espace d'infime infini, ce tout petit tout, cette minuscule universalité d'un court instant, dans cette délicatesse qui se pose, une beauté émouvante a surgi la nuit.

Le flirt des noctambules qui passent.

vendredi 19 novembre 2010

Jour de lune.

Trouvetou et les fébrilités de la vraie vie.



Le proto-cinéma ou le signe d'un progrès exalté en marche. La révolution de l'image et de ses techniques d'inventeurs sans limites. Une soif scientifique, une fièvre, une frénésie empirique dans la machine et dans la géniale mécanique à illusions. Peut être aussi le sentiment d'une expédition féerique dans un futur accompagné par Jules Verne et l'effet phi.

1900, ou un peu avant, ou un peu après, les expériences du monde de demain en train de surgir, la radio, le périscope, le Zeppelin, le cellophane, le rasoir de sûreté King Camps Gillette, le métro parisien, l'aspirateur, le scooter et un peu avant, la fermeture éclair - c'est important quand on y pense.

1900, le siècle des sciences et de la Science surtout, cette foi dans le Progrès et ses bénéfices, dans l'invention et les merveilles qu'apportent les techniques. Tout va changer, il faut se lancer et trouver, inventer et innover, transformer la nature et mettre l'intelligence au service d'un nouveau monde. Les années 1900 et l'exposition universelle, la Tour Eiffel.

1900 ! Eau et gaz à tous les étages, et tout est possible !



Lanterne magique, Camera obscura, Thaumatrope, Phénakistiscope*, Zootrope*, mais surtout les projecteurs des débuts d'Edison et de Dickson (le Kinetographe et le Kinetoscope Peep Show movie machine), ou de Albert Kirchner (dit "Léar", et son Biographe Français), ou bien encore d'une myriade d'expériences d'inventeurs faisant sourire avec leur bestiaire d'instruments* aux noms exotiques et joliment loufoques : le Mutoscope, Eidoloscope, Phantoscope, Chronophotographe, Cinématographe, Vitascope, Petit professionnel, Zoopraxiscope, Théâtre optique, Electrotaschyscope, Theatrographe, Photo-rotoscope, Panoptikon, Mutagraph, Kinora, Kintetic camera, Kammatograph, Filoscope, Electrical Schnellseher, Cinéorama, Cieroscope, Birtac, Bioskop et le What the butler saw... Tout un monde mécanique de magie, d'artifice saccadé et de grand art qui lie inventions délirantes, prototypes et génies de garage, si tant est qu'il en existât à l'époque.
Le monde du cinéma est en marche, le monde de l'image est en train de se construire. Cette idée de progrès du XIXème ne peut que fasciner par le défoulement de ses changements, de ses exploits techniques. Une histoire des expérimentations à tout va, débridées et folles.


le zootrope


Il y dans l'air comme un bonheur enthousiaste des conquêtes intellectuelles ou scientifiques (et un air de malheur, Macao et Cosmage* et tant d'autres d'une humanité qui n'avait rien demandé l'ont subi). Un double jeu des réussites et des désastres, des exploits du progrès et du ravage des idées.
Mais le cinéma (comme la musique contemporaine qui arrive avec Varése* et Stravinsky, et le Jazz bientôt, bientôt) montre une face éclairé de cette frénésie palpitante des inventeurs et des Géo Trouvetou de l'époque*.




Quand aux lieux de projection, ils avaient aussi leur singularité. Le cinéma à fonctionné par capillarité, jouant dans les foires comme phénomène, les cafés, les parcs d'attractions, les laboratoires des inventeurs ou les appartements privés. Après tout, le cinéma n'existait pas encore... Mais très vite les salles ont émergées un peu partout et ce fut vite une affaire qui roule. Une industrie de diffusion issue des recherches lumineuses c'est rapidement mis en place. Et l'image de masse a pris sa place.
Finalement il ne reste plus que le cinéma expérimental à connaitre le sort des underground et des confidentiels.



Le cinéma expérimental et le cinéma érotique ! Le voici, le voilà le vrai sujet. Ces films licencieux et pleins de charmes indiscrets sont nés quelques mois après le cinéma, déjà rangé au rayon traditionnel, comme un écho évident de l'invention des images à fantasmes.
Eugène Pirou et Albert Kirchner les joyeux lurons à la recherche d'un spectaculaire (et lucratif sans doute) exploit de lumière. C'est leur collaboration avec Louise Willy qui donna ainsi le premier film érotique (un striptease un striptease).
Quelques minutes de pellicule orthochromatique en 1896 et le monde de l'érotisme bascula dans le souvenir d'images de corps fantasmés brillants d'envies.
Tous les inventeurs et ingénieurs de lumière de l'époque, armés de leur machines à peep show (ça ne s'invente pas), se sont rués sur le filon des striptease pour oser les risqué French films. A part les frères Lumières qui eux continuaient à jouer au train.

On peut penser que tous se connaissaient et se parlaient de leur avancées comme de leur loops* ou de leurs films clandestins. Un milieu artistique et scientifique, certes fêtards de vie devant soi, en synergie et en télescopage d'idées et de cœurs mais surtout avide d'expériences nouvelles, de révolution et d'expérimentations ingénieuses.




