samedi 4 septembre 2010

Etranges correspondances....

cliquable, oui, cliquable

Encore Björk. Bah oui. Mais une étonnante coïncidence aussi. Il y à un an sortait un album de chanson française de Thomas Milanese. Une de ses chansons était arrangé par Pierre Boespflug, "Ballade de lune". Et voilà que ces bois derrières ressemblent à ces bois devant (et oui, le saxophone fait partie des bois ; un loup dans les bois ? la famille Des Bois ?). Et la preuve :


Et voilà. Tout de même. Peut être n'est ce qu'une illusion. la mémoire des choses se trouve souvent recomposé par le fil du temps. Au bout du compte on peut mélanger les genres et construire un tout autre passé. Tant mieux.
Les "cuivres", la section de cuivre (appellation générique, argotique, ici, car en vrai on peut trouver que cela marche moins bien. A mort les vrais cuivres et vive les cuivres !).
L'ensemble de saxophone, alors, est un appareillage pour gros grain. Du moins dans sa conception non classique. Plutôt jazz (conception free - même sans hurlements / et là on rêve : serait ce Oliver Lake** au soprano !?! Et bien oui*, argh ! Les grands esprits sont fait pour se télescoper un jour / et serait-ce le "World Saxophone Quartet " en plus ? Ben oui* / existe aussi avec tout le confort moderne 2006).

Une escorte pour émotion physique. Un méta-alliage de cuivre(s), avec, au fond des tuyaux une vibration unique aux vents. C'est l'art de l'air. La physique des fluides au service des corps.
C'est sans doute là que c'est opéré la mutation d'une chanson locale en échos chez Björk. Le pouvoir d'émotion sui generis des carrosses de cuivres est en cause Colonel Moutarde ! Une couleur indélébile qui bave sur les mémoires...

ps : ca marche avec le vin ? ou la guitare ? Et viva l'acoustique !

"Yihaaa !"


"Yihaaa", c'est Björk, dans "Big time sensuality"* sur des rythmes de dancefloor (ou sans). Rien à voir avec ce qu'il va se passer à la Scène Nationale de Vandoeuvre* le 28 septembre. Quoique. Soirée d'ouverture. Pour La Soupe Cie, pour x ou y, pour tout le monde. On en reparlera mais déjà on y pense. Ceux qui doivent apparaitre le font par invitation de Dominique Repecaud, par soucis de mettre le politique en résonance avec l'artistique, par défi de mettre la création en mouvement, toujours.

Pour ceux qui vont y participer, c'est le moment de réfléchir. Car à coté des petites formes déjà préparées existent (dans l'envie) des performances où tout sera à faire. Des tentative de. Ces soirées autorisent cela, le lieu extra du CCAM appel cela, car c'est une fête, un truc ambulant sans soucis des qu'en dira t-on, avec force désir de relever la mayonnaise.

Sans aucun doute il y aura plein d'OVNI sonores et visuels, mais aussi un projet, petit, de 12', autour d'une projection de manipulation marionnettique (by Delphine Bardot), abstraite, sans histoire sauf celle ci, enrobé d'un espace acoustique mobile dans l'immobile - pour changer du rentre-dedans habituel - évolutif, se densifiant sans retour possible, se solidifiant de silence, osant l'hypnose, le subliminal, le déroulé sans fins, et l'assourdissant.

Pas de titre à çà pour l'instant. Vraiment, on en reparlera.


**** BREAKING NEWS ****

L'évènement sus-parlé sera avec Michel Deltruc. Aussi.
Rendez-vous le 28 septembre 2010.

"I loooooooved that performance !" Gosh !


Roulette TV !

Salle d'attente des affaires sérieuses. Un site traine sur le coin du World Wide Web. Encore une couverture people d'histoires de cœur, de sexe et de corps en fusion ? Certainement. Mais...

