jeudi 8 juillet 2010

mercredi 7 juillet 2010

mardi 6 juillet 2010

V


Et voilà. V comme Virilio à encore frappé. Ici. Un article plein de pistes de réflexion pour penser le monde, l'accélération, le pouvoir, l'écologie, demain.

Loris Binot 5tet.

En enregistrement. Un air de bizarrerie....



lundi 5 juillet 2010

Go go go.


Le Loris Binot 5tet enregistre (6 et 7 juillet par Thomas Milanese). Banal. On en a vu d'autres.
Mais voilà, tout devient différent devant les micros. Tout d'un coup on ne sait plus - comme le Capitaine Haddock et sa barbe dans Coke en Stock - si la langue doit être collée ou pas à la anche, si on lit bien un sol# sur cette partition 150 fois déjà parcourue, si le Son est bon, si la salive ne gêne pas - Miles Davis avait fait d'une blessure à la lèvre un son dans "Ascenseur pour l'échafaud," c'est sur, c'est sur - si le souffle, bon sang le souffle, ca fuit du coté du bec (!), si le solo sera dedans ou pas, si on est bien dans le groOove, si les idées seront au RDV et si, si, si, ce sera unique comme on l'espère.


L'enregistrement c'est une photographie, mais on ne peut s'empêcher de vouloir en faire de l'Histoire. On fige un instant comme on capturerais un précieux moment. Or voilà. Ce n'est que cela, bien que tout ne soit que dans cela. Pression ? Dés la 3ème prise pour cause de faux départ, ca fouette sévère dans le studio. Sans compter que les musiciens dorénavant enregistrent one shot en deux jours six morceaux. Bien sur les morceaux font 14 minutes avec un solo à la 11ème. Pression possible. Ça va vite, ca va vite. Ça vire au drame fissa. Tout ce petit huis-clos peut vite devenir un enfer. Comme il peut très bien rester un paradis.


On verra bien. Chaque session à son histoire et sa légende. Les plus grandes restent des modèles d'épopée ! A force d'en vivre, on sait que les enregistrements peuvent revêtir les couleurs de tempêtes en haute mer pour marins endurcis. Alors... on verra bien.

dimanche 4 juillet 2010

No comment....

One step behond.



Bien sur. Je ne doute pas que tout le monde la connaisse 1 2 3. Mais tout de même. Une petite escapade vers ce solo tendre et exaltant. Ah ! et il fut un temps où "Step across the border" * est sorti. Tom Cora, Fred Frith... tellement de bouleversements artistiques en marche. Toutes les voies de la musique, l'improvisation, le freerock, l'art des sons, la vie-musique, une tendresse pour les jours qui passent et la création, l'expérience, l'expérimentation, le jeu...

diorama n°3. Trois, pas deux, trois !













Un coin scintillant avec de curieuses annotations d'un passant, un pré-échauffement Branks, ce moment d'attente avant le set où tout le monde vaque et Coltrane, dans les "retours" d'une balance. Coltrane, toujours....

Coltrane. Cela faisait longtemps. Pourtant voilà bien un musicien qui a changé la vie. Plonger dans le noyau dur de soli de 20 minutes, une idée mystique, une quête de musique, une élaboration harmonique, une tension permanente, un free qui s'élève, qui raconte, qui trace un indicible chemin. Coltrane. Il aura vraiment été et le comburant et le carburant des révolutions individuelles. Esthétiques. Émotionnelles. Philosophiques. Musicales. Coltrane et ses déboires d'avant-gardes. Coltrane et l'obsession de plus en plus dense. Coltrane et ce son à pleurer.
En parler, en réécouter, d'un coup, après avoir tant vécu de modifications intellectuelles avec lui, ce sont les larmes de plaisir qui montent.

dry tooling


C'est drôle l'improvisation tout de même. Tiens ! Les Branks jouaient à "Rennaissances" * hier, et bien, comme à chaque fois, les acteurs de la prestation sont surpris par le résultat de leur propre improvisation (euh... bonne ou mauvaise ça ne change rien à la surprise).

