l’Extravagant Quotidien
se met en récréation ensoleillée.
Rendez-vous le lundi 15 août pour de nouvelles aventures que l'on ose désirer
extraverties débridées déjantées folles vivantes amoureuses surprenantes fantastiques inattendues tristes et joyeuses ouvertes lumineuses colorées parfumées
et... banalement journalières.
Sur les reflets d'un coin de ciel bleu jaspé de belvédères blancs immobiles et de ce bout de montagne aux hautes pierres, le charme d'une beauté évoquée redessine des profondeurs insaisissables. Ce mystère.
L'eau douce et débonnaire, elle, se laisse aller, Venus, aux indolents regards sous un soleil bientôt saisi au zénith, comme depuis toujours, comme depuis que coule cette larme heureuse d'un coin de paysage.
Percé et complice, un pont de pierre au cœur de temps anciens se donne les sensations merveilleuses de ce baiser impossible à oublier. Suspendu. Le temps vient juste de s'arrêter.
Et intimement.
, délicatement
impérativement, Profondément,
Plus un souffle de vent, sauf peut être celui de ces cigales qui chantent. La chaleur envahi une fois de plus l'atmosphère, et lèche les ultimes cachettes des ombres tremblotantes. C'est l'instant d'une mémoire.
Il fait si bon au beau milieu de cette lumière qui baigne.
Limpide, et les yeux grands ouverts.
Soudain, une onde circule et dans les airs et dans l'émissaire... on dirait le passage d'une pensée libre et légère. Toute.
Les photos d'Eric Rondepierre (site*), entre Sarah Moon et Nan Goldin ont une drôle de manière de rendre l’âme à la mémoire - les photographies de plasticiens sont souvent des objets, des manières, une intervention à posteriori, et la volonté de redonner de l'épaisseur à ce qui a été déjà montré. Une science de la récupération archéologique.
Tout part d'une image de l'image, de bandes de VHS ou de pellicules éculées pour tenter le détournement, le regard, la mise en abime, la distance, l'humour, l'incongruité et l'étrangeté. X* ou poétiques*, les voilà autonomisées, indéchiffrables, libres et remplies d'émotions inépuisables pour offrir au temps du regard, tout son temps...
Ligeti. György Ligeti. Unique, et pour beaucoup inconnu. La création des hommes et des femmes à ouvert des perspectives intellectuelles et poétiques sans fins ; et ce n'est pas fini - quel bonheur. Une religion de l'invention et cette métaphysique du réel, si sensible, si possible, si inépuisable.
Il ne faudrait pas passer à côté de ces émotions en qui subsistent les premières fois encore possibles.
Elles vous assaillent en joie ces oxymores imprévues et donnent un air de spleen aux sentiments qui filent. Comme si de rien n'était, en douce et secrètement, renvoyant le présent dans un bout de passé recoloré. On n'y peut on n'y peut, le cœur et l'esprit hésitants balançant entre l'avant et le maintenant, une drôle de pensée qui se mélange au temps dégusté. Ce fut avant oui mais encore aujourd'hui il reste cette lumière qui résiste et persiste et siffle, s'obstine, la sensation si solide de l'avoir inscrit dans la chair d'un corps fait d'avenirs en cours. Finalement, peut être, surement, la tristesse de cette joie est de ne plus partager cette vibrionnante invention d'un souvenir à présent sans fabrications. Ce n'est donc que ce mouvement "avec" qui manque et pas tant l'objet. Le cadeau d'une émotion risquée vaudra toujours mieux qu'un petit émoi préservé.
Et pourtant il y à cette joie de re-garder, comme un vestige, la belle ruine d'une grande et indélébile chronique. Le plaisir du plaisir subito jeté dans le jauni délicieusement dégradé - non pas pour ce qui fut mais pour ce qui a compté. Ce qui est dorénavant doit tellement à ce qui a été.
Embarras et utilités.