Eh non. Roulette Tv. On connaissait déjà sur le site Ubuweb (ou sur Vimeo) qui collectait toutes les aventures extra-conjugales filmées de la musique. Mais il fallait bien que la compilation vienne de quelque part. Roulette TV (et sa présentatrice vedette Phoebe Legere) en direct de chez Roulette comme de bien entendu. La mort de la merveilleuse musique improvisée n'est pas encore proclamé.

Et non. On dirait même bien que ça gigote un peu de partout (ce solo "Electrified Drumkit" de Chris Cutler sur Roulette Tv justement ; il faut, absolument, après cet extraordinaire moment de musique écouter son interview - à 23:28 - sur Henry Cow (souvenirs de la belle Beautiful as the Moon et * * *), l'improvisation ... "electricity is a great thing").

Des résurgences, des essaims de création et de résistance. Bien mieux. De la joie de. Chouette ! Leur blog montre bien qu'il se passe encore des choses. A New York. Et partout. Ouf.

vendredi 3 septembre 2010

"et pourquoi ce besoin d'être deux ?".

oui, oui... cliquable. et toute l'histoire de Nan Goldin

OK. Ce n'est pas la première fois. Mais il y avait ce beau texte de Eléonore Antzenberger sur le diaporama sonore "Heartbeat" (ici avec la belle musique de Björk), alors pourquoi pas ? Et cette voix de Nan Goldin sur les photos de la difficulté de survivre...

"Pour moi, prendre une photo n’est pas du détachement. C’est une manière de toucher quelqu’un, c’est une caresse. Je pose un regard chaleureux, pas un regard froid. Je n’analyse pas ce qui se passe ; la beauté et la vulnérabilité de mes amis me donnent simplement l’inspiration de prendre une photo."

Samedi 4 septembre 2010



Et en Lorraine.... c'est par ici. 14h place Stanislas - Nancy. Par exemple. Pourquoi ? Contre cela. Entre autre.

Le détail, le sous-entendu. Le match.


Au départ on n'y prête pas forcément attention. Un alignement de mots, un dictionnaire dans le désordre, un texte. Parfois une histoire, mais pas toujours. Libre pensée et esprit volage.
Et puis, doucement, au creux des sens, par ici, par là, çà s'immisce, ça se glisse, se faufile. Un envers, un autre sentiment. Ce n'est pas palpitant, juste ce qu'il faut de présence. Un sous entendement.
Ce qui se trame derrière les façades de paroles, entre les plis, n'est pas accessible à tous. Il faut un brin de soupçon. Une idée, une intuition. Avoir même déjà un peu touché à la matière. Une complicité.
D'ailleurs au grand jour on ne voit décidément rien. Mais... en plissant un peu l'esprit, c'est une autre affaire. Finalement, l'art du sous-entendu, l'art entre les lignes, c'est tout autant une science du détail. Savoir s'en étonner comme savoir en jouer. Le détail. Le sous entendu. Un pas de danse. Un système.


Alors bien sur il peut y avoir des sous-entendus dans un texte, des appels aux confidentes lectures, qui n'utilisent pas le détail. Faire résonner à la lecture une vie privée partagée par ailleurs, tiens.
Mais le détail ? Le détail peut il se séparer du sous-entendu. Pas sur. pas joué. Mettre en lumière l'émotion d'un epsilon, déployer tout la suggestion, le charme, les immensités d'une vétille c'est déjà penser et songer et croire à tout ce que l'on pourra entendre au delà du banal. La vie rêvée des objets quotidiens passe par le/son regard. Le supplément d'histoire. Tout ce que sous entend le rien. Du Rien ? Où çà ?



Le monde est à nous, okay, okay, mais c'est à nous de le faire apparaitre, de le faire vibrer différemment en croyant radicalement qu'un ready-made nait au moindre coup d'œil.

Eh quoi ! La bagatelle au niveau de l'universelle ?

jeudi 2 septembre 2010

Ah voila. Ah çà.