Dés le début du cinéma ce fut donc le début d'un autre cinéma, populaire aussi mais plein d'histoires secrètes. Le pendant des effets prodigieux* de Méliès* se retrouvait dans les mystères du mouvement des corps mise à nu et projetés - le désir ainsi approché, représenté, non résolu peut être mais dévoilé, recherché, c'est tout l'intérêt de ce nouvel érotisme qui vibre sur un drap blanc - des corps sublimés retravaillés, réifiés en beauté, magnifiés, totémisés (et pour le simple regard et l'art déshabillés) de personnages devenues icônes de dessous le manteau et de salles obscures et top secrètes.

café de la paix - 1900


En fait "Le coucher de la mariée", ce premier film au striptease art premier fut projeté au Café de la paix (avec un Joly-Normandin*) et n'était qu'érotique. Heureusement (...) la pornographie arriva vite fait, juste après le premier baiser*, ce qui est un peu dans l'ordre des choses, et au rythme des possibilités techniques, ce qui est quand même un peu frustrant. Puis la censure. Le coup du cobra ou de la douche écossaise, un classique.
Tout ce cinéma (X bien fringuant et sans remords, mais surement pas candide, plutôt attendrissant même puisque patiné d'ancien) devint fissa underground, interdit, secret, planqué, et distribué dans les milieux d'initiés ou les interlopes boui-bouis. La rigolade pour tous était terminé, on passait aux joies pour quelques uns.
Les voici d'ailleurs dans les lupanars luxueux (uniquement) de Paris, montrés comme des objets à l'érotisme spectaculaire et novateur. Une innovation à part, mariant le spectacle scientifique et l'art du nu ou l'art de l'imagination sexuelle la plus fascinante de vérité transfigurée - presque mystique.

Et le mouvement. Hypnotique et captivant.

Ces films - dans la droite ligne du courant "scènes grivoises à caractère piquant" - comme "L'écu d'or ou la bonne auberge" pour mémoire et autres et autres* chauffaient les salles d'attentes (qui étaient des lieux de tournages également) des maisons closes et des boxons de luxe. De nouvelles et extraordinaires lanternes animés aux noirs et blancs abimés.
Les clients patientaient en jouant aux cartes ou en regardant les premières fellations filmés et autre extraordinaires aventures des corps (on ne peut tout citer, l'époque fut inventive). Puis montaient voir Marguerite ou Louise ou Fleur ou leur préférée...





******

Nom de code : Marguerite.


Mais Eugène Pirou et Louise Willy. Comment se sont-ils rencontrés ? L'une, actrice intelligente et belle, une banalité quotidienne mais tout de même ce corps gorgé de grâce affriolante, l'autre, jeune ingénieur sur le tas, inventeur de folies, passionné d'absinthe et de soirées aux airs de contrebande. Chacun une part d'ombre joyeuse et libre, chacun une passion au cœur de l'esprit. Le jeu de la comédie pour elle et la mécanique des lumières pour lui.

De cafés en lieux d'expositions d'Art (où on pouvait y voir les tableaux de Toulouse-Lautrec, un ami de la Bohème), tout le petit milieu des années folles se connaissait plus ou moins. On se croisait aux soirées d'alcool ou de discussions philosophiques des comptoirs tardifs de nuits de plaisirs et chacun côtoyait l'inventeur du cinéma, le musicien dans le vent, la vedette de carte postale érotique (que Pirou connaissait d'ailleurs bien puisqu'il les réalisait) ou un pseudo Baudelaire ivre de fée verte.
Et puis... les "maisons de rendez-vous" (les belles, les grandes, les incroyables, le Chabanais ou le One Two Two) mais pas si souvent, et finalement pour n'y voir que les décors extravagants et inventifs, car ces lieux respiraient la violence et tous en connaissait l'enfer caché.
Alors après tout, le lieu où cela se passait, c'était bien le Café de la paix dans le quartier de l'Opéra, un endroit hype mais habituel. Chagall, Maupassant et Zola en profitèrent un temps, mais l'important était que tous les artistes en mouvement y passaient. Les fêtes y étaient grandioses et les spectacles de dernière heure complétement invraisemblables.

Eugène Pirou et Louise Willy vivaient dans un monde d'argent, flambaient dés qu'il le pouvaient et se passionnaient pour les arts, les technologies chaque jours bouleversés, les inventions techniques, l'industrie du spectacle en effervescence et le monde révolutionnaire de l'image animé.
Louise Willy n'était ainsi pas qu'une simple actrice, elle visitait souvent les laboratoires de ces amis chercheurs et connaissait très bien et la photographie (elle posait déjà pour un ami d'Eugène, Alfred Kirchner dit "Léar") et les nouvelles techniques en cours de développement. Tous se demandaient ce que cela allait bien pouvoir donner...




jeudi 18 novembre 2010

L'avantage du temps.



Ou l'occupation en CDD puisque parfois voilà l'intermittence des précipitations qui se justifie. Alors The Ex* encore et encore pour ce son unique et cette approche si direct et remplie de musique (Forward in all directions est leur devise). Et l'accent anglais des chants. 
Riffs posés* et simples rythmes*, tout une architecture d'un semblant de simplicité tirant a hue et a dia le rock, le punk, la musique improvisée* et la chaleur des chansons*. Et puis retrouver Andy Moor*, les pantalons punks (chaque musique à son détail vestimentaire forcément) et la gestuelle de la famille du noise et des indépendants de caves ex-enfumées.  Le souvenir de Tom Cora* aussi.