Les encombrements de mémoire jouent un sacré manège à qui se demande de quoi soudain demain sera fait. On dirait le chuchotement des antécédents qui mènent double jeu et grand vie dans les caboches à vélo.
Ah mais, il fait soleil et c'est bientôt les vacances !
Sans exclusive, de Iannis Xenakis, Alvin Lucier, Suicide ou This Heat à Beyoncé Knowles (ou "B", qui surprend en utilisant* à 2:20 un Monotron*, objet analogique, comme quoi les hermétismes ne sont pas si hermétiques) en passant par... le funk ultra hot de Maceo.
Il y à parfois des magies qui survolent les simples affinités. Sans verser complètement dans le sax alto ultra charnel et lubrique, comment ne pas voir dans ce concert au top de la forme, bandé comme un arc, au fond d'une arène de boxeurs, la foule à blanc trempée des sueurs électriques de ce groove qui décape, les communions physiques élevées, comment ne pas y voir donc, aussi, tout une énergie musicale sans pareil.
Shake everything you've got baby ! Ca roule des hanches et les yeux doux qui s'allument comme autant d'invites à la luxure des oreilles. Et du reste.
La musique de ce type mêle aux gars et aux filles le meilleur des corps lâchés, un "truc" fait pour imprégner le désir d'un jour d'un peu de sel et de mémoire colorée pour les futurs gris. Uh !* Le funk de Maceo donne dans le religieux des sensations lascives, la note licencieuse issue du documentaire My first name is maceo Parker*, voilà l'année 94 avec ce concert en Allemagne (Children's world* avec le bel orgue Hammond - ou en Brass Band*) marque au fer rougeoyant les allures de cette musique fervente. Allez hop ! I need somebody !*
Et pour ceux qui comprennent vraiment rien de rien... la leçon de Fred Wesley (le trombone) ici. Huh !
Mais le plus beau de tout ceci ne serait-ce pas ce grincement prosaïque d'une manette qui ouvre la fenêtre sur notre planète (4:33), le bruit banal d'un frigo qui va claquer (6:39), la simple tôle qui sonne quand on la cogne (1:33), le son d'une poignée de placard de chez Ikea (2:00) - et mange t-il un Carambar ? (2:21) - ou encore... Hey ! (6:28) ? Drôle d'univers sonore, aseptisé, étouffé, technologique et si trivial.
Ah ! On remarque aussi que la chambre est quand même mal rangée...
Miel et sirupeuses mélodies, mais aussi le fender rhodes qui chauffe la pièce, ouuuuh, et voilà comment avec le plus simple appareil on peut transformer, baby, trois paroles de pas grand chose en soul au son ultra Motown* (histoire en vidéo*). Le reste est affaire de sexe (bien sur bien sur, le fameux Sexual Healing) car les musiques chaleureuses de ce label parlent surtout d'amour, et de physique en flamme.
Don't procrastinate ! Pas d'ambages ni d'emballages, c'est du direct dedans surtout lorsque l'on est - avec humour ? - "chaud comme un four" (i'm hot just like an oven).
L'art de chanter tralala en dodelinant les corps entrainés et en chantonnant des paroles que l'on découvre un jour en se disant ouh la wow !
Et tout ceci marche aussi au sax alto, et bien oui (surtout ici n'est ce pas sacré Maceo, ouais, surtout ici dans cette version sans dessous dessus, à retourner un macabé - il le dit d'ailleurs : shake everything you've got*) ou a capella* (et en ne laissant que la voix au mix* dans cette hallucinante version, right on baby ! ouh !).