Aprés les plaisirs de Bernard Parmégiani et de Tod Dockstader des billets précédents, voici venu le temps de Morton Subotnick. Un site, un wiki, et deux, trois explications par ailleurs (Ah, et lui aussi il parle).
"A sky of cloudless sulphur"* voilà ce qu'il faut pour se laisser entrainer dans les méandres fascinants de l'Electronic Music Américaine (qui date déjà).

Et la découverte en temps réel, puisque "The other piano" passe en ce moment même entre ces lignes - entre autres. Un piano finement ciselé par le retraitement et la déformation. Un voile électronique jeté sur les notes. Une grande légèreté. Et des espaces qui s'ouvrent, se perdant au loin dans les échos, les réverbérations, les boucles, les évaporations sonores. Une sorte de contemplation auditive.
Dans cette pièce le retraitement est en partie improvisé (seul un guide de moyens est consigné) quand le piano suit strictement la partition. Une ornementation des sons et une extension (le tout en live - on entend les habituelles toux des spectateurs du classique ! Il faudra bien faire un billet la dessus un jour tellement cette pratique est une habitude. Le classique donnerait il le rhum ?).

La musique électronique et électroacoustique est vivante. La Concrète aussi bien sur. Tous ces apports à une nouvelle dimension du son à son importance. Capitale. Une rupture de pensée, comme a pu l'être la perspective en son temps ou Fluxus autrefois. Une musique très facilement compréhensible (pas d'harmonie ici, que de la dynamique, de l'histoire au fur et à mesure) mais trop peu partagée.

On comprend l'appréhension, entre peur des ésotérismes, élitismes et autres hermétismes, nébulismes, obscurcismes, impénétrabilismes (euh...), mais pourtant, en y regardant de prés, et simplement, en étant accompagné - pourquoi pas, en osant, car cela ne coute finalement pas grand chose, cette musique peut faire vivre de grands et mystérieux voyages. De grandes sensations physiques aussi.
Une certitude nourrit par l'idée qu'en chacun réside une propension à l'émerveillement.

Dada !

En attendant la suite, le mieux c'est de se payer ce chouette concert. Ça dure peu (4'33). Une belle dédicace où tout le monde s'enrhume ! Beaucoup !

Dadada ! (rien à voir).

Quoi ? Quoi ? Quoi ? Qu'est ce que tu veux que je te dises !?


C'est vif. Ce n'est pas de la poésie sonore, plus de la poésie théâtrale ou du théâtre musical. Quoique. On ne sait pas. Pas grave. l'essentiel est à porté d'oreille. Jacques Rebotier* et Élise Caron. Une longue histoire* . En plus. Une réalité transformé par le simple fait. Et le chant, d'ailleurs parfois c'est cela. Et joyeux. Une histoire de rythme aussi (y à qu'à voir) et de tangage et de ballotage et de dandinement du mot. Mais, et les fleurs... C'est frais. L'air marrant sans doute.

Détail de bureau.







mercredi 1 septembre 2010

Et hop une nouveauté.


Parce-qu'il faut bien donner des élans, parce-qu'il n'est pas question de laisser filer... et bien, nouvelle présentation photo. Ah voilà. La suite est devant. Profitons en.

Puisque.


C'est le moment de scanner les futurs rendez vous de l'année... et parmi ceux ci, ceci. "Electromania". Un coin de radio - public - pour l'électroacoustique, la musique mixte (à l'image des mélanges avec Barre Phillips dans l'émission du 31 août), la composition digitale, analogique, électrique.

A minuit, mais minuit justement c'est la belle heure. Une écoute nocturne en visitant autre chose. Et puis, soudain, rester saisi par un son, une rupture ou une disparition phonique inattendue.
La radio à minuit, c'est la radio de quelques passionnés, un petit bout de collectivité aux oreilles disponibles. Il ne doit pas y en avoir beaucoup, et pourtant c'est aussi là que cela se passe. L'isolement de communion. Et la musique d'aujourd'hui, et les tentatives d'autre chose.