Étonnant à propos et une fois de plus cette histoire d'habits des circonstances (suite du précédent billet), le style d'une esthétique et le geste d'une musique. 
On reconnaitra toujours entre milles le futal d'un Grindcore, son amour du gore et leurs nenettes de comics book méga-canons (ainsi que leurs pochettes de CD inimaginables*), le froc sky kitsch et les petites manières des Contemporains - ou oui leur chemise Mao sans col, le nimp du t-shirt des Musiques improvisées, la barbe des Folks et les robes et les robes*, la bague tête de mort des Rockeurs et cette bouteille  Jack Daniel's qui traine en Vierge*, les cheveux noirs et longs - et utile en scénographie et en indication de tempo - d'un Métal, la robe too much des chanteuses de Jazz ou les Doc's des Punks, le N/B stricte des Classiques (qui ont leurs bombes pour les ménages télévisuels - au violoncelle - forcément*) et le vernis noir et scintillant des chaussures (surement objet de fétichismes divers - et à talons, hauts, puisque eux ne battent pas la mesure du pied mais des orteils), le dandysme des chanteurs de la Française, le coloré bariolé des Festifs, le décadent sombre des New Wave ou des Cold, et leur danse et leur danse* (la classe) ou le tatooe et le cuir des Deathmetal, sans parler du Traditionnel, du Chant lyrique, de la Poésie sonore, du Freejazz, des comédiens, des danseurs, des blogueurs, des geeks... chacun son style, chaque style de son, mais c'est une famille qui s'exprime et qui s'affirme au travers des apparats. Des bandes de Bands, des épigones ou des inventeurs d'apparences. A suivre.

BoUm, ça tue.


clique clique donc petit curieux....


Ce qui tue parfois c'est le pantalon en cuir ! Il faudra un jour tenter une thèse sur les extravagances entre la mode vestimentaire et la musique de haute voltige. Une telle distance entre les étonnants ne peut rester sans recherche. Mais Psappha de Xenakis ne cesse quand même de fasciner. L'art du silence découpé en 10:03 minutes, ce sens du fil tenu ténu et la musique qui circule en permanence, entre chocs et cloches. Steve Schick a la classe chic et cet événement sonore est au dessus des trivialités.
Rock'n roll et punk des musiques contemporaines. Ferneyhough* dans le style percussif nique ta mère est tout aussi passionnant, et le décalage cette fois n'est pas dans le pantalon mais dans le "Mac-partition" (ce qui ne surprend guère vu le type de partition* - cf Cassandra's dream song - mais avec changement de page à 7:22 par la baguette : là, bravo maestro !). L'autre question des banalités qui entourent les musiques exceptionnelles et les phénomènes curieux est cette télécommande posée côté cour (à gauche) sur la table. Quid ? Et le saura t-on un jour ? Voilà encore un mystère de plus dans l'étendue immense de ces drôles de musiques contemporaines....

Erotisme et belles manières.



Il y a de l'élégance et du beau geste mêlé à la connivence des anciens érotismes. Les images aux poésies surannées, les films où le temps est à l'affaire, et c'est tout un vieil interdit qui culbute  les sens au rang de grands charmes.
Le désuet se plait aux patins de patine, une dentelle qui donne le change, le blanc cassé ou une odeur imaginé de rococo passé et l'art éternel de/du  pompier. La gaudriole des jeunes et futurs grand-mères et des fringants et plus tard grand-pères s'élève dans l'imaginaire -  pas plus pudiques qu'avant-hier ou moins croustillant que maintenant. "Polissons et galipettes" (* et oui, il va falloir se créer un compte >18 puisque tout ce qui bouge et vaut le coup en poésie dorénavant - pince de crabe ! pince de crabe ! glorioles et combats d'épées - est "+18"), "Polissons et galipettes" donc comme films de joie et jour de fête des interdits d'époques. C'est un paradoxe du temps que d'ouvrir les aujourd'hui aux admis et aux élévations des corps et des esprits hier encore bien impossibles. Du jadis et du naguère pour aimer les faits grivois et se plonger dans le quotidien d'enchanteresses images à conserver longtemps et jalousement au coin des souvenirs. 
El Confesor* (!) est bien dans la veine des subversives libertés. C'est ainsi fait de naïveté et de primesautiers que le temps des érotismes usés sonne une jolie et joyeuse poésie d'aujourd'hui. L'arsenic des vieilles dentelles...

mercredi 17 novembre 2010

9:44 de suspens !


 ca ce clique si on ose

Klaxons d'embouteillages monstres, crescendo insupportables, apnées acoustiques, œil du cyclone, trouble de l'ouïe, distorsions et dissonances, flottaison minimum de l'esprit, éparpillement des notes, explosions des bois et des cordes et des incroyables timbres, les chants de Maldoror, pas à pas des pizzicati - pizz des belles intimes qui s'en mettent partout en Italie - graves sub, sous sous sous, bas-fonds des contrebasses sombres et tectoniques de terre Verdunoises tant remuées et tant bouleversées, glissandi grands-huit et gigantesques frissons de descente en chute libre, l'éternité du vol et les tenues spectrales* cette magnifique révolution de Xenakis*, la musique en marche la musique en marche la musique qui démonte qui aboie qui balance qui balaie qui se tortille qui se déhanche l'obscène bien-aimée, qui change les horizons, il faut y aller, il faut oser, se jeter, dans le noir, à volume trop fort, à "11" crénom (!) comme une expédition de vulcanologie,  une plongée en Bathyscaphe, un Terre-Lune charnel et fi du retour, Ah ! Métastasis, ce phénomène acoustique, cette orchestre en roue libre, en liberté, en feu, et le son démantibulé, ouvert, déployé comme les suaves cuisses exquises de cette Sirène (une Sirène à cuisses ?!*) tant désirée et aux chants hypnotiques, il faut oser il faut tenter s'aventurer, entreprendre l'inconnue  phonique physique comme l'on joue sa vie, aimer comme l'on tombe amoureux  par hasard et sans raison, par la joie sans passé des plaisirs à venir et de cet insondable mystère des attirances incontrôlés, tiens ! une clochette dans la musique, une fée des insolences, presque l'impolitesse d'une jolie sonorité dans ce chaos de violons et de violoncelles, mais voilà que tout se déplace de nouveau comme une gigantesque fougue de sons indéfinissables, une terrible profondeur qui s'exprime, un univers qui hurle, on ne sait où on ne sait qui on ne sait pas et l'écoute comme seule boussole des providences, ce n'est pas encore le jour, l'aurore des espoirs n'est pas encore levé, la nuit et ces sons incroyables qui traine, c'est Iannis Xenakis, le Huns le barbare le libre l'iconoclaste à l'imagination sans entraves et la musique des sphères portée à incandescence.