Ben mince, c'est allé dans ce sens, ah çà, mais tout le monde s'est retrouvé sous les chaises d'une terrasse, quoi mais quoi le morceau A a démarré dans le morceaux B alors que non, non, on jouait un truc complétement inconnu, mais hey que faisais tu donc les yeux plantés dans le décolleté de, ah oh la dis donc c'était haut le 3ème étage pour jouer du sax non, et wow la cascade, roulé boulé avec l'instrument, et bien voilà, il est détruit le tuba ah ça, bah bon ben ok c'est pas terrible de piquer directos sur le bitume, très bien très bien dis la marche militaire en chantant Frère Jacques, si si , on à ri, et puis hey d'ailleurs hey, j'ai cru vomir en me jetant dans la poubelle de la boulangerie, etc, etc.

Et contrairement à ce que l'on pourrait penser cette étonnement est la garantie d'une véritable foi en l'improvisation (au moins de dire cela ca permet de mieux avaler les couleuvres de l'échec !!!). Chasser la mémoire, se servir de son expérience pour abandonner les habitudes, les réflexes (question des niveaux d'action d'une maitrise, d'un savoir de l'improvisation) et se laisser porter par les propositions de la Rue. Pas évident du tout. Reproduire est plus aisée (même si cela amène directement à l'enlisement). Et puis cette mémoire, encore cette mémoire, à la fois outil de progrès et ennemie fatale de la spontanéité. La peur parfois, la spéculation, la projection souvent, l'attente, l'hésitation certainement (qui n'a déjà regretté de n'être pas allé embrasser la belle blonde de la mégaboum en 1984 ? Penser empêche parfois la belle folie ....), la sortie de scène, ce sentiment d'être à coté par manque de clairvoyance ou de concentration.... tous ceci contribue à travailler l'écoute, la complète disponibilité à ce qui peut arriver, une certaine forme de bienveillance, et, au final, un dévissage de l'intention. Être ici et maintenant.

Mais enfin, les premiers surpris. Par les initiatives des uns et des autres ou par les possibilités et les richesses de la découverte sur le tas. Finalement cette aventure commune est la somme des aventure individuelles plus ce supplément - le plus important au bout du compte - qui élève le groupe au dessus des individus. Ceci bat en brèche la théorie libérale des intérêts individuels formant le souhait collectif * , soit dit en passant. Car, ici, il s'agit bien d'une synergie, d'une mutualisation des moyens, d'une entraide, d'une compréhension que cette altitude d'invention n'est accessible que par la collaboration au service non pas de soi mais du tout, de l'ensemble.

Mais bref, mais bref, ce 3 juillet 2010, les deux sets de Bar-le-Duc ont permis de s'amuser de la Rue et du public, et de tenter de s'épater....






samedi 3 juillet 2010

Oh oh....




Repérage ou pas repérage ? Lorsque l'on pratique l'improvisation de rue, cette question n'est pas anodine. Certains explorent la rue tranquillement avant le set comme un Sebastien Loeb la spéciale qu'il va s'enquiller, et d'autres au contraire se laissent surprendre.



"Jeanne Simone - Le parfum des pneus"* par exemple testera au préalable les poubelles, la possibilités de jouer avec une rambarde ou un banc, la sonorité d'une pancarte, l'intérêt d'un dénivelé, le lieu secret qui résonne.

C'est un travail de déchiffrage, de prise de contact, d'appropriation anticipé. Une lecture permettant de traverser la Rue en utilisant et l'improvisation et la distance instauré par un savoir instruit de cette Rue. Cela permet de gagner du recul, de libérer l'esprit, de jouer le terrain découvert. C'est une révélation proposé.



Les Branks au contraire préfèrent tenter le tout pour tout (aucune hiérarchie dans ces deux approches, les deux donnant des résultats liés quoiqu'il en soi à l'improvisation et ses innattendus).



Ne pas savoir comment se propose la Rue permet de louper des choses. On ne prend que ce qui vient directement au regard. Dans le feu de l'action c'est par exemple un élément d'allée parfois moins chargé en possibilité de développement de jeu mais franchement lié à l'affaire de l'instant qui s'impose.
Ça change totalement le point de vue. La rue est transformé certes mais elle est perçue surtout comme carburant spontané à l'histoire. Tout devient inflammable et source de provocation à l'histoire, et surtout, toute cette entière Rue devient l'élément naturel de l'événement à la mesure de ce quelle est perçue.
On partage donc l'action de percevoir la Rue. Un décryptage commun et en direct. Le même banc servira à un tableau étrange mais n'est estimé que comme une pensée qui traverse l'esprit. Le développement est lié à la dynamique du moment. Ce banc propose d'écrire les Branks à ce moment et seulement ce moment. Une fenêtre ou un autre banc, plus intéressants en soi, non. C'est ce banc, car c'est le banc de l'histoire en train de se jouer.