Mardi zéro/un, 0h-1h, la nuit des chimères numériques. C'est tard, c'est bien.

Une navigation dans les sons électroniques, électroacoustiques, dans les singulières innovations, l'improvisation ou la composition la plus abscons. Mais on y parle aussi de free jazz, de pédales, de transformation du son en temps réél, d'année 60, de musique "commerciale" (!), d'archétypes actualisés, d'extraits vocaux, de délires magnifiques (le solo d'éponge-sur-vitre dans l'émission du 30 août - l'inspiration Alfred Spirli ?), d'improvisation... tout un univers rassemblé, préparé pour le déboitement des idées recues.

A minuit on à le temps. Il est à soi, il est pour soi.
C'est le moment ou jamais de tenter le diable des inconnus. On ne cherche plus rien. Et puis quoi. De tout manière pour aujourd'hui c'est trop tard et pour demain on verra bien. Alors dans ce no man's land économique et social la place est libre pour se laisser aller en terra incognita. Là où la musique est d'une autre manière partout. Il suffit juste de sombrer avec Cédric Peyronnet et ses paysages sonores repeints ou dans les ambiances suspendues, limite world, de Wildbirds & Peacedrums, ou encore, encore dans les variations insoupçonnées et polémiques (oh oui) du piano (ultra classique) de Quentin Sirjacq. Pour voir. Sans hiérarchie. Et pour choisir ce que l'on retiendra. Les retournements de l'esprit, à certains moments.

Minuit.

+++





Décidément. Après Lost At E Minor en voici un autre, de blog, tout aussi remuant. Boooooom, ça décoiffe avec Aakash Nihalani. Entre autres....
Ultra-graphique.


Et pour le son....la découverte, c'est ici (presque toute sa musique est là). Pas de demi-mesure, alors, une (wow)pièce de ce musicien sur Youtube, juste en dessous - au sous sol de ce billet.
Ah ! Et comme son collègue Parmégiani du billet précédent, il parle aussi (sorry, in US language). Ça décoiffe toujours. Bon sang, mais ça n'en finit pas de décoiffer !


mardi 31 août 2010

Electrak et Bidule en Ré.


Réentendre Bernard Parmegiani c'est comme plonger dans l'enclos d'un volcan actif. L'électroacoustique comme jaillissement. Une électroacoustique organique, extrêmement dynamique et évolutive. "La création du Monde" (2), fantastique épopée de vulcanologie sonore, en est un exemple frappant mais il y en a tellement à dire sur ce terrible inventeur que l'on pourrait citer toute sa création musicale (en coffret d'ailleurs).

Bernard Parmegiani c'est une histoire de l'électroacoustique indépendante. Un Xenakis de l'électricité. Une forme d'immédiateté musicale. Une musique des yeux, tant l'émotion de ces sons revêtent une dimension physique, une dimension du mouvement.
Accélérations, angles, retournements de situations, ruptures, instabilité, tout ces éléments participent à une capture de l'oreille. Et ce grain. Parfois végétal, purement électronique, minéral, acoustique ou acousmatique. Autant d'événements inouïs qui attèlent l'imagination à l'expédition des sens.
Il faut l'écouter à fond* dans le noir, bien sur, se laisser brinqueballer, tourmenter, devenir chambre d'écho d'une musique de l'imminent, imprévisible, totalement enivrante. Une séduction impétueuse.
Il a un site, pourquoi pas, n'est pas si connu que cela, comme tant d'autres des révolutions sonores, un myspace, comme les jeunes, il parle* et ses traces reflètent une envie de transformer les perceptions et peut être tout le reste. Unique.

Big Boson !

comme d'habitude.... cliquable, et direct live.