Metastasis. 1955. 9:44 minutes de plaisirs immenses.

Louise Willy.



Louise Willy fait partie de notre érotisme. Encore une histoire à dormir debout, une histoire de blog qui prend le temps puisque temps il y a. Pas seulement. Louise Willy c'est aussi une jolie demoiselle, la demoiselle aux premiers émois fait de Lumière. Une star à sa manière, Louise, icône projeté dans les lieux underground dés 1896, la fille au strip-tease, au tout premier transport mécanique de fantasme, à la mémoire collective d'un milieu des nuits ou des envies. Le charme d'une beauté figé et enfin hors temps, hors champ. Louise Willy, c'est le premier effeuillage sur proto-pellicule, le premier miracle de poésie grâce à l'irréalité d'un "Coucher de la mariée" d'Eugène Pirou, la préhistoire du blue film, du film érotique.
Fallait bien commencer, le cinéma venait tout juste d'être inventé ! Cela se passait au Café de la paix, tout le monde s'en souvient fort bien, tu m'étonnes, sur un appareil extraordinaire qui mettait le souhait gourmand en image et l'imagination des gâteries en mouvement. Le Joly-Normandin* (pas encore le Biographe Français*, - celui là, le copain Léar, après avoir accompagné Eugène avait vite breveté cette meilleure machine - mais cela marchait quand même bien).
Eugène avait commencé mais les copains dont le lascar Méliès ("Après le bal, le tub !") et le filou Albert Kirchner (le fameux "Lear") s'étaient vite engouffrés dans la trouvaille. Des films érotiques ! De quoi s'amuser plus que de raison et ramasser l'oseille. Jouer avec les trains c'était bien fini, on garderait cela pour d'autres lumières, et pour les gamins. La vraie vie est dans le sexe - féminin - magnifié, ce n'est pas nouveau, mais l'étrangeté du cinématographe donnait un sacré feu à la passion. L'érotisme y gagna surement en inaccessibilité et Louise était belle, forcément, en flottante et mystérieuse invention de génie sur un mur d'hôtel ou de lupanar ou d'une maison de la Haute.




Louise c'était une sorte de vierge aérienne, fantôme licencieux et intouchable en réalité, une fée à prunelles dévêtue de grains gris cendrés d'une image fragile et saccadé. Peut être est-ce pour cela que l'érotisme a ce jour de nouveau changé. L'animation d'une idée comme passion de la Lune, comme désir bougé, d'un coup porté au delà du simple regard. Il ne suffit pas de voir car l'image n'est finalement qu'un masque rituel pour accéder au niveau d'une pensée fugace mais à jamais imprimé. Une pensée matérialisé un instant puis qui s'infiltre dans le souvenir, une belle échappée de lubies à venir, une histoire à soi, comme pour un château hanté.
Eugène, Louise et son strip-tease avaient marqués les esprits, mais ils avaient surtout ouvert la réalité à une vie rêvée. Un frisson partagé, une communion d'histoires fantasmés à se raconter. L'érotisme n'était pas né en 1896 mais il avait changé, comme il avait aussi été bouleversé juste avant par Daguerre ou par les vérités spectaculaires du Stéréoscope. Tout une représentation des corps et des valeurs venait de débarquer. Sans parler des inventions du vrai plaisir, celui que l'on voit ailleurs, poses et autres normes d'exploits de bec fins.
Pourtant le mystère des voluptés extraordinaires était dépendant de techniques simplement photographiques (tous voulurent plus mais la pornographie était impossible au début... vu les temps de pose ! Pratique pas pratique). La culture érotique de masse, ce savoir alors encore sous le manteau s'enrichissait au rythme de découvertes prosaïquement mécaniques. Thaumatrope, Phénakistiscope, Zootrope, Praxinoscope et enfin le Kinetoscope Peep Show Machine d'Edison participaient tous à l'évolution du savoir érotique. Les yeux lambda et les mémoires passantes étaient nourries d'imaginaires impudiques en N/B au gré des novateurs. Un pas de deux. Vivement la prochaine livraison.

Il y à une beauté rassurante à voir l'esprit grandir du progrès, des découvertes d'innombrables "Pourquoi pas ?", d'une certaine élévation d'horizons par l'innovation. L'érotisme (ἔρως ou le désir amoureux) en est une métaphysique parmi d'autres mais il touche à l'autre, au rêve et à la passion de ce qui fait vibrer. Un intérieur projeté, une Lune à apprivoiser - et peut être à dévorer, un premier pas dans l'imaginaire et la soif d'un monde culturel, d'un monde enchanté, et ré-inventé.
Le cinématographe des débuts ne montrait rien (et quand bien même) mais il brisait tout. Le monde basculait dans l'image, dans une histoire parallèle, un savoir commun en train de se faire. Projections mentales au travers des projections sur murs, et l'Art et l'Art.

En tout les cas, pour Louise Willy, ce fut un franc succès. Puis on l'a vite oubliée.





Billet décousu et tempête dans un verre d'eau.


Pas grand chose, pas grand chose. Certains se trempent les journées à Paris* (La Soupe est à Pantin* avec APT) pendant que d'autres préparent des dossiers de subventions ou que d'autres encore planchent sur les créations à venir ou que d'autres finalement se noient dans un verre d'eau, une page blanche et la tempête qui va avec. La vie comme elle va. Un billet de rien pour rien et s'accrocher à ses baskets.