C'est l'improvisation au sens des sens.



Bien évidemment la frontière entre ses deux approches n'est pas imperméable. C'est un va et vient permanent et simple entre des manières de faire qui se complètent. L'essentiel réside dans l'improvisation et dans la Rue. Qu'importe ensuite si de l'écriture peut être mise en jeu (des morceaux pour les Branks) ou du repérage de situation.




Et le public.

Élément cardinal dans la mesure où c'est son regard qui donne du sens à l'action. Ou plutôt un sens, car chacun se construit sa propre vision des péripéties improvisées qui déboulent devant les yeux. Le public est mouvant, vivant, vibrant. Et parfois acteur. Il peut très bien pointer du regard un bout de Rue qui doit être pris en compte. Une enfant qui danse, une mobylette qui ne démarre pas, un passant qui chute, un objet bizarre vu par tous doit être pris en jeu par les improvisateurs. C'est une danse des perceptions. La qualité de la relation dépend du sentiment de jouer avec la même rue, celle qui nous habille, celle qui nous dessine.


RDV donc à Bar-le-Duc samedi 3 et dimanche 4.

vendredi 2 juillet 2010

Tiens ! Ce furent....


Ce furent Les Branks à Dombasle. Notre Guadalcanal, une date un peu hors des clous pour ce groupe qui pari sur l'improvisation pour construire des châteaux de carte dans la rue - avec ces possibles erreurs d'intentions, ses possibles baisses de régime ou de désynchronisation.

Heureusement Sotteville (festival Vivacité) à resserré les attitudes et les manières de faire. On retrouvera donc à Bar-le-duc les 3 et 4 juillet Les Branks écrits par la Rue.
C'est la loi de jeu de l'improvisation ; Accepter le loupé, le manque, le à coté. Donner du sens au processus, à la réactivité, à l'invention de l'instant. Classique en musique plus rare en Rue, cette dramaturgie du moment, cette révélation des forces d'émerveillement qui circule partout est un état de création unique qui donne à chacun, observateur comme acteur, une sensation d'être entièrement et absolument ensembles.

Bien sur, tout ceci (Les Branks, out ou in) reste ludique et plein de fantaisie d'adultes heureux, régressifs et enivrés d'enfantillages, mais Les Branks parient - aussi, surtout, farouchement - sur l'élévation de la Rue.
Ils la veulent nue, et scintillante de ses bijoux*, offerte aux positions des Géotrouvetous, séduite par les images inavouables, imprévisibles et décalées. Ils la veulent éprise d' audaces. Pour tenir ce bras de dame, pour danser d'improvisation et de sensation, il faut de la finesse, du laisser aller, un abandon - maitrisé, une ouverture à l'inconnu.
La Rue est belle mais féroce. Une écoute défaillante, une entrée en force et c'est toute la féérie endormie qui s'évapore.
La Rue est féroce mais belle. Une invitation bien roulé et c'est toute la promenade qui se déshabille, emportant de cet alanguissement tout un public avide de gouter aux espiègleries du quotidien.

Les belles photos sont de Denis Aubry.



BiNgEU


L'ascenseur sans freins, l'élastique qui rompt, le parachute qui s'emmêle, l'escalier qui vous embrasse, les dents qui raclent, le skate qui s'envole, le sur-virage, la fausse note dans le silence qui la sertie, la porte qui vous claque dehors, la fiancée qui vous lourde, l'éclipse totale qui passe derrière les nuages, la tartine qui-tombe-toujours-du-coté-du-beurre*, la panne de ce que vous voulez, le coup de la table contre l'orteil, et, et, et.... la perte de tous vos fichiers informatiques. L'image en tête ? Terrible, non ?

Et pourtant ce n'est que cela....


Et maintenant, et maintenant ?
C'est pas la nuit noire non plus. Recommencer c'est bien dans le style de l'improvisation. Garder en présent la mémoire de ce qui reste en s'appuyant sur ce qui s'oublie. 60 Giga. Moins il en subsiste et plus c'est dur à avaler.
Ah ? ... le poids de la disparition serait-il issue de ce que l'on essaie de se rappeler. Tant que tout est là .... mais, dés que cela s'évanouit....