C'est dorénavant une aventure discrète. Les Christophe Colomb de la matière la vivent sans trop de tintamarre. Bien moins qu'au démarrage. Mais alors ? Il est où ce boson (de Higgs)*?
On y comprends pas forcément tout, mais l'odyssée, elle, est bien là * (et là, c'est déjà plus clair), scientifique* et humaine.
Et humaine car le maelström de mutualisation des esprits que sont les laboratoires du CERN au LHC est un véritable défi de quasi auto-gestion (sans "chef" mais avec un "porte parole" ! On l'apprenait avec étonnement dans les dossiers du Monde "Au pays des physiciens").

Tout de même. Réunir à ce point la science fondamentale la plus pointue, l'expédition de toute une vie pour nombre de scientifiques (ils sont plus de 6000 dans le monde à travailler sur ce demain), une machine à images *, un engin à la poursuite des réponses les plus extraordinaires*... cela valait bien un Big Bang émotionnel.

Quoiqu'il en soit, l'exploration des nouvelles frontières du savoir reste un bien beau transport. Presque amoureux.

lundi 30 août 2010

Viva le web ubuesque.



Sur Ubuweb il y à toujours un ou deux truc qui retourne (parfois 234 trucs). C'est une banque à prodiges, hors champs, hors normes, hors marché. Rien que le coin des films à de quoi emballer. Duchamp (qui à déjà vu Duchamp ? et entendu dans les Mémorables ?), Man Ray, Burroughs, Gaudi, Beuys, Xenakis, Bausch... rendent heureux tous les électrisés d'une culture vivante, extraordinaire, exploratrice et révolutionnaire.

Le web aux trésors, le web des merveilles.

Face à cela on panique à l'idée que demain ce champs labouré puisse disparaitre (et si une major se mettait en tête de faire de l'argent avec ceci ?) ; face à cela on frisonne d'envie de tout connaitre, de tout revivre ; face à cet événement on se réjouit tellement de l'inventivité artistique que l'on frôle la dépression de ne pas le vivre à chaque instant.
C'est un territoire à passions. Si on avait encore quelques doutes sur l'utilité d'un web.... Quelle révolution tout de même que cette mise en réseau, en partage de la connaissance ! Qui embrassait tout cela ? Qui en avait une vision aussi croisée, rebondissante, roborative ? Le web comme ouverture des portes, comme alertes aux chamboulements. Un simple tuyau transformé en corne d'abondances réjouissantes.

Par où commencer ? Taper au hasard. Dans "recent additions" ou dans le coin de table de "sound" par exemple... là où Morton Feldmann nous dit : This recording should be played at very low volume - "so that you almost don't hear it". Tout un programme.

Lex.



Comment ! Quoi ! Mais donc ! Qui ne connait pas Maitre Eolas ?! Ah çà ! C'est bien passionnant pourtant. Et bien plus encore lorsque cet avocat se met à décrypter ce qui se passe avec les Roms en ce moment....
Alors évidemment il faut prendre un peu de son temps (à coté de celui que l'on donnera à Médiapart, certainement, pour s'étrangler devant les enregistrements clandestins mis en ligne - 9e/mois, c'est donné !).

Mais voilà... encore, encore et encore, tous ces médias, cette libre expression, cette réflexion fébrile, ce débat vivant, ces informations, ces opinions, ce savoir dynamique et au final cette intelligence en œuvre nous donneront le regard juste et ardent pour la maitrise de nos futurs. Ce n'est pas rien.

Et hop, tout change.


Un mot nouveau et l'esprit se modifie. Et c'est toute une perspective qui s'ouvre. Une pensée nouvelle, une idée différente, une possibilité imprévue. Un mot nouveau, comme on offre un bouquet de roses.
"Dystopie", "coquecigrue", "gamahuchage", que de mots à l'élégance fantasque. Et quand ils vous traversent l'esprit c'est pour toujours. Une efflorescence marquée au fer rouge. Chaque fois que ce mot - oublié parfois - reviendra, c'est accompagné de ce souvenir de première fois. La luxure d'une première fois partagée, d'une sensation heureuse de se donner du pouvoir de description, de se prêter un peu de son monde ; un dire à soi échangé. Et grandir. Car au final le vocabulaire nouveau est une manière plus juste de voir. Sans prétention, avec juste la gourmandise des saveurs, le charme des particularités. Un petit plaisir. Un petit changement. Mais qui sait ?

dimanche 29 août 2010

C'est quoi ce cirque ?