Einstürzende Neubauten* est à Paris aussi. Rien à voir, mais ce n'est finalement pour ne que dire en bombardant points noir sur points blanc. Illusion des inscriptions, puisque l'on reste en 0/1, le binaire malgré les apparences des circonvolutions, et, quoiqu'on écrive, reste l'alignement d'ON et d'OFF* ; il faudrait y réfléchir. De la pensée jetable, du quick texte, du rapidos pas vu pas pris, du junk blog, du rien pour rien, dans la droite ligne des kilomètres de nuits.
Sans doute les enluminures des incunables ne représentent elles pas la même responsabilité d'écriture que le SMS - encore que, encore que le SMS est certainement plus responsable de vies brisées, ooouups, argh, trop tard.  Mais ce n'est pas la question. Non. Le résultat est enfin face au processus et à l'élégance des mots. L'écriture est une idée bien plus que l'idée ne suffit à l'écriture. Il semblerait. On pourrait ne rien penser et écrire d'illuminées merveilles comme on pourrait tellement imaginer que l'écriture ne puisse plus être possible. Un drôle de paradoxe qui lie le mot à l'art des mots. Une rétroaction d'impossibilités et de provocations. Ça rame ce billet, ça rame. Il y à bien un truc ou deux qui va accrocher...
La densité des idées projetés dépendrait-elle de la méthode d'écriture ? C'est une question, c'est une pratique. Rien n'est pareil d'une encre qui sèche à un clavier numérique. Peut être n'est-ce qu'une simple affaire de temps technique à écrire, après tout ce n'est forcément plus le même rythme de pensée attrapée ou corrigée ou mise en réalité ou posée ou juste soufflée ("é" ou "ée" ? aucune idée, faut avancer). Faudrait voir. Marginal. Mais quand même. Le cours des idées a t-il changé avec la méthode. On parierait que oui. Surement.

Et les idées des non-dits semblent décoller plus presto que les idées inscrites. L'art du non-dit comme l'art des bruits. Cette manière d'esprit, des fantômes à jouir, une pensée qui surgit, l'art la manière des interdits qui se bâtit. L'art du non-dit comme cœur d'écrit. Ça alors ! Le sympathique qui revient dans le détail. Le trouble dans le binaire,  la pensée numérique aurait son π elle aussi, ce nombre infini. Une surprise diablement agréable. L'art des périphrases, diabolus-in-literatur, et l'entre ligne pour les pousse au crime. Malgré les 0 et les 1 voilà que nait une réalité invisible. L'idée revient en force et la circonvolution comme un plaisir. Un sourire de palimpseste. Qui sait qui comprends qui attrape le serpent qui siffle sous les textes.

Fort décousu, décidément...

Neubauten, un vieux groupe* donc, une histoire des musiques spectaculaires et intransigeantes et directement reliés à l'envie. Jouer, c'est monter fabriquer du bruit et jeter un pavé, aussi.
Un groupe qui cite les intonarumori* des Futuristes et de Luigi Russolo* ne peut pas passer inaperçu aux yeux des amoureux d'idées. Tout est là. Ouvrir les oreilles et changer de cap esthétique, se débarrasser des conditionnements des habituelles oreilles et des pacotilles (oui, l'harmonie parfois est une pacotille). Neubauten préfèrent l'indus*. Une manière singulière de vibrer sur l'air des bruits*. De briques à perceuses, de marteaux-piqueurs en ponceuses, de barres de fer à batteries métalliques, les débuts ressemblent à la musique des haut-fourneaux*. L'industrie musicale et la révolte anarchiste. Aujourd'hui on se demande. La vie comme elle va. Ce groupe à changé*, oui, mais on y retrouve l'intelligence des matériaux. Air comprimé pour orgues de tubes PVC, capteurs de vibrations sur d'énormes ressorts et une élégance du sombre*, métamorphose littéraire des révoltes punks. Mais rien d'important. L'essentiel ? La simple question de ces formes durs et extrêmes qui se transforment au fil du temps en densité plus placide en pose une tout autre, de question. Celle concernant ce qui reste lorsque le temps file. A voir.



mardi 16 novembre 2010

Shining in the underground. And everywhere.

ca ce clique oui, oui, appoggio sul bottone...


Krzysztof Penderecki* ou les joies de la pluie. Ou de quoique se soit d'autre. En musique contemporaine, l'abstraction permet d'ouvrir les paysages imaginaires. Chacun son point de vue et ses perspectives romancées, c'en est la force, c'en est la beauté. 
Des myriades et des percussions entremêlées, et ce filet de sifflement qui fuit au loin et à la fin. Parfois, une lente houle* (partie 2*) - un violoncelle pas très loin de Scelsi* de Ligeti* ou de Xenakis*- qui embarque un peu tous les esprits pour un prenant et lourd sentiment. Un sombre tour de manège.