Ooh, now let's get down tonight
Baby I'm hot just like an oven
I need some lovin'
And baby, I can't hold it much longer
It's getting stronger and stronger
And when I get that feeling
I want Sexual Healing Sexual Healing, oh baby
Makes me feel so fine Helps to relieve my mind
Sexual Healing baby, is good for me
Sexual Healing is something that's good for me
Whenever blue tear drops are falling
And my emotional stability is leaving me
There is something I can do
I can get on the telephone and call you up baby, and
Honey I know you'll be there to relieve me T
he love you give to me will free me
If you don't know the things you're dealing
I can tell you, darling, that it's Sexual Healing
Get up, Get up, Get up, Get up, let's make love tonight
Wake up, Wake up, Wake up, Wake up, 'cos you do it right
Baby I got sick this morning
A sea was storming inside of me
Baby I think I'm capsizing
The waves are rising and rising
And when I get that feeling
I want Sexual Healing
Sexual Healing is good for me
Makes me feel so fine, it's such a rush
Helps to relieve the mind, and it's good for us
Sexual Healing, baby, is good for me
Sexual Healing is something that's good for me
And it's good for me and it's good to me
My baby ohhh
Come take control, just grab a hold
Of my body and mind soon we'll be making it
Honey, oh we're feeling fine
You're my medicine open up and let me in
Darling, you're so great
I can't wait for you to operate
I can't wait for you to operate
When I get this feeling, I need Sexual Healing (ad lib)
(while ad libing, he sings something like:
darling please don't procrastinate
'cause I may have to masturbate)
Le bel invraisemblable, tout doux tout simple. Un truc particulier, ouvert généreux rempli d'envies et de plaisirs. Hors normes hors catégories, tout un espace grandiose de bidules et de bazars à soi mélangés aux chansons et au yodel Suisse (mais en 5/4), et triste et joyeux. Elle ne pouvait que chanter avec Carla Bley et David Moss, bien sur* ! Elle ? Erika Stucky (Suicidal Yodels*) - et son site*.
On à beau dire, mais les réseaux sociaux promettent et permettent une part de société de l’intelligence et du savoir, celle d'une culture qui existe mais qui est à partager et à faire apparaitre pour mieux respirer. Tout est là, oui, mais c'est le tri et la mise en lumière qui en fait une idée dynamique, mobile, vivante, active. Voilà x ou y qui exposent leurs trouvailles YouTube ou les photos incongrues d'une vie singulière, voici z ou w de Tokyo ou de Lisbonne qui dévoilent des projets en cours ou a et b frais comédien ou vieux grigou qui lancent la polémique d'Avignon ou de l'improvisation ou de la place des nouvelles technologies dans les festivals d'été.
C'est tout un fatras roboratif et inattendu de bonnes nouvelles, de merveilles qui se sertissent à l'esprit et donnent envie. L’intérêt de tout ceci n'est plus dans la mise en avant de soi mais dans cette immense collectivité des savoirs qui n'existent que lorsqu'ils sont goutés de manière complice.
L'art passé en douce sur Facebook, YouTube ou un quelconque blog joue contre la mise au pas et le nivellement en détournant la futilité narcissique des outils. Encore une fois et pour toujours ce n'est pas tant l'objet mais la façon dont on s'en sert qui donne du gout aux dernières inventions en les rendant populaires et révolutionnaires. Et importantes.
Deux exemples parmi tant d'autres ici avec Alvin Lucier* (sa page W* et une si belle chose zen de lui*) et Maryanne Amacher* (et Pauline !*). Deux exemples des musiques expérimentales mais en vérité la diffusion des sons étonnants ne se limite pas à ces territoires (cf Tom Zé*** le Brésilien farfelu inventif de milles sons détournés et d'un accordéon out, des enregistrements des NoWave dont James Chance*, un truc fou Sun O)))*, Dewey redman qui fait tellement plaisir à réentendre*, des expériences démentes*, et bien sur l'archive avec des vidéos dont on loue la publication de contrebande* ou encore ceci, ce lien donné sur un "mur" et aussi Fineberg* et aussi des photographes**** et des plasticiens du sonore* et des vieilleries exhumées*), et c'est ça qui est chouette.