"Si je veux prendre une photo, je la prends, peu importe ce que c’est."



Nan Goldin.

Nan Goldin, ou la photographe sur vie. A vif et directement. Couleurs saturées, chaleurs moites, underground affectifs, lieux interlopes et un grand mystère de force de vivre qui transpire, qui irrigue, qui enveloppe. Comme un inaltérable sens du présent.

c'est cliquable, bien sur, bien sur....

C'est une photographe de tous les jours, du banal sublime. Une vision de la proximité, gros plans d'à cotés, de tous les recoins d'une humanité qui survie, sans outrages à la vérité. Une couleur rock aussi. Et l'histoire d'une ballade. Un reportage incandescent d'une normalité journalière ("The ballad of sexual dependency" qui mets sur diapositives 16 ans de vie).

c'est cliquable, forcément....

Nan Goldin*. Ces proches, ces amis, sa propre histoire. Sur des jaunes délavés, traces figées d'histoires intimes, comme un reste de photo ancienne. Nan Goldin et la musique (Velvet, Nick Cave, Björk) ; en toile de fond permanente le rock granuleux, échos au grain punk de ces photographies. Lieux marginaux, profondeur de sentiments abruptes, sexe et violence, passion certainement. L'expérience et l'expérimentation. L'empreinte des recherches, d'une compréhension, d'une appréhension direct de l'entourage et merveilleusement de l'universel. La joie de voir au delà.

c'est cliquable, ah çà....

Contre-poids

samedi 28 août 2010

Le temps du débriefing.


A l'Américaine ! Le "retour" in French. C'est ce qui se passe en fin de résidence.
Pour sur il existe des sous-retours à chaque scène close, à chaque proposition nouvelle, mais le Big One, le débriefing de fin de résidence à son importance. les "regards extérieurs" regardent (c'est leur rôle, certes) le spectacle avec perspective, projection et extrapolation. Mais dans sa globalité. Et avec le futur premier œil du spectateur lambda.


Rien n'est en place, les "tops" s'évaporent dans les contraintes techniques, tout est gras et sans finesse, mais l'idée de l'ensemble est là. Ce que tout ceci va donner. La cohérence du tout, l'histoire sous-jacente aux images, le rapport son, jeu et projections, les plans de narrations, les impressions ; le spectacle.


Malgré le provisoire de la construction, jaillit déjà l'embryon de féerie. "Pince de Crabe" aura certes droit encore à quinze jours de filages et autres améliorations (en tout 2 mois de travail sur plateau quand même) d'images ou de jeu ou de son, mais on voit déjà ce que sera ce spectacle pour jeune public. L'enjeu des choix esthétiques, la vérité des choix du metteur en scène, et surtout le potentiel, le cœur de l'affaire et tout ce qu'il reste à faire pour déployer l'émotion de cette architecture.


Au "retour" on se surprend soi-même. Qu'a t-on fait ? Ainsi c'est cela. Presque emporté par le résultat. Un détachement du réel. D'un coup d'un seul voici l'objet artistique, la réalisation, une forme de cristallisation qui prend son envol. Une autonomie. C'est toujours un grand mystère de s'apercevoir que le résultat d'un "travail", d'une solution souvent pragmatique, d'une simple mise en place, puisse à ce point devenir autre chose. Une transcendance non voulue. Quelque chose.

A suivre.

Les disparus de la mémoire physique.