On peut y voir ce que l'on veut. Force de l'abstraction ou de la musique qui s'adresse à qui mieux. Peut être que Stanley Kubrick* (dans Shinning* avec Penderecki, mais déjà Atmosphère de Ligeti dans 2001 : L'Odyssée de l'espace) y avait trouvé de quoi dématérialiser l'histoire pour lui donner une patine métaphysique, qu'importe qu'importe, les joies de la musique contemporaine prennent leur envol dans l'universalisme des sensations. Il ne s'agit que de cela, une émotion pour le dehors des grilles de lectures ou des codes culturels - et quoi ! Si l'on attend rien on trouve tout.
La curiosité vivace nait de cela. Chaque écoute est une découverte aux prolongements inconnus. Des parcours et des fins imprévus, des sons et des alliages inouïs, une sensation irrévérencieuse, un sentiment inattendu, les joies d'une exploration en temps réel des inventions nouvelles. S'acoquiner avec la musique contemporaine dispose des corps et des esprit. Il faut se laisser aller aux balancements proposés, se laisser aller aux frissons* des dérèglements iconoclastes et des audaces acoustiques. 
Parfois une part de sauvagerie, d'autres fois la sensibilité ludique ou la rébellion des académies, une mystique* des harmonies pourquoi pas mais toujours cette volonté passionnante d'inventer, de créer différemment, à la mesure des individualités et de leur singularité. 
La "musique contemporaine" ouvre le champ des  libertés. Un symbole de mouvement, une poursuite de ciels encore vierges de savoirs figés, un monde en train de se faire sur un autre en train de se défaire de rester ce qu'il est. Inventer pour s'emballer les sens, pour se provoquer à grandir. Nulle besoin de tabula rasa aujourd'hui (ce fut déjà fait en 45 par cette musique*), juste l'impétuosité d'une jeunesse sans cesse réveillée.


"Eyes wide shut" 
(l'image juste pour faire monter l'audience du blog ; ne comptant pas trop sur la musique contemporaine...même si là encore** c'est Ligeti*)

lundi 15 novembre 2010

Stars racing !


à la poursuite de la carte aux étoiles !

Beauté... où es tu ?



Ça se passe partout cette recherche de beauté, d'un coin à l'autre, d'un temps à l'autre, mais aussi au LHC* et oui. La beauté* cherchée au Large Hadron Collider* (ou Grand Collisionneur de Hadrons*, tout un programme ; explications en vidéo* - la musique y est bidon mais on peut pas tout demander aux scientifiques n'est ce pas ?) n'est pas la même puisque d'idée on passe à la particule, mais voilà la poésie des quêtes sans fins qui rapplique dar-dar à côté des faits. Atlas, Alice, CMS, LHCb (les détecteurs d'exotiques) et plus tôt plus loin Georges Charpak* (le précurseur des utopies), tous à la poursuite d'une raison d'être et, par bienfait collatéral, d'une poésie de la réalité'. On peut s'en passer, on peut vivre sans s'en soucier, qu'importe c'est vrai les réalités invisibles ou les inconnus cachés, mais... cette soif, cette inextinguible soif d'aller vers, de voir si, de savoir où et quoi et pourquoi reste pourtant bien boulonnée aux esprits. Chercheurs de beautés, quelqu'elles soient, ce n'est pas rien. 

"La meilleure situation dans la science c'est lorsque l'on se rend compte que l'on à rien compris"*. Ok OK OK.



Un coup de lorgnette. Pinhole ou sténopé à instants.


Mais comment.



Mais comment naissent-elles ces idées, si importantes pour la suite. Parfois une banalité rencontrée et d'autres fois une simple envie, ou un goût, ou un pourquoi pas tiens, ou, c'est plus probable, une réunion d'éléments fugaces fait d'impressions, d'accumulations d'expériences, de sensations, de désirs ou de pétoches, de solutions pragmatiques pour avancer et regarder ailleurs. 
Alors cela part souvent de rien ou de peu. Arman et ses poubelles*, en mémoire, décolle d'une simple poubelle* et occupe sa vie avec pour en faire un regard en biais sur les grands angles (les grands ou petits déchets bourgeois* comme analyse intuitive d'une société de consommation). 

Pour une mélodie, un groupe de musique ou une petite forme théâtrale, kif kif, même topo et oui, et voilà. Une surprise, une discussion de bar, de PMU, de belle brasserie ou de quai de gare, un réveil de mauvais poil ou une douche en chantant, une balade, un travail de gamme ou un livre, un grand livre (un Renaudot ou un Goncourd minimum) ou un comics (Superman ? Batman ? Catwoman !), une récurrence de faits ou d'analyses, l'interview du matin sur une radio détachée et un remaniement effacé, le surf nocturne l'esprit vidé et le bleu iodé d'une toile virtuelle, le temps qui passe, le temps qui passe, une amourette ou une émotion ou une jolie carrosserie, un spectacle loupé et un concert que l'on eut aimé faire ou le simple ennui esquissé, la joie de voir la joie de sentir, et le temps qui fuit, un objet qui apparait, une couleur qui s'évanouit, une trouvaille qui fait badiner, une excitation inconnue et une  effervescence soudaine et inexplicable et insaisissable et indéchiffrable, tomber amoureux au coin d'un rien ou laisser aller un doux transport de l'esprit en wagon lit... tant et tant de possibles et étonnants inventeurs d'idées. 

Pourtant ce n'est rien, l'idée. Ce n'est que le début si l'on veut bien, si l'on peut. Avoir des idées, en Art ou ailleurs, c'est facile après tout, suffit de se réveiller. Mais la réalité des utopies réalisées est de plonger ! Un grand saut, une expédition dans la love affair et la quête. Embrasser les matières les pensées les contraintes et les plaisirs autour de cette langue qui appel, cette idée qui file à vitesse V et qui au moindre courant d'air peut s'évader. 
Tout le problème est là, il faut croire. Rester accroché au départ pour tenir la fin, tenir le pas gagné qui ne revient, ne pas lâcher l'affaire sous le poids des impossibles encore incertains, sous la réalité interlope qui se cache au fond des ordinaires.
Tout se passe alors dans l'interstice. Le banal émerveillé sera le jeu des lendemains si l'on se faufile. La fissure comme espoir d'idée.