Paradoxe et encombrements.

Toujours est-il que les Go qui ne pèsent pas une cacahuète occupent dorénavant tout l'espace. Comme un silence dans un orage de bruit.
Rien à voir, mais. Iannis Xenakis avait tenté de faire sentir le vide dans un amas de sons * (Pithoprakat !). Macache et désespoir pour récupérer 60 Giga envolés (aaaaaargh !) en parlant musique, musique, musique, mais quand même, ça passionne de savoir que l'on peut rechercher partout le vide par le plein ; faire sentir l'absence par la présence. En musique itou donc. Vibration en creux. Un relief sonore, une caverne camouflé, un secret d'oreille.

Rackham le Rouge pour Iannis Xenakis.

Décidément, en musique contemporaine, les liens sont étroits entre vision philosophique, conception scientifique, sensibilité émotionnelle, vibration corporelle et expérience, audace, révolution, corps en feu.

Mais encore... rien à voir, rien à voir avec les menus problèmes du quotidien d'utilisateur d'ordinateur (argggggh!). Circulez....
Et puis d'ailleurs ! Quelle illusion se fut que de croire au grenier les infos 0/1. En un clic tout disparait. Un feu d'appartement silencieux. Crime parfait des âmes pour qui il ne reste que le souvenir de ce qui à du être.

Colonel Moutarde ! Rendez moi mes Octets !

jeudi 1 juillet 2010

é'à)%#*£%*%ù^$ù=@& !!!!!!


60 Giga c'est quoi. En kilo, zéro. C'est d'ailleurs ce qu'il reste. Zéro. En jetant par mégarde 60 Giga de données (ne pas demander comment, c'est débile) c'est 2 ans de travail (le dossier "toute ma vie binaire") qui partent en fumée numérique. Génial. Tabula rasa ! Les bandes sons en construction, les textes, images, fichiers, mp3, wav, jpg, mov.... tout est parti. Zéro ! Voilà. Super. La tendance est plutôt au suicide. On va voir....

Branks, branks, branks


à "Renaissances" - Bar-le-duc - les samedi et dimanche 3 et 4 juillet.
Histoire d'aller mettre la zone dans le festival du coin, Les Branks en folie feront sonner le mobilier neuf, détruiront un peu les vitrines des commerçants, voleront des pommes, crochèterons des portes, feront tomber des vieilles dames, piqueront les barbapapa des enfants, casseront la vaisselle des autochtones, crieront fort, feront de la musique élitiste, du son pas juste, joueront avec la police local, feront les zazous....

Comment s'en passer.



... à 3:50 entorse. Au saxophone c'est rare. Mais voilà.... c'est Rollins.... c'est le "truc".... c'est pour toujours. C'est ici aussi, encore, encore !

Se demander encore...


Se demander encore .....

La raison de tout ceci ? Le point de chute ? La finalité ? Le jour de ? Si ce que l'on sait peut/va arriver ? Ou se demander en quoi demain pourrais être - bien - surprenant. Un événement au coin du bois, un truc pas prévu. Ça peut se réaliser. Si, si. C'est comme cela que le présent projette ses lendemains. Comme un futur (que) possible.


Alors se demander encore, alors se demander parfois, ce n'est que profiter d'une possibilité au jour J. Ne pas s'émouvoir à espérer, mais traverser le moment M en pensant au possible au demain D déjà VU mais qu'importe si PAS. Et même si celui ci ne sera pas celui A attendu, ou vU, ou Pensé, ou pronostiQué, ah.
Un jour sans tours. La vie est trop belle pour être recouverte.


Hop là. Faut arrêter de rigoler. Pragmatique. C'est quoi cette histoire de se poser des questions pour demain, hein ? Se demander si... c'est ne voir qu'une manière de. Voilà bien pourquoi, faut laisser aller, demander la suite okay, mais avec malice. Jouir le simple aujourd'hui. Déjà tout une vie.


jour induit
une apparence
demain ?
un sens pour
(la)
nuit et

souffle







Vaut mieux en rigoler. Sans lécher les babines. Vivement les vacances.