Une mémoire physique envolée, et.
Erase. Black-out. Tabula rasa. Supprimé. Effacé. Eject. No data. Éclipse totale.

Oublié ? Peut être pas. Simplement rendu à son statut de souvenir secret. Presque un rêve. Sans doute déjà une chimère. Sans preuves.
Sans valeur ? Peut être pas. Et justement. La valeur d'une mémoire à soi. Un temps vécu que l'on reconstruit en y songeant, avec ses erreurs, ses phantasmes, ses souhaits, ses frustrations. La disparition d'un support de mémoire peut paraitre une catastrophe, et parfois un doux présage. Tout recommencer ou tout s'imaginer. Faire vivre l'instant avec ce que l'on croit. Pour voir. Que reste t-il.

Dans la vraie vie tout va disparaitre. Suffit d'un temps. Pour mémoire les fresques du "Roma" de Fellini qui mis à l'air libre par des archéologues disparaissent sous leurs yeux.

Mais alors ? Il restera soi. Il restera ce que l'on veut bien faire ressentir et transmettre. Un reste de mémoire mélangée, transformée qui à déjà produit un autre présent. Une mémoire à conséquence. Une mémoire à effet. C'est comme cela, on y peut rien. Ou si. Accepter de recréer. Tenter d'inventer, de nouveau, du nouveau, en s'appuyant sur un vieux souvenir de carte postale. Une pensée surannée sans autre importance que celle d'avoir été vécue. Avec cette joie d'être aussi devenue.

Et puis demain. Encore demain. Tous nos demains.
Viva !

1920-3128 L'empire is black.

vendredi 27 août 2010

BaDaBoUM comme qui dirait.



Ce n'est pas si rare mais ce n'est pas régulier non plus. Quand ça arrive, c'est un détournement du corps et de l'esprit. Il faut bien en profiter, on ne sait jamais. Pourtant l'esprit ne dicte rien, juste un regard sur l'événement qui emporte. Alors, se voir savourer plutôt.

Et puis le plaisir spontanée, la combustion des sens, focale électrique sur les joies du temps, tout ceci/cela reste une perle exquise. C'eut pu être un premier baiser, mais ça ne l'est pas. C'eut pût être, pourquoi pas, le pompier d'un feu sans retenue, mais ça ne l'est pas non plus. Le torrent torride d'un abandon, et non.
En vérité ce n'est pas grand chose. Finalement, on peut très bien vivre sans. Et même, la vie quotidienne n'en est pas à ce point bouleversée.

Non. C'est vrai, mais.

Un solo. Quatre minute vingt six de solo. Et un priapisme. En conséquence.
Une noyade des sens. Un transport émotionnel. Mais oui. Le solo de Mickael Brecker, saxophoniste de son état, dans "The Purple Lagoon/Approximate" (Zappa in New York) de Franck Zappa.

De suite les voix s'élève. Comment quoi mais, un pauvre solo de saxophone, sensiblement jazz rock, bien dans l'harmonie, ultra calé rythmiquement... comment est ce possible à l'heure des folles passions pour les matières sonores, les espaces acoustiques, les dissonances effroyablement belles, les paysage électroacoustiques, les immersions psycho-acoustiques, les révolutions théoriques ? Comment ? Et cela date de 1978. C'est dire. Qui plus est d'un musicien qui s'est parfois perdu dans une forme de variété (Dire Straits - Alchemy) ou de jazz funk* de gymnastique ou de jazz lissé (il reste l'icône des jazzmen des 80/90).

Et oui, mais voilà. Ce solo de saxophone.

Ce solo. C'est un uppercut. Un direct. C'est aussi une affaire perso. On pourra dire ce que l'on veut, tenter la démolition justifié ou idéologique, il reste cette apocalypse hormonale et physique. Ça n'a pas de sens. Ce n'est pas logique. Un flash. Un tsunami.