Une petite forme théâtrale. Un objet à imaginer, dans les années 1930 peut être, une vie qui s'écoule, en France, dans un endroit spectaculaire et fantasmé, et une vie finalement sans originalité. Et puis, peut être au fond des passés, malgré tout, surtout, un peu enfoui, comme un écho aux grands changement, une soif de changer, un songe de condition.  Ou pas. 
Qui sait ce que cela va donner, il y à comme une superstition à en parler, on le sait. Tout ne sera pas dit, mais c'est ce qui va être tenté, et dévoilé au fur et à mesure qu'elle s'habille....

dimanche 14 novembre 2010

Temps libre ! Break ! Break !



Temps libre, temps repris. Les vases communicants pour ceux qui tombent dans un temps à prendre. Ce n'est pas souvent, ce n'est pas tous les jours. Et au coin d'un moment ça arrive, ça débarque et ça s'installe. Tranquillement enveloppant, un peu anesthésiant, voici donc le temps du temps libre, le temps à tout faire, celui à mettre en mouvement. Ça et la suite.

 (Et la ç qui se trimballe nue - cédille, sacrée polissonne ! - comme si de rien n'était. Les fantaisies des pronoms qui se jouent des "cela". L'année 69 un temps retourné ou l'année érotique, okay, et la ç affriolante lettre française qui joue les bizarreries. Rien à voir, rien à voir mais quand on y pense. Juste une parenthèse, un gadget d'idée, juste pour le clin d'œil à la ç, cette friponne de lettre, cette étrangeté graphique, une beauté dénudée et espiègle ; et puis parler de "çà" ce n'est pas parler de "cela", on ne joue pas dans la même cour de récrée, les Huns à la coquinerie, les autres à la haute, ce n'est pas pareil, ce n'est pas pareil, - tout de même. L'art des lettres, ces jolies circonvolutions expressives et pleines de promesses, et l'essai, ici, d'un texte dans un texte, un serti d'idées "semi-clos", une manière de poupée gigogne et de jeu des mots. Et pourquoi pas ? Pourquoi, soudain ne verrait-on pas l'élégance affriolante de la ç, belle des lettres, incongrue, surprenante ? C'est une stupeur ou une embuscade d'idée on ne sait plus, on ne sait plus. Ne reste plus qu'à profiter de ç - dame ! - et de ses culs de pensée... c'est fait.)

Tout ce temps donc, à utiliser, à  dépenser ce qui n'est pas gaspillé. Une introduction au fait que ontologiquement la vie des musiciens, ou peintres, ou comédiens, ou autre ou autre se fait de contractions et de décontractions. Respiration des rythmes de travail non totalement maitrisés, au gré des répétitions, des dates, des résidences,  des rendez-vous, des immersions administratives et des... riens.
Mais ces riens, d'un coup, se révèlent tout aussi essentiels. Il est difficile d'expliquer que le temps à rien fait partie du temps pour tout. Et pourtant, un métier de hauteur de point de vue (vaut mieux tenter de voler haut parfois), fait de changements de cap, d'anticipations, de projections, d'envies et de révolutions esthétiques ou techniques passe par le temps consommé à rien, à tout, donc au reste. Musiciens à leurs temps perdus, musiciens grâce au temps retrouvé, enfin.

L'audace des lendemains se joue dans les réflexions et les préparations qui ne servent a priori que pour le rien. Ce ne sont que des tentatives d'ouverture, des butinages de désirs, de curiosités ou de chocs intellectuels (ou physiques why not, why not). Ces riens se découvrent des lendemains qui brillent. Le rien comme grâce artistique c'est difficile à défendre et pourtant. Tout semble là. Laisser voguer les humeurs, abandonner la libido des idées démanger le cours des nuits ou des jours, prendre le temps comme on prend  la ç dans les soupçons d'idées, écouter Melt Banana** rien à voir rien à voir - décidément, planquer au fronton du château des cartes à retourner, qui devinent qui devinent, et laisser les bras de Morphée enlacer des rêves prophétiques, car finalement... qui sait, qui sait ?


Morphée et Iris. Pierre Narcisse Guerin

Pas de pas de rock.



Ce n'est pas la première fois ici posé c'est vrai, mais le math-rock* (explication* en vidéo) continu de montrer quelques bouts de sonorités enthousiastes*. LITE* et la scène japonaise pour élargir l'universel. Dans la droite ligne de Don Caballero* ou Chervreuil* (ses pédales et son quartet d'ampli en mur d'enceinte ; à Nancy le 19* d'ailleurs) mais là bas, au loin. 
Même si ce genre commence à vieillir (la japanoise*, le mathcore*,  le freerock et plus généralement une densification et une agressivité* débarquent en retour de flamme), c'est toujours un plaisir de les entendre.

Le rock et ses avancées qui n'en finissent plus. Question d'intégrité et de saveur des sons physiques. Le corps en sueur et l'esprit libre. Avec ses codes, ses références, ses chapelles mais toujours soutenu de cette attention à la droite ligne, à l'efficacité et à la simplicité des sensations. Question d'énergie, un château de carte bien solide.

é pericoloso sporgesi.



C'est vrai. Il y à toujours un danger à se pencher dehors. Pericoloso, pericoloso, car qui sait ce qu'il peut bien advenir aux têtes évadées ? For adults only, oui, mais aux âmes d'enfants délurées, car c'est bien en allant voir ailleurs comme un jeu que l'on découvre les vies élancées. Tenter les chocs artistiques, ne pas fermer les yeux, bien ouvrir les écoutilles, laisser aller les corps à se saisir et les révolutions à tout renouveler. Pour les uns, pour les autres c'est un défi, peut être pas tant, mais aussi une sensationnelle réjouissance. 
Il existe ainsi, partout, des ailleurs aux sens encore cachés. Des premières fois libres et aux bras ouverts ? Les histoires de la danse contemporaine* (et de ses passionnantes coulisses et polémiques... 12:20*), les enthousiasmes du rock* ou de quoique ce soit d'autre en marche* et au hasard, et qui sait, et qu'importe, et droit devant.

Découvrir pour mieux interpréter les alentours, pour mieux jouer - chat et souris entrelacés - à cultiver les plaisirs intimes et sentir ce monde bouger. Un état de question pour des solutions mobiles, un temps de regard pour un frisson de partage. Et le dépeçage des interdits, et la démolition des conventions !

Finalement pour les "hommes du commun à l'ouvrage"* rester alerte, transpercé par le monde de chacun c'est jouer l'écho et entendre les côtés. Pour le reste, tout est au loin à aller chercher.





samedi 13 novembre 2010

Pochette à surprises.



C'est une grande famille. Ceux qui cherchent les curiosités sonores et ses surprises. Voilà "webSYNradio" qui en rassemble quelques unes sous forme de podcast d'invités. On y retrouve Bérengère Maximin* comme Andréa Parkins*, Noël Akchoté* comme Charles Pennequin*. Chacun ses amours et ses envies. Voilà. Chouette. Ça bouge sous les pieds. Et c'est toujours important pour ce petit monde précieux des musiques décalées...

Ode à la douche !



Le son des douches ou l'érotisme des sons. Il faut aller voir et chanter sous l'eau de sa douche pour s'apercevoir de ce petit monde vibrionnant. En équilibre, un point, un endroit, une croisée de chemin, c'est surprenant c'est simplement étonnant. Le corps des douches est une morphologie à visiter, à parcourir, à révéler (à bécoter, à courtiser, à lécher, à chatouiller, à titiller, à enlacer à enjôler, à peloter, à choyer, à baiser à dorloter, à galocher à sucer, à embrasser). Une vibration propre à chacune et chacune avec sa propre palpitation. Une histoire de finesse, la position précise, ce n'est pas ici ou là mais bien en ce point et nulle part plus loin. 
Soudain prendre une douche et se lover dedans c'est prendre en main un petit destin, un phénomène un événement. Pas pour un long temps forcément forcément mais déjà pour un joli moment. La météo est au son, celui des secrètes et des camouflées, ces commissures du quotidien, ces recoins non explorés et la veine des idées. 
Chasse aux trésors ! La douche comme paradis redécouvert, la douche comme paradigme des acoustiques enlevées. Et de conjuguer. Mettre au diapason l'espace des voix et des corps, entre eux le pari d'une liaison, le plaisir d'un acoquinement. 

 A ce niveau de dérèglement des sens il faut quand même rappeler que ce "son des douches" n'est qu'un point à identifier - dans sa douche donc - en posant sa voix (une tenue - avec sa bouche donc). Le point est trouvé lorsque le son devient ample et démultiplié. Il peut exister plusieurs points mais c'est rare. Le phénomène rappel les cirques antiques et Romains. Le théâtre des acoustiques à porté de soi.

Et pourtant ce n'est rien, une douche. Blanc sans fond et eau sans teint. On peut n'y voir qu'un endroit des utilités, un carré, un quelque part ou juste la cale de nos ordinaires, rien de bien folichon, ou d'excitant ou de renversant ou d'époustouflant ; et mais, voilà que par un bienheureux hasard, une de ses fois sans prévoir, un retournement de situation à l'exception cachée, voilà donc que la douche, cette banale, cette sans joie, se mue en lieu des plaisirs invraisemblables, inouïs. Ah ça. Oui. Encore une cachette aux extravagances, un inattendu qui suspend le paysage et arrête les prunelles comme les feuilles. Écouter et regarder, profiter et se lover, au cœur des sensations exprimées, au sein des saints, dans ce minuscule dénouement des curiosités, le son des douches, le son partout, le son de tout un univers. 



Voilà la marotte, cela va vite devenir une obsession, la douche comme tic et  sa douche comme toc, l'endroit fantasmé, le lieu des impatiences et des libertés. Ce n'est plus rien, enfin. Tout même s'y retrouve et s'y retourne. Le son des douches c'est une caresse sur les peaux et un cocon de saveurs. Le résultat des bouches dans la douche, les conséquences d'un érotisme d'environs, un choix de regard et une manière de se poser sur la banalité et le blanc pudique transformé en épopée.
Le son déshabillé garde ses mystères, ses inavoués c'est vrai c'est un fait, mais ce son légèrement décolleté donne à sentir l'envers et le derrière des sempiternels sans horizons. 
Chaque coin de terre en paradis des immoralités ! Découvrir comme on dénude ! La pleine lumière et le cru sur une vérité qui s'abandonne, qui se laisse aller. Le son ce son, déployé, allongé, étendue qui s'accorde, ce son à savourer, à pénétrer, est une langueur d'ouïe et une lenteur inouïe, une carte du ciel ouverte, et les profondeurs et les profondeurs.

L'ode à la douche est devenu une ode à la muse, ce Son toujours inespéré.



vendredi 12 novembre 2010

68. On the beach. Beefheart.

 
c'est cliquable, pour sûr

Et oui et oui, il est là Captain. Beefheart* ou le blues délirant, rayonnant, inventif et coléreux. Sax free, guitares en vrac, déconstructions, larsens, agressions sonore, voix des fonds, blues gras, rock énorme,  structures alambiquées, expériences, hurlements, groove et performances, politique poétique, tabula rasa des convenances et l'envie solaire droit devant. Heureusement cela s'explique en partie (ici 2 3 4 5 6) et cela s'écoute en totalité, 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 etc, etc...


c'est cliquable, ça ne change pas