Parfois on le sait bien, il s'établit contre toute attente une connexion affective. Une élection de cœur et de corps. Une surprise humaine. Une bombe inattendue. Ce solo rassemble sans le savoir ce qu'il faut pour emballer. La séduction totale. L'emprise. Une question amoureuse.

Ça tombe bien car il en reste des traces. Un piratage. On aime, on aime pas, aucune importance. Ça s'écoute dans le noir à fond comme nous le propose Xenakis. Un bon conseil pour 4 minutes 26 d'amour physique de musique, non ?


14 secondes d'intro et c'est parti....


jeudi 26 août 2010

Le bout à bout.



Enfin voici le temps de l'ile aux merveilles. Le "bout à bout". Le truc magique qui fait déprimer tous les acteurs du monde spectaculaire. Ça se passe où ? Ça se passe ici. Mais oui, mais oui, voilà, le bout à bout. Yeah yeah yeah. Le fameux exercice de fin de résidence. Encore que. Il reste deux semaine à Pince de Crabe (au TGP de Frouard pour une une répétition public le 8 octobre) pour se finaliser et se détacher de la réalité de coulisse.

Le bout à bout. Un pseudo filage, un déroulé comme on peut, un ultime scan à problèmes. Car c'est ainsi. Cette chose douloureuse révèle tout ce qui va poser problème dans les enchainements. Difficulté de placement, encombrements, anticipations nécessaire pour certains gestes, sons ou samples, aperçu délicat des temps donnés pour faire naitre telle ou telle émotion, rythme globale du spectacle, cohérence des scripts, obligations de "mise" (la préparation avant le spectacle), quand s'habille t-on, quand se déshabille t-on, et oui, et oui, etc, etc. Un grand huit rempli de frayeurs (hésitation pour le classement : 1 2 3 4 5).

Adonc ce bout à bout revêt une importance capitale. C'est le point d'achoppement des décisions. On peut encore affiner, changer, bouleverser mais cela reste le dernier Saloon avant les deux semaines de filages (fin septembre et début octobre). Allumer les fusées et voir ce qu'il se passe...

On en reparlera.



On se voit demain, c'est ça ?

mercredi 25 août 2010

En route vers devant.



Il est temps d'aller vers l'avant. L'avenir en proue, hier en poupe. "Pince de Crabe" finit ses deux semaines d'exercices maritimes au CCAM - scène nationale de Vandoeuvre (photos, photos, plein, plein, ici). Reste 4 scènes 2 jours et un déroulé vendredi. État des lieux. Ou en est on ? Quelle va être le rythme de ce spectacle ?

Le moment des découvertes réapparait en fin de parcours (paradoxe, paradoxe). Une révélation qui emporte acteurs et penseurs. Il ne restera plus qu'à arrondir les angles, resserrer le tempo, affiner les idées, remodeler les temps. Une mise en place de ce qui reste. Le spectacle, son allure, son essence, son charme sera dessiné à cet instant. Bien après les explorations de matières et d'événements.

Plaisirs et angoisses. Plaisir de "sentir" le corps du spectacle (un peu d'émotion physique que diable !), angoisses des réarrangements à mener.

Mais c'est ainsi. Banal et merveilleux. Coulisses et scène. Une spéléologie du spectaculaire.

Problème de musique.


Ébauches, esquisses, tentatives, brouillons, jetés de notes, de sons, de samples, de bruits... la musique au théâtre, la musique en cours, est une affaire entièrement différente de ce que l'on pense. C'est une histoire de temporalité, de rythme de scène, de globalité, d'équilibre de plan, de système nourricier du jeu, de parallèles, de support de voix, d'échappée imaginaires, de mise en abstraction, de "tops", de temps donnée à une image émotionnelle, de mise en abime, de prolongement, d'extension, de place aux uns, aux autres, de tension, de dynamique, de séduction, de code, de corps, de physique, de tremblement aimant. En gros.

Plus... les problèmes. Forcément.





mardi 24 août 2010